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L’agression sioniste se poursuit à Ghaza : Plus de 1300 violations du cessez-le-feu 

Malgré l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 11 octobre dernier, l’entité sioniste a commis plus de 1300 violations, faisant 1850 victimes palestiniennes dans la bande de Ghaza. Dans un contexte humanitaire catastrophique aggravé par l’hiver, les organisations internationales dénoncent le blocage de l’aide et la poursuite systématique des crimes de l’occupation.

La bande de Ghaza continue de vivre sous les bombes et dans l’angoisse, près de trois mois après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu qui n’aura été qu’un leurre. Les chiffres, communiqués mardi par les autorités sanitaires palestiniennes et l’agence de presse Wafa, témoignent de la brutalité ininterrompue de l’agression sioniste : depuis le 11 octobre, plus de 1300 violations de l’accord ont été enregistrées, causant la mort ou les blessures de plus de 1850 Palestiniens. Mardi matin, quatre nouveaux martyrs et trois blessés ont été recensés suite au bombardement par l’occupation d’une zone proche du cimetière Al-Batsh, dans le quartier de Tuffah à l’est de la ville de Ghaza. Depuis le début de l’agression génocidaire le 7 octobre 2023, le bilan global s’élève désormais à 71 662 martyrs et 171 428 blessés, en immense majorité des femmes et des enfants. Un massacre à grande échelle qui s’inscrit dans une logique d’anéantissement méthodique du peuple palestinien. Au cours des seules dernières 24 heures, les corps de deux martyrs et neuf blessés ont été transférés vers les hôpitaux de Ghaza, tandis que de nombreuses victimes demeurent ensevelies sous les décombres, inaccessibles aux équipes de secours. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, 488 Palestiniens sont tombés en martyrs, 1350 autres ont été blessés, et les dépouilles de 714 martyrs ont pu être récupérées, selon les autorités sanitaires palestiniennes.

Une crise humanitaire sans précédent aggravée par le blocus

Au-delà des bombardements quotidiens, c’est une catastrophe humanitaire de grande ampleur qui se déroule à Ghaza, amplifiée par les entraves systématiques imposées par l’occupation au passage de l’aide. De retour d’une mission conjointe d’une semaine dans l’enclave palestinienne, deux hauts responsables onusiens ont livré lundi à New York un témoignage accablant. Ted Chaiban, directeur général adjoint de l’UNICEF, et Carl Skau, son homologue du Programme alimentaire mondial, ont décrit une population condamnée à une survie incertaine, exposée au froid glacial, à la faim et à l’effondrement total de ses conditions de vie. Malgré la reprise partielle de l’aide alimentaire, 100 000 enfants restent en situation de malnutrition aiguë et nécessitent des soins de longue durée. Dans les camps improvisés où s’entassent des centaines de milliers de déplacés, l’hiver aggrave dramatiquement la situation. Ted Chaiban a témoigné avoir rencontré des familles brûlant des morceaux de plastique et de bois pour tenter désespérément de réchauffer leurs enfants dans des tentes qui ne protègent ni du froid ni de la pluie. Selon l’UNICEF, au moins dix enfants sont morts d’hypothermie depuis le début de la saison froide.

Carl Skau a déploré des conditions similaires, affirmant qu’un peuple entier vit désormais au bord du gouffre. Le responsable du PAM a insisté sur la nécessité urgente de submerger Ghaza d’abris et de relancer l’économie locale par l’augmentation massive des flux commerciaux et de l’aide en espèces. L’UNRWA, de son côté, a réitéré mardi son appel à l’entité sioniste pour qu’elle lève immédiatement les entraves à l’aide humanitaire, soulignant que l’accès humanitaire doit être maintenu sans obstacle afin que l’aide parvienne aux personnes qui en ont le plus besoin.

La fermeture prolongée du point de passage de Rafah transforme cette crise en condamnation à mort pour des milliers de malades. Selon le ministère de la Santé palestinien à Ghaza, 20 000 patients disposant de dossiers médicaux complets attendent désespérément l’autorisation de voyager pour se faire soigner à l’étranger. Parmi eux, 440 cas sont considérés comme relevant du sauvetage vital immédiat, tandis que 4000 patients atteints de cancer, catégorie la plus touchée par le blocus, nécessitent un départ urgent. Le décompte macabre continue : 1268 personnes sont décédées à Ghaza en attendant l’autorisation de se faire soigner à l’étranger. Le ministère palestinien a averti que le manque de médicaments, de matériel médical, la mise hors service de la plupart des services spécialisés et la destruction des infrastructures hospitalières conduisent à des conséquences sanitaires imprévisibles qui ne feront qu’accroître la mortalité. Seuls 3100 patients ont pu quitter l’enclave depuis la fermeture du point de passage terrestre de Rafah le 7 mai 2024. Parmi les 20 000 patients en attente, 4500 sont des enfants.

Sur le front de l’éducation, l’UNICEF a annoncé mardi une intensification de son programme d’urgence visant à scolariser 336 000 enfants, soit près de la moitié des jeunes Gazaouis en âge d’être scolarisés, estimés à plus de 758 000 selon le ministère de l’Éducation palestinien. James Elder, porte-parole de l’UNICEF à Genève, a souligné que près de deux ans et demi d’attaques systématiques contre les écoles ont mis en péril toute une génération, avec 60% des enfants actuellement privés d’enseignement en présentiel et plus de 90% des établissements scolaires endommagés ou détruits. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, 135 000 élèves ont pu être rescolarisés dans des tentes ou des bâtiments endommagés mais sécurisés. L’UNICEF requiert de toute urgence 86 millions de dollars pour poursuivre ce programme en 2026.

À Al-Qods-Est, l’agression de l’occupation se poursuit sans relâche. Dimanche, le siège de l’UNRWA, déjà partiellement démoli par les autorités sionistes, a été incendié, provoquant l’indignation du chef de l’agence onusienne, Philippe Lazzarini, qui y voit une nouvelle étape dans une série d’attaques visant le cadre juridique international et le statut des réfugiés palestiniens. Mardi, les forces d’occupation ont poursuivi pour le deuxième jour consécutif leur incursion dans le camp de réfugiés de Qalandiya, au nord d’Al-Qods occupée, notifiant des ordres de démolition de commerces. Cette opération militaire, menée sous prétexte de renforcer le contrôle le long du mur de séparation, s’accompagne d’un déploiement intensif de soldats et de snipers, avec usage de grenades lacrymogènes et de balles réelles contre les civils palestiniens.

Lyes Saïdi

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