CAN-2025 : Les Verts tournent la page avec les promesses d’une nouvelle ère
Éliminée samedi en quarts de finale par le Nigeria (2-0), l’équipe nationale quitte la 35e édition de la Coupe d’Afrique des nations avec un bilan encourageant et des perspectives prometteuses, marquant une rupture nette avec les désillusions des précédentes campagnes continentales.
Le compteur affiche quatre victoires en cinq matches, sept buts inscrits contre trois encaissés. Ces statistiques, loin d’être anodines, traduisent un renouveau après les deux éliminations traumatisantes au premier tour, en 2022 au Cameroun puis en 2024 en Côte d’Ivoire. Cette fois, les Verts ont retrouvé une identité, une stabilité et surtout une capacité à rivaliser avec les meilleures nations africaines. Le parcours marocain, s’il s’achève prématurément face aux Super Eagles, dessine les contours d’une sélection en pleine reconstruction, portée par l’émergence d’une génération dorée en devenir. Le sélectionneur bosnien Vladimir Petkovic, arrivé en mars 2024 pour sa première compétition officielle à la tête de l’équipe nationale, avait fixé un objectif minimal : franchir le cap des huitièmes de finale. Mission accomplie. Ses choix tactiques durant les quatre premiers matches ont démontré une lecture pertinente du jeu et une gestion rigoureuse de son effectif. Face au Nigeria, malgré la déception, le technicien a refusé de céder au catastrophisme. Ses mots résonnent comme une profession de foi pour l’avenir : accepter la défaite sans tout remettre en cause, continuer à travailler pour progresser, rester digne. Cette philosophie pragmatique contraste avec l’instabilité chronique qui a longtemps caractérisé la direction technique des Fennecs.
Des talents naissants
Au-delà des résultats, cette CAN-2025 restera comme celle des révélations. Ibrahim Maza, Anis Hadj Moussa, Rafik Belghali et le gardien Luca Zidane ont illuminé le parcours algérien de leur talent naissant. Ces jeunes éléments ne sont plus des promesses lointaines mais des réalités tangibles, appelés à constituer l’ossature de la sélection pour les années à venir. Leur maturité précoce, leur impact sur le jeu et leur capacité à assumer la pression des grandes échéances augurent d’un avenir radieux pour le football algérien.
Cette édition porte également la mélancolie des adieux. Riyad Mahrez, meilleur buteur algérien du tournoi avec trois réalisations, a confirmé qu’il disputait sa dernière Coupe d’Afrique des nations. Le capitaine des Verts, figure majeure du football algérien, aura participé à six phases finales continentales, laissant une empreinte indélébile dans l’histoire de la sélection. Son héritage technique et son leadership auront marqué toute une génération. Désormais, le flambeau passe aux plus jeunes, avec la bénédiction d’un monument qui a tout connu sous le maillot vert.
L’élimination face au Nigeria, si elle laisse un goût amer, ne saurait occulter la dynamique positive enclenchée. Les Verts ont renoué avec leur public, retrouvé l’enthousiasme et la confiance qui avaient déserté les tribunes. L’engouement populaire, progressivement revenu autour de la sélection, constitue un carburant précieux pour les prochaines échéances. Car l’horizon se dessine déjà : la Coupe du monde 2026, prévue du 11 juin au 19 juillet aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Un rendez-vous mondial que l’Algérie entend aborder avec ambition, déterminée à renouer avec la scène planétaire après avoir manqué les éditions 2018 et 2022. Le chantier est ouvert, les fondations posées, l’avenir s’écrit maintenant.
Moncef D.

