27 ans après, l’icône populaire toujours vivante : Rouiched, l’éternel Hassan
27 ans après sa disparition, Ahmed Ayad dit Rouiched (1921-1999) demeure une figure incontournable du patrimoine artistique algérien. Il a été célébrée mercredi à la Bibliothèque principale de lecture publique d’Alger lors d’une rencontre qui a mis en lumière l’héritage exceptionnel de cet artiste complet, visionnaire et profondément populaire.
Réunissant artistes et chercheurs, cette commémoration a rendu hommage à un génie protéiforme dont les créations théâtrales, cinématographiques et télévisuelles continuent d’irriguer la mémoire collective algérienne. « Rouiched était une figure profondément populaire qui a beaucoup donné au Théâtre national algérien et qui a connu un succès remarquable grâce à son intelligence artistique et à la sincérité de sa créativité », a souligné son fils, le comédien Mustapha Ayad, appelant à « rééditer les œuvres théâtrales de Rouiched dans de nouvelles conceptions scéniques » pour perpétuer sa mémoire. L’artiste, autodidacte de génie, puisait son inspiration dans son environnement social, écrivant lui-même ses textes avec une attention minutieuse aux détails du quotidien qu’il transformait en œuvres mémorables. Le dramaturge Ibrahim Chergui a salué cette « icône artistique » dotée d’une « vision prospective » et d’une capacité unique à proposer de « profondes lectures sociales à travers ses rôles comiques, avec un style éblouissant ». Pour le réalisateur Saïd Mahdaoui, le personnage de Hassan, brillamment incarné dans des films cultes comme « Hassan Terro » (1963), « El Bawaboun » (1970) ou « Hassan Taxi », illustre « son génie hors du commun ». Artiste « visionnaire, disposant d’une conscience artistique en avance sur son temps et d’un sens aigu de l’improvisation », Rouiched croisait les expériences de Rachid Ksentini et Mohamed Touri tout en s’inspirant de Charlie Chaplin, a-t-il précisé. La réalisatrice Fatma Ouzane a conclu en soulignant le caractère « exceptionnel » de son approche : « Il respectait ses personnages en les incarnant avec une grande concentration et une profonde sincérité qui les libéraient de la rigidité et les rapprochaient de la réalité et de la sensibilité du public. » Né à la Casbah d’Alger, Rouiched a forgé dès les années 1940 un style unique qui a immortalisé son nom et façonné une part essentielle de l’identité culturelle algérienne.
Mohand Seghir

