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CAN-2025 : L’Algérie retrouve son rang !

Solide, déterminée et portée par un collectif retrouvé, l’équipe nationale de football a franchi mardi soir l’écueil des huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations en éliminant brillamment la RD Congo au terme d’un match haletant disputé à Rabat (1-0, après prolongation), confirmant ainsi son ambition d’aller au bout du tournoi et son retour au plus haut niveau continental, sous les yeux de millions d’Algériens qui ont ensuite envahi les rues du pays pour célébrer cette qualification arrachée au mental.

Une qualification qui vient récompenser la rigueur défensive, la patience dans l’élaboration du jeu et la solidité mentale des coéquipiers du capitaine Mahrez. Face à une RD Congo en pleine confiance, invaincue depuis huit matchs toutes compétitions confondues et récemment qualifiée pour le barrage intercontinental du Mondial 2026, l’Algérie a passé avec succès son premier véritable test révélateur dans ce tournoi. Les Verts ont envoyé un message clair au continent africain : l’Algérie a retrouvé son rang et avance avec ambition vers les sommets. Au-delà du résultat, cette victoire met en évidence l’empreinte grandissante du sélectionneur national Vladimir Petkovic, capable d’adapter son équipe aux exigences du très haut niveau. Face à la RDC, le technicien bosnien a su alterner entre deux schémas tactiques, passant de son organisation initiale à un dispositif réajusté en cours de rencontre. Un choix payant, soutenu par la profondeur de banc et une lecture pertinente des temps forts, illustrant la maturité tactique d’une sélection algérienne en pleine montée en puissance. Cette richesse de l’effectif s’est concrétisée par le but libérateur inscrit par Adil Boulbina à une minute de la fin des prolongations, symbole d’un coaching gagnant et d’une stratégie offensive maîtrisée.

Bennacer l’infirmerie

L’équipe nationale a toutefois dû composer avec des pépins physiques qui viennent s’ajouter à une infirmerie déjà bien remplie. Le milieu de terrain Ismaël Bennacer, blessé et remplacé en début de seconde période à la49e minute, est venu allonger la liste des absents, après Samir Chergui et Mohamed Amine Tougaï, sans oublier Jaouen Hadjam, forfait pour le reste de la compétition. Ces absences n’ont pas entamé la solidité du collectif qui a su compenser par une discipline tactique irréprochable et une détermination sans faille.

Solide et invaincue lors de la phase de groupes, avec un parcours parfait ponctué par trois victoires contre le Soudan (3-0), le Burkina Faso (1-0) et la Guinée équatoriale (3-1), l’Algérie, face à la RD Congo, a dû puiser dans ses ressources mentales et physiques pour venir à bout d’une équipe congolaise bien organisée et dangereuse par séquences. Les Congolais, qui ont tenu jusqu’aux dernières minutes de la rencontre, ont poussé les Verts dans leurs derniers retranchements, obligeant les hommes de Petkovic à puiser dans leurs réserves pour éviter la redoutable séance des tirs au but.

C’est finalement Adil Boulbina, entré en jeu à la place de Farès Chaïbi, qui a délivré tout un peuple. Bien servi dans la profondeur par Ramiz Zerrouki, l’attaquant a planté une banderille dans les buts du portier congolais à la 119e minute, provoquant une explosion de joie sur le banc algérien et dans les tribunes. Ce but offre à l’Algérie son billet pour les quarts de finale et ravive l’espoir d’un nouveau sacre continental, six ans après le triomphe de 2019 en Égypte.

En quarts de finale, l’Algérie affrontera samedi le Nigeria à 17h00, facile vainqueur du Mozambique (4-0). Les Super Eagles présentent jusqu’ici la meilleure attaque du tournoi avec douze buts inscrits, témoignant de leur redoutable puissance offensive. Un défi de taille attend donc les Verts, appelés à élever encore leur niveau de jeu face à cette armada offensive nigériane qui ne laisse aucun répit à ses adversaires. La défense algérienne, solide depuis le début de la compétition avec seulement un but encaissé en quatre matches, devra se montrer irréprochable.

Ce choc ravivera également de glorieux souvenirs dans la mémoire collective algérienne. La dernière confrontation entre l’Algérie et le Nigeria en phase finale de la CAN remonte à la demi-finale de l’édition 2019 en Égypte, remportée sur le fil par les Verts (2-1) grâce à un but de Riyad Mahrez sur coup franc dans les dernières minutes. Cette victoire avait ouvert les portes de la finale et du sacre continental face au Sénégal. Six ans plus tard, l’Algérie avance avec la même conviction, celle d’une équipe qui se renforce match après match et assume désormais pleinement son statut de prétendante au titre.

Un peuple en liesse 

Immédiatement après le coup de sifflet final, les rues de nombreuses villes à travers le pays, notamment Alger, ont été envahies par des supporters en liesse sortis fêter la victoire de l’équipe nationale, synonyme de qualification au prochain tour. À Alger, des centaines de personnes n’ont pas hésité à braver le froid et la pluie pour exprimer leur joie après cette victoire amplement méritée des coéquipiers de Riyad Mahrez. À la place Maurice Audin, des klaxons retentissaient au milieu de chants de supporters scandant « One, Two, Three, Viva l’Algérie », rappelant les grands moments du football algérien et l’épopée glorieuse de 2019.

La même atmosphère festive a été enregistrée dans d’autres wilayas du pays à l’instar de Sétif, Constantine et Béchar. Dans la capitale des Hauts plateaux, les supporters de l’équipe nationale tenus en haleine durant toute la durée du match ont explosé de joie au coup de sifflet final de l’arbitre égyptien. Scotchés devant leur poste de télévision, les Algériens ont vécu cette rencontre des huitièmes de finale sur les nerfs, surtout durant la seconde prolongation, attendant avec angoisse la fatidique séance des tirs au but qui s’apparente, comme chacun le sait, à une vraie loterie où tout peut basculer.

À Constantine et Béchar, les cafés et les places publiques étaient bondés de supporters pour suivre le match, lesquels ont accueilli avec soulagement le but libérateur d’Adil Boulbina qui a permis d’éviter l’épreuve tant redoutée des penalties. À pied ou en voiture, agitant des drapeaux de l’Algérie, criant à tue-tête des slogans à la gloire de l’équipe nationale, les fans ont créé une véritable atmosphère d’allégresse dans tout le pays, transformant les artères principales en rivières vertes et blanches. Cette communion entre le peuple et son équipe témoigne de l’importance du football dans l’imaginaire collectif algérien et du lien indéfectible qui unit les Verts à leurs supporters.

Cette qualification pour les quarts de finale marque une étape importante dans la reconstruction d’une équipe nationale qui avait connu des heures plus sombres. Après le triomphe de 2019, l’Algérie avait déçu lors de la CAN 2021 et de l’édition suivante en 2023 avec une élimination prématurée dès la phase de groupes. Le travail de Vladimir Petkovic, arrivé aux commandes de la sélection, commence à porter ses fruits avec une équipe qui retrouve progressivement ses fondamentaux : solidité défensive, cohésion collective et efficacité offensive. Les Verts semblent avoir retrouvé cet état d’esprit conquérant qui avait fait leur force lors de leur dernier sacre continental.

Moncef Dahleb

admin

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