Importation de légumes secs et de riz : Le monopole de l’OAIC élargi
L’Association des banques et établissements financiers a diffusé lundi une nouvelle note élargissant la liste des sous-positions tarifaires de légumes secs et de riz soumises au monopole d’importation de l’Office Algérien Interprofessionnel des Céréales, passant de quatre à 22 catégories de produits concernés par cette mesure entrée en vigueur mardi, interdisant ainsi aux opérateurs économiques privés d’importer ces denrées alimentaires stratégiques.
Datée du 24 novembre 2025, la note de l’Abef annonce un élargissement significatif du périmètre du monopole accordé à l’OAIC, instauré initialement en février 2023. Cette décision marque un renforcement du contrôle de l’État sur l’importation de produits alimentaires de base, dans un contexte où les autorités cherchent à réguler les marchés et à stabiliser les prix des denrées essentielles pour les ménages algériens. En juin 2023, l’Abef avait déjà informé les banques que seules quelques positions tarifaires étaient visées par cette interdiction pour les opérateurs économiques autres que l’OAIC. À l’époque, le ministère du Commerce avait précisé dans un courrier adressé à l’Association que les positions tarifaires communiquées par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural concernaient uniquement les pois chiches autres que de semences, les lentilles, le haricot commun autre que de semences et le riz semi-blanchi, même poli ou glacé non étuvé. Cette liste restreinte permettait encore aux importateurs privés de continuer à opérer sur certaines catégories de légumes secs et de riz.
La nouvelle note de l’Abef, adressée aux banques et établissements financiers du pays, indique que 22 sous-positions tarifaires de légumes secs et de riz relèvent désormais de ce monopole accordé à l’OAIC, et ce à partir du mardi 25 novembre 2025. Cette extension couvre désormais différentes catégories de pois, pois-chiches, haricots, lentilles, fèves et autres légumes à cosse secs, ainsi que les pois d’Ambrevade ou pois d’Angole et l’ensemble des variétés de riz, qu’il soit étuvé, non étuvé ou en brisures. L’Abef précise avoir reçu un courrier du ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations notifiant « qu’il est demandé aux banques de ne plus accepter les demandes de domiciliation bancaire liées à l’importation des produits repris dans la liste de sous-positions tarifaires ci-jointe, et ce, à compter du 25 novembre 2025 ». L’Association ajoute dans sa note : « À cet effet, il vous est demandé d’instruire vos services concernés, à l’effet de prendre toutes les dispositions nécessaires, pour l’application de cette mesure. »
Les produits concernés par la mesure sont répartis selon leur classification tarifaire douanière. Pour les pois, deux sous-positions sont visées, couvrant les pois secs entiers et cassés. Les pois chiches autres que de semence font l’objet d’une sous-position spécifique. Les haricots représentent la catégorie la plus détaillée avec sept sous-positions incluant les haricots petits rouges, les haricots communs et diverses autres variétés. Les lentilles sont divisées en trois catégories : lentilles rouges ou corail, lentilles vertes ou brunes, et autres lentilles. Les fèves et féveroles sont déclinées en deux sous-positions selon qu’elles sont entières ou cassées. Une sous-position couvre également les autres légumes à cosse secs non spécifiquement mentionnés, ainsi que les pois d’Ambrevade ou pois d’Angole.
Concernant le riz, six sous-positions tarifaires sont désormais soumises au monopole de l’OAIC, couvrant l’ensemble des types de riz commercialisés : le riz étuvé, le riz non étuvé, et le riz en brisures, ainsi que d’autres catégories non spécifiées. Il convient de rappeler que cette mesure s’inscrit dans un arsenal réglementaire plus large visant à contrôler les prix des denrées alimentaires de base. L’Algérie avait également plafonné les marges bénéficiaires des légumes secs et du riz à travers un décret exécutif publié au Journal officiel en mars 2024. Ce texte fixe des limites strictes aux marges à chaque stade de la chaîne de distribution. Ainsi, pour les légumes secs et le riz conditionnés en paquets d’un kilogramme et 500 grammes, les marges bénéficiaires plafonds sont fixées à 5% au stade du conditionnement, 5% au stade de la distribution en gros, et 8% au stade de la distribution au détail. S’agissant des légumes secs et du riz en vrac vendus au kilogramme, les marges bénéficiaires plafonds sont de 5% au stade de la distribution en gros et de 8% au stade de la distribution au détail. Le texte stipule que ces marges bénéficiaires plafonnées sont appliquées au stade de conditionnement sur la base du prix de revient, de la distribution en gros sur la base du coût d’achat, et de la distribution au détail sur la base du prix d’achat.
Samira Ghrib

