Nouvel An amazigh : Une occasion pour célébrer l’identité et l’unité
Le Secrétaire général du Haut-Commissariat à l’amazighité, Si El Hachemi Assad, a réaffirmé mercredi que la célébration du Nouvel An amazigh, prévue ce lundi, constitue une fête pour tous les Algériens et une occasion de rassemblement dans un climat d’harmonie et d’unité, tout en mettant en garde contre les discours destructeurs venus de l’extérieur qui tentent d’instrumentaliser la diversité culturelle du pays.
Invité de la matinale de la Radio algérienne, Si El Hachemi Assad a souligné l’importance symbolique de cette célébration qui coïncide avec le trentième anniversaire de la création du Haut-Commissariat à l’amazighité. Selon lui, l’officialisation du 12 janvier comme jour férié payé, après la révision du calendrier des fêtes nationales, permet de consacrer la cohésion nationale et de renforcer l’appartenance commune entre tous les Algériens, dans le respect de la diversité culturelle et linguistique qui caractérise le pays.
Le responsable a insisté sur le fait que cette démarche s’inscrit dans le cadre du respect de la Constitution qui consacre les trois dimensions de l’identité nationale : l’islam, l’arabité et l’amazighité. « La mission du Haut-Commissariat à travers ses différentes activités nationales consiste à affirmer que l’amazighité contribue à la construction d’un creuset national rassembleur, et qu’elle constitue une base pour l’intégration, la fusion et la coexistence linguistique avec la composante arabe », a-t-il déclaré, précisant que cette approche repose sur une conviction profonde qui se manifeste quotidiennement à travers diverses actions de sensibilisation touchant toutes les catégories de la société.
Pour Assad, la communication en langue amazighe représente une donnée anthropologique réelle qui concerne l’ensemble du territoire national. « De notre point de vue, la communication en langue amazighe est une donnée anthropologique réelle qui concerne tout le territoire national, et elle demeure un élément fondamental pour enraciner les valeurs de coexistence et préserver les fondements de l’identité nationale, comme l’ont fait les ancêtres à travers les générations », a-t-il souligné, insistant sur le travail de terrain mené par le Haut-Commissariat en lien avec les différentes composantes de la société pour ancrer ces dimensions et garantir qu’aucune atteinte ne soit portée à leur complémentarité.
Vigilance face aux discours de division
Le Secrétaire général a néanmoins alerté sur les menaces que représentent certains discours venus de l’extérieur. Il a mis en garde contre les discours destructeurs qui cherchent à exploiter la diversité culturelle pour menacer l’unité nationale, bénéficiant d’une couverture médiatique et d’un soutien financier de la part d’entités étrangères. Assad a appelé à la vigilance et au travail continu en coordination avec les institutions de l’État et les médias, considérant que le dossier amazigh est un dossier culturel et identitaire sensible qui nécessite une protection contre toute forme d’exploitation ou d’instrumentalisation.
« La position du Haut-Commissariat est claire et consiste à ne permettre aucune instrumentalisation de ce dossier en dehors du contexte de promotion de la langue amazighe, conformément aux directives du Président de la République Abdelmadjid Tebboune », a-t-il affirmé, ajoutant que le Haut-Commissariat refuse tout recul par rapport aux acquis consacrés par la Constitution du pays et les sacrifices des martyrs de la révolution de libération, ainsi que tout ce qui a été réalisé depuis l’indépendance en 1962.
Le responsable a tenu à clarifier la portée nationale du projet porté par le Haut-Commissariat. « Ce projet n’est ni régional ni spécifique à une catégorie particulière de locuteurs amazighs, mais concerne tous les Algériens, l’amazighité étant un patrimoine collectif », a-t-il expliqué. Il a rappelé que la Constitution de 2020 a tranché définitivement sur le statut de l’amazighité comme langue nationale et officielle, et a inscrit dans son préambule la dimension amazighe comme composante non susceptible d’être remise en question.
Assad a conclu en appelant à généraliser ce projet au sein du système de formation, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la formation professionnelle et de l’enseignement supérieur, tout en révisant certaines lois pour les harmoniser avec les dispositions constitutionnelles. Après trois décennies de travail, le Haut-Commissariat voit les fruits de ce projet national global commencer à apparaître, consolidant ainsi l’une des dimensions essentielles de l’identité algérienne.
Mohand Seghir

