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L’Iran annonce que ses forces armées sont en état d’alerte : La tension monte dans le Golfe !

L’Iran a placé samedi ses forces armées en « état d’alerte maximale » et mis en garde les États-Unis et l’entité sioniste contre toute attaque, alors que Washington a déployé cette semaine d’importantes forces militaires dans le Golfe, portant la tension régionale à son paroxysme. Ces avertissements interviennent dans un contexte de pressions américaines accrues pour contraindre Téhéran à accepter un accord sur le nucléaire, sur fond de menaces d’intervention militaire brandies par le président Donald Trump.

Le chef de l’armée iranienne, Amir Hatami, a adopté samedi un ton défiant lors d’un événement militaire. « Si l’ennemi commet une erreur, cela mettra sans aucun doute en danger sa propre sécurité, celle de la région et celle du régime sioniste », a-t-il averti, précisant que les forces armées iraniennes étaient « en état d’alerte maximale ». Le général a ajouté que « le savoir et la technologie nucléaires de la République islamique d’Iran ne peuvent être éliminés, même si les scientifiques et les fils de la nation tombent en martyrs », en référence aux bombardements américains et israéliens qui avaient visé des sites nucléaires ainsi que des scientifiques iraniens lors de la guerre de 12 jours lancée en juin par l’entité sioniste. Selon l’agence de presse semi-officielle Tasnim, Hatami a également affirmé que l’Iran se trouve à « un haut niveau de préparation défensive et militaire » et qu’il surveille les mouvements adverses. « Étant donné que nous sommes conscients de leurs intentions malveillantes, notre main est sur la gâchette », a-t-il déclaré.

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a pour sa part indiqué vendredi à Istanbul, lors d’entretiens avec le président turc Recep Tayyip Erdogan et le ministre des Affaires étrangères turc Hakan Fidan, que Téhéran n’excluait pas de participer à des discussions si elles étaient « justes et équitables ». « L’Iran n’a jamais cherché à obtenir l’arme nucléaire et il est prêt à accepter un accord nucléaire juste et équitable qui réponde aux intérêts légitimes de notre peuple », a écrit samedi le ministre sur le réseau social X, réitérant la position officielle de son pays. Il a toutefois ajouté que les capacités de défense et les missiles iraniens « ne feraient jamais l’objet de négociations ».

Du côté américain, Donald Trump a multiplié les déclarations menaçantes depuis la vague de contestation réprimée début janvier en Iran. Le président américain a menacé cette semaine la République islamique d’une attaque « bien pire » que les frappes menées contre ses sites nucléaires en juin, lorsque Washington s’était joint à l’entité dans son agression contre l’Iran. Trump presse désormais Téhéran d’accepter un accord sur le nucléaire et a estimé vendredi que la République islamique voulait en conclure un, sans divulguer le délai fixé. Pour appuyer ses menaces, Washington a déployé une dizaine de navires dans le Golfe, dont le porte-avions Abraham Lincoln, ce qu’il a lui-même qualifié d' »énorme armada ».

Ali Shamkhani, conseiller principal du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a averti samedi que la riposte de Téhéran à toute attaque contre l’Iran ne serait pas limitée, mais inclurait également des « attaques en profondeur contre le régime israélien », selon l’agence de presse officielle IRNA. « Tout mouvement indiquant une intention hostile de l’ennemi sera confronté à une réponse proportionnée, efficace et dissuasive », a-t-il déclaré, ajoutant que l’Iran « a découvert le plan opérationnel de l’ennemi et dispose d’une domination totale du renseignement à son sujet ». Téhéran a également averti d’une riposte immédiate en cas d’attaque, rappelant que de « nombreuses » bases américaines dans la région se trouvaient à portée de missiles iraniens, et a menacé de bloquer le détroit d’Ormuz, point de transit clé pour les approvisionnements énergétiques mondiaux.

La pression s’est encore intensifiée ces derniers jours avec l’inscription par l’Union européenne des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, sur la liste des « organisations terroristes », une décision qualifiée d' »insensée » par Téhéran.  Les Gardiens de la Révolution vont mener à partir de dimanche « un exercice naval de tir réel de deux jours » dans le Golfe, a indiqué le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), mettant en garde dans un communiqué contre « tout comportement dangereux ou non professionnel à proximité des forces américaines ». Par ailleurs, l’Iran prévoit d’organiser à la mi-février des exercices navals conjoints avec la Chine et la Russie dans le nord de l’océan Indien, a rapporté samedi l’agence de presse semi-officielle Tasnim. La huitième édition de ces manœuvres, baptisées « Maritime Security Belt », réunira des unités de la marine régulière iranienne et des forces navales du Corps des gardiens de la révolution islamique, ainsi que des forces navales chinoises et russes.

Alors que certains analystes n’excluent pas que les États-Unis visent l’élimination des plus hauts dirigeants iraniens, le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a visité samedi le mausolée de Rouhollah Khomeini, le fondateur de la République islamique, dans le sud de Téhéran. Dans une vidéo publiée sur son site officiel, Khamenei, qui n’était pas apparu en public depuis le 17 janvier, apparaît en train de prier.

Les pays du Golfe appellent à la retenue, tout comme la Turquie voisine. Cette explosion des tensions survient également au moment où samedi, une explosion dont l’origine reste inconnue a secoué un bâtiment de Bandar Abbas, un port du sud de l’Iran sur le Golfe. L’agence officielle Irna a fait état de blessés transférés à l’hôpital, sans signaler de décès. L’explosion a détruit deux étages d’un bâtiment de 8 étages, plusieurs véhicules et des commerces. Une enquête a été ouverte pour déterminer la cause, a précisé Mehrdad Hassanzadeh, directeur général de la gestion des crises de la province d’Hormozgan. Les Gardiens de la révolution ont démenti que des immeubles de leurs forces navales dans cette province aient été visés.

Lyes Saïdi

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