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Crise au Venezuela : Le Conseil de sécurité de l’ONU convoque une réunion d’urgence 

Le Conseil de sécurité des Nations unies tiendra lundi matin une réunion d’urgence consacrée à la situation au Venezuela, au lendemain d’une opération militaire américaine ayant conduit à l’arrestation du président Nicolas Maduro et de son épouse à Caracas. Khadija Ahmed, porte-parole de la mission permanente de la Somalie auprès des Nations unies, a confirmé samedi que la présidence du Conseil de sécurité avait l’intention de tenir cette réunion d’urgence lundi matin à dix heures, heure locale de New York, soit quinze heures GMT. La Somalie assure actuellement la présidence tournante mensuelle du Conseil de sécurité pour le mois de janvier, lui conférant la responsabilité de convoquer cette session face à la gravité de la situation. Samedi, les États-Unis ont lancé une opération militaire au Venezuela aboutissant à la capture du président Nicolas Maduro et de son épouse dans la capitale Caracas. Selon des informations rapportées par plusieurs médias citant le président américain Donald Trump, les deux personnes auraient été transférées hors du territoire vénézuélien. Le président vénézuélien a été transporté à New York où, selon la presse internationale, il devrait être inculpé pour trafic de drogue. Donald Trump a déclaré samedi soir que les États-Unis allaient diriger le Venezuela et y installer des compagnies pétrolières américaines.

Face à cette situation inédite, la Cour suprême de justice du Venezuela a ordonné samedi soir à la vice-présidente Delcy Rodriguez d’assumer immédiatement les fonctions de présidente par intérim. Cette décision du pouvoir judiciaire vénézuélien a été annoncée à la radio et à la télévision nationales par la magistrate de la Cour, Tania D’Amelio. Le texte de l’ordonnance stipule qu’il est ordonné que la citoyenne Delcy Eloina Rodriguez Gomez, vice-présidente exécutive de la République, assume et exerce en tant que présidente par intérim tous les pouvoirs, devoirs et attributions inhérents à la fonction de présidente. La décision précise également que ce rôle doit être exercé immédiatement.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a affirmé lors d’un entretien accordé à la chaîne américaine ABC que les États-Unis gèrent la direction dans laquelle va aller le Venezuela dans le futur. Il a indiqué que Washington disposait de moyens de pression qu’il utilise, prévoit d’utiliser et a déjà utilisés. Interrogé sur la légalité de cette gestion américaine du pays, Rubio a déclaré avoir instauré un blocus sur le pétrole vénézuélien, affirmant que l’économie du pays ne pourra pas progresser tant que certaines conditions dans l’intérêt national américain et dans l’intérêt du peuple vénézuélien ne seront pas remplies. Le secrétaire d’État a précisé que dans quelques semaines, le Venezuela devrait arrêter sa production de pétrole à moins de procéder à des changements. Il a expliqué que les États-Unis disposent de moyens de pression leur permettant de saisir n’importe quel bateau entrant au Venezuela pour récupérer du pétrole ou en sortant chargé de pétrole, précisant disposer d’ordonnances judiciaires pour chacun d’entre eux.

Cette opération américaine a provoqué des réactions dans plusieurs capitales européennes. Plusieurs centaines de personnes ont manifesté à la mi-journée devant le consulat des États-Unis à Amsterdam, brandissant des pancartes avec des slogans tels que Yankees go home, Stop killing for oil ou Stop Trumps Fossil Army, selon l’agence de presse néerlandaise Algemeen Nederlands Persbureau. Ces manifestants répondaient à l’appel de plusieurs organisations des mouvances pacifiste et antifasciste. Des rassemblements similaires se sont également tenus à Madrid, témoignant d’une mobilisation internationale contre une agression impérialiste. 

L.S.

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