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Chronique d’un opportunisme politique assumé

A l’approche des prochaines échéances législatives, un parti politique, autoproclamé gardien exclusif du patriotisme et distributeur de certificats d’amour de la patrie, s’illustre une nouvelle fois par une agitation indécente qui confine à l’imposture politique.

Ce parti, qui prétend n’avoir pour seul souci que « l’avenir de l’Algérie », fait feu de tout bois, instrumentalise les malaises sociaux, souffle sur les braises et se drape dans une opposition de circonstance, sans boussole ni cohérence, sinon celle de l’opportunisme électoral le plus primaire. Car derrière les slogans creux et les postures moralisatrices, les faits sont têtus et la mémoire nationale, elle, n’est pas amnésique.

Comment, en effet, peut-on se targuer de patriotisme viscéral quand l’un de ses députés a effectué son service militaire en France, l’ancienne puissance coloniale, et surtout quand ce même député a brillé par son absence à l’APN le jour du vote d’une loi historique incriminant la colonisation ? Comment peut-on rater sciemment un rendez-vous avec l’Histoire, un acte de justice envers les sacrifices des enfants de l’Algérie, tout en se proclamant héritier exclusif du combat national ? L’incohérence est totale, l’indécence flagrante.

Plus grave encore, ce parti n’hésite pas à exploiter la colère des transporteurs, née d’une incompréhension volontairement entretenue autour d’une proposition de loi sur le code de la route, dont l’objectif est pourtant clair : protéger les citoyens et les professionnels eux-mêmes. Cette récupération cynique, dénuée de toute responsabilité, révèle une logique de charognard politique, se nourrissant du malaise social au lieu de contribuer à sa résolution.

Dans sa charge permanente contre le gouvernement, ce parti omet délibérément de rappeler une réalité incontournable : l’entrée en vigueur et l’annonce progressive de décisions présidentielles majeures à forte portée sociale. Pour 2026, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a ainsi acté une augmentation du SNMG à 24 000 dinars, une revalorisation de la prime de l’allocation chômage à 18 000 dinars, ainsi que la révision annuelle des pensions de retraite de 5 à 10%, afin de préserver le pouvoir d’achat des retraités face aux fluctuations économiques.

A cela, s’ajoute l’annonce faite aujourd’hui même de l’importation d’un million de têtes de moutons en prévision de l’Aïd El-Adha, une mesure concrète visant à réguler les prix, lutter contre la spéculation et permettre aux familles algériennes de célébrer cette fête religieuse dans la dignité. D’autres mesures sociales complètent ce dispositif : poursuite du soutien aux produits de large consommation, maintien des subventions sur l’énergie et les denrées stratégiques, augmentation progressive des salaires dans la fonction publique, accélération des programmes de logement AADL et LPA, et renforcement de la couverture sanitaire et de l’accès aux soins. Des mesures concrètes, courageuses, destinées à défendre le pouvoir d’achat, à préserver la dignité des citoyens et à répondre aux priorités réelles du pays. Mais pour ce parti, la vérité du terrain importe peu lorsque la critique systématique des pouvoirs publics constitue un véritable fonds de commerce.

Fonctionnant encore selon une grille de lecture figée dans les années 1990, nourrie par la culture du chaos, de la division et de l’obscurantisme, ce parti démontre, à chaque étape de l’histoire récente, son incapacité congénitale à se hisser à la hauteur des enjeux nationaux. Durant le Hirak béni, il était déjà en phase avec El Issaba, soutenant un cinquième mandat, puis plaidant pour un quatrième mandat prolongé, s’alignant sans vergogne sur les thèses de la France officielle et celles de Xavier Driencourt, néocolonialiste notoire.

Qu’il ne vienne donc pas aujourd’hui jouer à la vierge effarouchée, ni se déguiser en justicier de dernière heure. Le peuple algérien n’est ni dupe ni amnésique. En 2019, lorsqu’il a tenté de se repositionner, le verdict populaire fut sans appel : son premier responsable fut chassé manu militari de la place Audin. Et l’histoire est têtue.

Une chose devrait être gravée dans la mémoire de ce parti : si en 2019, le peuple voyait clair dans son jeu, l’Algérie de 2026, forte de ses institutions, plus mûre politiquement et plus démocratique que jamais, n’accordera aucune importance à des opportunistes sans vision ni crédibilité. Le peuple saura, une fois encore, remettre chacun à sa juste place, y compris dans la poubelle de l’Histoire.

APS

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