Pêche en haute mer : L’importation de navires de moins de 15 ans autorisée
L’Algérie accélère le développement de son secteur halieutique en facilitant l’accès des professionnels à des navires performants. Dans ce sens, la Direction générale de la pêche et de l’aquaculture a confirmé dimanche qu’une nouvelle disposition autorisant l’importation de navires d’occasion récents vise à renforcer les capacités de la flotte nationale et à encourager l’essor de la pêche en haute mer, un segment stratégique à fort potentiel encore largement sous-exploité par le pays. La Direction générale de la pêche et de l’aquaculture a souligné dans un communiqué l’importance de cette nouvelle orientation inscrite dans la loi de finances pour l’année en cours. Selon l’instance, la mesure autorisant l’importation de navires d’occasion de moins de quinze ans, destinés à la grande pêche et à la pêche en haute mer, prévue par la loi de finances 2026, « constitue une étape stratégique visant à renforcer la flotte nationale et à encourager les professionnels à se lancer dans ce type de pêche ». La DGPA a détaillé les objectifs poursuivis par cette mesure, expliquant qu’elle « représentera une valeur ajoutée stratégique pour le secteur de la pêche en Algérie, notamment dans le cadre de l’orientation nationale vers le développement de la grande pêche, l’extension de l’activité en haute mer et l’exploration de nouvelles zones de pêche ». L’objectif affiché vise à « renforcer la flotte nationale avec des navires dotés de capacités techniques et nautiques élevées, capables de naviguer sur de longues distances et durant de longues périodes », ainsi que de « faire face aux conditions météorologiques difficiles qui caractérisent la pêche en haute mer ». La DGPA souligne qu’il s’agit également de « la réduction des coûts d’investissement pour les opérateurs, comparativement à l’acquisition de navires neufs, ce qui contribuera à encourager les professionnels à se lancer dans cette activité stratégique et à accélérer la modernisation de la flotte nationale sans leur imposer de lourdes charges financières ». La DGPA a souligné que cette orientation « s’inscrit dans une vision plus large pour accroître la production halieutique et renforcer la place de l’Algérie dans l’activité de la pêche en haute mer, l’un des secteurs prometteurs à forte valeur ajoutée ». Le cadre juridique de cette mesure est précisé par l’article 150 de la loi de finances 2026, qui « autorise le dédouanement pour la mise à la consommation à l’état usagé des navires de grande pêche et en haute mer de moins de 15 ans ».
Cette réforme intervient dans un contexte où l’Algérie cherche à valoriser pleinement son importante façade maritime méditerranéenne et à développer une véritable filière de pêche hauturière. La flotte nationale reste actuellement dominée par les petits métiers côtiers pratiquant une pêche artisanale ou semi-industrielle, tandis que les navires de grande pêche capables d’opérations prolongées en haute mer demeurent peu nombreux. Cette nouvelle disposition devrait progressivement modifier cette structure et permettre aux opérateurs algériens d’exploiter davantage les zones économiques exclusives du pays et d’accéder à de nouveaux gisements halieutiques jusqu’ici délaissés par manque de moyens adaptés.
Sabrina A.

