Avec un taux annuel de 1,5% : L’inflation totalement maîtrisée
L’Office national des statistiques vient de publier ses derniers chiffres sur l’évolution des prix à la consommation en novembre 2025, révélant une inflation maîtrisée à 1,5% sur un an et une baisse significative des prix alimentaires de 5,6% sur un an, malgré une hausse mensuelle de 0,9% au niveau national portée essentiellement par l’envolée des produits manufacturés, notamment les bijoux et montres.
Les dernières données de l’Office national des statistiques confirment la capacité des autorités à contenir les pressions inflationnistes dans un contexte économique mondial marqué par la volatilité des prix. L’indice national des prix à la consommation, établi à partir d’observations menées dans 17 villes et villages représentatifs du territoire, affiche une progression mesurée de 0,9% en novembre 2025 par rapport au mois précédent. Sur une base annuelle, la variation des prix entre novembre 2024 et novembre 2025 s’établit à 0,9%, tandis que le rythme d’inflation calculé sur douze mois glissants atteint 1,5%, un niveau particulièrement bas qui témoigne de la stabilité macroéconomique du pays. Cette performance globale masque toutefois des évolutions contrastées selon les catégories de produits. La capitale Alger enregistre une hausse mensuelle plus marquée de 1,5% en novembre, inversant la tendance baissière observée un an auparavant lorsque l’indice avait reculé de 0,6% entre octobre et novembre 2024. Cette accélération, supérieure aux 0,8% enregistrés en octobre dernier, s’explique principalement par la hausse des prix des produits manufacturés qui bondissent de 4,3% sur un mois. Au sein de cette catégorie, ce sont les bijoux et montres qui tirent la hausse avec une progression vertigineuse de 24,7%, tandis que les prix des services n’augmentent que marginalement de 0,2%.
Baisse des prix alimentaires
Le secteur alimentaire offre quant à lui un tableau résolument positif pour le pouvoir d’achat des ménages algériens. Les prix des biens alimentaires reculent de 0,6% au niveau national et de 0,7% à Alger en novembre par rapport au mois précédent, après avoir connu une hausse de 1,6% en octobre. Cette détente s’avère encore plus marquée sur un an avec une baisse de 5,6% entre novembre 2024 et novembre 2025, portée essentiellement par l’effondrement des prix des produits agricoles frais qui chutent de 8,9% sur cette période. Les fruits mènent ce mouvement de repli avec une diminution spectaculaire de 10,7% en un mois, suivis par la viande de poulet qui perd 7,0% et les légumes qui reculent de 3,9%. Les œufs enregistrent également une baisse de 3,6%, tandis que sur un an, la viande et les abats de mouton affichent une chute remarquable de 14,8%.
Certains produits échappent néanmoins à cette tendance déflationniste. La pomme de terre connaît une hausse notable de 9,0% en novembre, et la viande rouge progresse légèrement de 0,3%. Les produits alimentaires industriels font preuve d’une remarquable stabilité avec une variation proche de zéro sur le mois, bien qu’ils affichent un recul de 1,6% sur un an. Le sous-groupe café, thé et infusion se distingue particulièrement avec une baisse de 6,4% en glissement annuel.
L’analyse corrigée des variations saisonnières révèle une hausse plus prononcée de 2,1% entre octobre et novembre 2025 à Alger, suggérant que certains mouvements de prix relèvent de phénomènes conjoncturels plutôt que structurels.
La divergence entre l’évolution des prix alimentaires et celle des produits manufacturés constitue l’enseignement majeur de cette enquête. Alors que les premiers bénéficient d’une déflation bienvenue qui soulage les budgets des ménages algériens pour lesquels l’alimentation représente un poste de dépense essentiel, les seconds connaissent une inflation soutenue de 9,5% sur un an. Les services, pour leur part, font preuve d’une stabilité remarquable avec une légère déflation de 0,8% en glissement annuel.
Ces résultats positifs interviennent dans un contexte où de nombreuses économies émergentes peinent à juguler l’inflation. Cette performance s’explique par une combinaison de facteurs incluant une politique monétaire adaptative, un contrôle des prix sur certains produits de première nécessité et une production agricole locale satisfaisante. La baisse continue des prix alimentaires sur un an constitue un indicateur particulièrement favorable pour le pouvoir d’achat des ménages, même si la vigilance reste de mise face à l’envolée ponctuelle de certains produits manufacturés.
Sabrina Aziouez

