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Citoyens algériens en situation précaire à l’étranger : La procédure de régularisation dévoilée

Le ministère des Affaires étrangères a précisé lundi les modalités pratiques de régularisation de la situation des citoyens algériens en situation précaire et irrégulière à l’étranger, deux semaines après l’annonce de cette mesure par le président de la République. Les personnes concernées sont invitées à se rapprocher des représentations diplomatiques et consulaires algériennes dans leurs pays de résidence pour déposer leurs dossiers de demande, à condition de ne pas récidiver dans les faits pour lesquels elles sont poursuivies.

Dans un communiqué rendu public lundi, le ministère des Affaires étrangères a formalisé la mise en œuvre de la décision présidentielle. « En application de la décision du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, portant régularisation de la situation des citoyens se trouvant à l’étranger en situation précaire et irrégulière, faisant l’objet de procédures juridiques ou administratives liées à des faits mineurs en rapport avec l’ordre public ou à d’autres faits similaires, le ministère des Affaires étrangères informe les personnes concernées qu’il leur est possible de régulariser leur situation et de regagner le territoire national dans un cadre organisé », précise le document. Le ministère invite les intéressés à « se rapprocher des représentations diplomatiques et consulaires algériennes dans leurs pays de résidence pour déposer des demandes de régularisation et les dossiers requis afin de bénéficier de cette mesure, à condition de ne pas récidiver dans les faits pour lesquels ils sont poursuivis ». Le communiqué rappelle également « l’engagement de l’État à accompagner les membres de la communauté nationale établie à l’étranger, à les protéger et à prendre en charge leurs préoccupations, conformément aux instructions des hautes autorités du pays ». Cette déclaration s’inscrit dans le cadre de la politique de protection consulaire menée par les autorités envers les ressortissants algériens établis hors du territoire national.

Cette initiative trouve son origine dans la réunion du Conseil des ministres tenue le 11 janvier dernier sous la présidence du président de la République. À cette occasion, une décision avait été prise portant régularisation de la situation des jeunes Algériens se trouvant à l’étranger en situation précaire et irrégulière, ayant été induits en erreur à des fins d’instrumentalisation contre leur pays. Le Président Tebboune avait alors lancé un appel aux jeunes Algériens vivant cette situation difficile, soulignant que la plupart d’entre eux n’avaient commis que des infractions légères, comme la crainte d’une simple convocation par la police ou la Gendarmerie nationale pour être entendus sur des faits liés à l’ordre public ou d’autres motifs similaires. Le communiqué du Conseil des ministres avait mis en lumière les circonstances ayant conduit de nombreux jeunes à quitter le territoire national de manière irrégulière. Certains acteurs avaient délibérément instrumentalisé les statistiques relatives au phénomène de la migration clandestine pour ternir l’image de l’Algérie et semer le désarroi parmi les jeunes, les poussant à quitter illégalement le pays. Ces jeunes se trouvent aujourd’hui loin de leur patrie, de leurs proches et de leurs amis, confrontés à une pauvreté extrême et à la misère, réduits à exécuter des tâches humiliantes, tandis que certains sont instrumentalisés contre leur pays d’origine.

La décision de régularisation adoptée en Conseil des ministres s’est faite en accord total entre toutes les institutions de la République. Elle vise à permettre à ces Algériennes et Algériens de rentrer au pays dans des conditions organisées et dignes. La mise en œuvre des procédures liées à cette décision est désormais assurée par les consulats d’Algérie à l’étranger, qui accompagneront les candidats au retour jusqu’à leur rapatriement vers la mère patrie.

Toutefois, des exclusions strictes ont été prévues dans le cadre de cette mesure d’apaisement. Sont écartés du dispositif les auteurs de crimes de sang, de trafic de drogue, de trafic d’armes, ainsi que toute personne ayant collaboré avec des services de sécurité étrangers dans le but de porter atteinte à l’Algérie. Ces restrictions visent à garantir que la mesure bénéficie uniquement aux personnes ayant été victimes de manipulations et non aux individus ayant commis des actes graves portant atteinte à la sécurité nationale ou à l’intégrité physique d’autrui. Le dispositif mis en place témoigne de la volonté des autorités algériennes de tendre la main à une jeunesse égarée tout en préservant les intérêts supérieurs de la nation.

Hocine Fadheli

admin

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