CAN de handball : Les Verts visent le Mondial-2027 à Kigali
La sélection algérienne de handball messieurs dispute du 21 au 31 janvier le Championnat d’Afrique des nations à Kigali (Rwanda) avec pour objectif principal une qualification au Mondial-2027 en Allemagne, réservée aux trois premières nations du tournoi continental. Le sélectionneur Salah Bouchekriou, qui effectue sa cinquième participation à cette compétition, a retenu 18 joueurs mêlant expérience et jeunesse pour tenter de renouveler la performance de 2024, lorsque l’Algérie avait atteint la finale.
Deux ans après avoir disputé la finale du Championnat d’Afrique face à l’Égypte, triple tenante du titre, l’équipe nationale algérienne de handball masculin aborde avec ambition la 17e édition de cette compétition continentale. Du 21 au 31 janvier, à Kigali au Rwanda, les Verts ne cachent pas leurs intentions : décrocher l’un des trois billets qualificatifs pour le Championnat du monde prévu en Allemagne du 13 au 31 janvier 2027. À la tête de la sélection, Salah Bouchekriou, soixante-trois ans, vit sa cinquième expérience en tant que sélectionneur lors d’une CAN, après celles de 2000 aux côtés de Djillali Mekki, puis 2010, 2012 et 2016. L’ancien international, qui a connu l’âge d’or du handball algérien dans les années 1980 avec cinq titres continentaux consécutifs comme joueur, possède une longue expérience d’entraîneur accumulée sur plus de deux décennies. Cette richesse de parcours nourrit sa confiance. « Cette liste allie expérience, jeunesse et dynamisme, avec un objectif clair : constituer une équipe compétitive capable de rivaliser avec les meilleures équipes africaines, de défendre les couleurs de l’Algérie et de faire mieux que la deuxième place obtenue lors des Championnats d’Afrique 2024 en Égypte », avait-il déclaré lors de la publication de sa sélection. Le technicien national s’était montré satisfait de pouvoir compter sur un groupe au complet : « Nous disposons à nouveau d’un effectif au grand complet. » La préparation des coéquipiers de Messaoud Berkous, qui s’apprête à disputer sa dixième CAN depuis ses débuts en 2008 à Luanda en Angola, a débuté dès le mois de novembre dernier. Après plusieurs regroupements à Alger réservés aux joueurs évoluant dans le championnat national, le sélectionneur avait dévoilé une liste élargie de trente-trois joueurs, comprenant dix-sept pensionnaires du championnat algérien et seize évoluant à l’étranger, répartis dans vingt-quatre clubs de neuf championnats différents. Les dernières semaines de préparation se sont déroulées à l’étranger, d’abord en République tchèque du 27 décembre au 2 janvier, puis en Slovénie. Ces stages précompétitifs ont permis au sept national d’affronter plusieurs adversaires de qualité lors de rencontres amicales. Face à la Tchéquie, l’Algérie a arraché le match nul trente et un partout. « Lors de notre premier match amical, nous avions affronté une très bonne équipe de la République tchèque. Nous avions fait un bon match dans l’ensemble et nous aurions même pu l’emporter. Cela dit, et même si on s’était finalement neutralisés 31-31, je dois dire que les joueurs ont montré de belles choses, qui personnellement m’ont donné satisfaction », a analysé Bouchekriou.
Le déplacement en Slovénie s’est révélé éprouvant pour le groupe. « Après cette rencontre, nous avons effectué un long déplacement pour nous rendre en Slovénie. Nous avions mis deux jours pour arriver à destination et cette situation a été éprouvante pour les joueurs, surtout sur le plan physique. Ce qui explique d’ailleurs notre légère baisse de régime pendant les premiers jours qui ont suivi », a expliqué le sélectionneur. Cette fatigue accumulée a pesé sur la performance algérienne face au Koweït, s’inclinant vingt-cinq à trente-deux. Le technicien a pointé le manque d’efficacité de ses joueurs : « Entre ballons perdus et occasions manquées, nous avions raté près de vingt-neuf situations offensives et c’était beaucoup trop. On ne pouvait pas espérer gagner en étant aussi inefficaces. » Les Algériens se sont toutefois repris en s’imposant face à la Géorgie trente-deux à trente, puis contre le club slovène de première division Trimo Trebenje sur le même score de trente-deux à trente et un. Pour cette campagne rwandaise, Bouchekriou s’appuie sur dix-huit joueurs combinant expérience et renouvellement générationnel. L’ossature de l’équipe repose sur des cadres présents lors de l’édition 2024 : l’inusable Messaoud Berkous, trente-cinq ans, Hicham Daoud, trente-quatre ans, Khalifa Ghedbane, vingt-neuf ans, Redouane Saker, trente-quatre ans, Ayoub Abdi, vingt-neuf ans, et Abdeldjalil Zennadi, vingt-sept ans. Ces joueurs aguerris encadreront une jeune génération prometteuse composée notamment de Youssef Atek, vingt et un ans, Madhi Ahmed Anis, vingt-deux ans, Abdel Rostom Guemeida, vingt-deux ans, ou encore le gardien Salim Mezaza, vingt-deux ans. Dans les buts, aux côtés de Mezaza et de Ghedbane qui évolue au HC Erlangen en Allemagne, figure Mohamed Bouziane du CRB Mila, âgé de vingt-cinq ans. Versée dans le groupe A, l’Algérie entamera son parcours le 21 janvier à midi face au Nigeria, avant d’affronter le Rwanda le lendemain à dix-huit heures et de clôturer la phase de poules contre la Zambie le 24 janvier à midi. Le tirage au sort a placé l’Égypte, l’Angola, le Gabon et l’Ouganda dans le groupe B, tandis que le groupe C réunit la Tunisie, la Guinée, le Cameroun et le Kenya. Le groupe D comprend le Cap-Vert, le Maroc, le Congo et le Bénin.
La hiérarchie continentale demeure dominée par trois nations qui monopolisent le palmarès depuis le lancement de la compétition en 1974. Sur les 26 éditions disputées, seules la Tunisie avec dix titres, l’Égypte avec neuf sacres dont les trois derniers consécutifs en 2020, 2022 et 2024, et l’Algérie avec sept couronnes se sont imposées. Le dernier titre algérien remonte à 2014, conquis à domicile dans la salle Harcha Hacene d’Alger. Ces trois favoris naturels se disputeront les premières places et les précieux sésames pour l’Allemagne, où se déroulera le rendez-vous mondial dans un peu plus d’un an.
M. Dahleb

