Près de 17 milliards de dollars pour le rail !
Les autorités mobilisent l’équivalent de 16,8 milliards de dollars pour moderniser et étendre son réseau ferroviaire national. Plusieurs projets stratégiques, dont la ligne minière du Sud-Ouest reliant Gara Djebilet, seront réceptionnés en 2026, portant la longueur totale du réseau à près de 6000 kilomètres et favorisant le développement socioéconomique du pays.
L’Algérie a engagé un vaste programme d’investissement de 2400 milliards de dinars, soit environ 16,8 milliards de dollars, destiné à la modernisation et à l’extension de son réseau ferroviaire national. Cette enveloppe colossale s’inscrit dans une vision stratégique visant à soutenir le développement économique et social du pays, à l’instar des nations développées qui ont bâti leur croissance sur un transport durable des passagers et des marchandises. Nabil Boubaya, directeur central de l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires, a précisé dimanche lors d’une intervention à la Radio nationale que ce programme a déjà permis d’étendre le réseau de 4000 kilomètres il y a quelques années à 5738 kilomètres actuellement. L’année 2026 marquera d’ailleurs une étape décisive dans le déploiement de ce programme avec la réception de plusieurs projets ferroviaires majeurs à travers le territoire national. Outre la mise en service prochaine de la ligne minière du Sud-Ouest Béchar-Tindouf-Gara Djebilet après le succès de la phase des essais techniques, plusieurs tronçons de la ligne minière Est pour le transport du phosphate et ses dérivés seront également réceptionnés, ainsi que le dernier tronçon de la ligne des Hauts-Plateaux. Ces réalisations permettront d’améliorer considérablement la fluidité du trafic et de favoriser le développement socioéconomique des régions concernées.
Concernant la ligne minière Est, qui s’étend sur 422 kilomètres, les travaux sont à un stade avancé pour le dédoublement de la voie sur plusieurs tronçons, dont Annaba-Bouchegouf et Oued Keberit-Driéa, qui seront réceptionnés durant l’année en cours. Par ailleurs, le dernier tronçon de 73 kilomètres de la ligne des Hauts-Plateaux, qui relie Tiaret à Tissemsilt, sera aussi réceptionné. Cette ligne stratégique moderne, qui s’étend sur 1046 kilomètres au total, reliera ainsi Tébessa à l’est et Sidi Bel Abbés à l’ouest, en passant par M’Sila et Boughzoul dans la wilaya de Médéa, permettant son exploitation intégrale.
Les travaux de renforcement du réseau à l’est du pays se poursuivront en vue de son extension et de sa modernisation, pour relier les ports de Skikda et de Djen Djen, dans la wilaya de Jijel, à Touggourt et Hassi Messaoud dans la wilaya d’Ouargla. Dans la région centre, le lancement du projet Laghouat-Ghardaïa-El Meniaa sur un linéaire de 495 kilomètres est programmé dans le cadre de l’axe Alger-Tamanrasset. Selon Boubaya, ces projets permettront de consolider le réseau national afin d’assurer « le transport des marchandises et des voyageurs avec plus d’efficacité et de manière équilibrée entre les différentes régions ».
50 millions de tonnes de minerai de fer à transporter
La ligne minière Béchar-Tindouf-Gara Djebilet constitue l’un des projets phares de ce programme d’investissement. S’étendant sur une distance globale de 950 kilomètres, cette infrastructure est désormais prête pour l’exploitation commerciale. Boubaya a souligné que « cette ligne est désormais prête pour l’exploitation commerciale, après le succès de la phase des essais techniques ». Conçue pour transporter annuellement 50 millions de tonnes de minerai de fer à partir de la mine de Gara Djebilet, elle pourra également acheminer 25 millions de tonnes de ressources transformées issues des usines que le secteur des mines s’attelle à réaliser.
Cet axe bénéficie d’une capacité de charge supérieure à 32,5 tonnes, soit un niveau nettement plus élevé que celui du reste des lignes du réseau national. L’exploitation de la ligne se fera à une vitesse de 80 kilomètres par heure pour le transport de marchandises et de 160 kilomètres par heure pour le transport de voyageurs. Le responsable a affirmé que « cette grande réalisation est l’œuvre de mains algériennes qui ont surmonté toutes les difficultés notamment celles liées au relief de la région ». 45 ponts ont ainsi été construits pour contourner les oueds, en plus d’un volume record de terrassement estimé à 75 millions de mètres cubes avec des rendements sans précédent dépassant les 5 millions de mètres cubes par mois.
SNTF : vers l’embauche 3000 employés
La Société nationale des transports ferroviaires a entamé son travail préparatoire il y a plusieurs mois afin d’assurer le bon fonctionnement de cette ligne en déployant toutes les ressources humaines, matérielles et logistiques nécessaires. Farid Halliche, directeur central chargé de la clientèle à la SNTF, a indiqué pour sa part la Radio nationale que la mise en service de la ligne permettra d’embaucher plus de 550 employés dans un premier temps, un chiffre appelé à atteindre 3000 employés ultérieurement. Pour le transport de voyageurs, la compagnie exploitera cette ligne avec deux trains quotidiens, le premier partant de Béchar à 8h30 et le second de Tindouf à 9h15, avec la possibilité de réserver les billets en ligne. Cette ligne desservira les gares d’Abadla, Hammaghuir, Tabelbala, Hassi Khébi et Oum El Assel, contribuant ainsi au désenclavement des régions du Sud-Ouest algérien. . Il enchaîne en indiquant que les voyageurs vont s’installer dans des wagons, réhabilités dans les ateliers de la SNTF, à Sidi Bel Abbès, qui n’ont rien à envier au train moderne. « C’est le même type de train qui assure actuellement la liaison Annaba-Tunis. Il y aura quatre voitures avec une capacité de 246 sièges. Il y aura une voiture de première classe, deux voitures de deuxième classe et puis une voiture de restauration », a-t-il précisé.
Amar Malki

