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Crise humanitaire à Ghaza : 6000 blessés dans l’attente désespérée d’une évacuation 

L’effondrement du système de santé menace la vie de milliers de Palestiniens tandis que la réouverture partielle du passage de Rafah offre un espoir limité.

La situation sanitaire dans la bande de Ghaza continue de se dégrader de manière dramatique, alors que les autorités médicales palestiniennes tirent la sonnette d’alarme sur le sort de quelque 6000 blessés nécessitant une évacuation d’urgence pour recevoir des soins spécialisés à l’extérieur du territoire assiégé par l’occupation sioniste. Selon le bureau médiatique de Ghaza, ce chiffre ne représente qu’une fraction des besoins réels, puisque plus de 22000 malades et blessés attendent désespérément de pouvoir quitter l’enclave pour accéder à des traitements appropriés, devenus impossibles sur place en raison de l’effondrement quasi total des infrastructures de santé. Les sources médicales palestiniennes soulignent que le mécanisme actuel d’évacuation des patients s’avère dramatiquement insuffisant et qu’au rythme actuel, il faudrait des années pour traiter l’ensemble des cas urgents. Les responsables sanitaires appellent à l’évacuation d’au moins 500 patients par jour afin de sauver des vies et d’alléger les souffrances croissantes de cette population abandonnée.

Cette crise intervient dans un contexte d’effondrement accéléré du système de santé, marqué par une pénurie critique de médicaments et de fournitures médicales essentielles, dans le sillage de bombardements israéliens ininterrompus, malgré le cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre dernier auquel s’ajoute un blocus criminel qui empêche tout acheminement d’aide aux populations civiles . Des milliers de patients nécessitant des interventions chirurgicales complexes ou des traitements spécialisés se trouvent ainsi exposés à un danger mortel, sans espoir de recevoir les soins dont ils ont désespérément besoin.

La réouverture partielle du passage de Rafah, dimanche dernier, après plus de 18 mois de fermeture quasi totale, a été accueillie comme une lueur d’espoir, bien que limitée. Ce point de passage stratégique, situé à la frontière avec l’Égypte, avait été fermé en mai 2024 lorsque les forces de l’occupation sioniste ont pris le contrôle du terminal côté palestinien, coupant ainsi la principale voie d’évacuation médicale et bloquant l’acheminement de l’aide humanitaire vers Ghaza.

Lundi, les premiers Palestiniens ont franchi le passage, avec seulement 50 personnes autorisées à quitter Ghaza et cinquante autres à y entrer. Environ 150 patients, accompagnés de leurs proches, devraient être évacués vers l’Égypte pour y recevoir des soins médicaux urgents. Le bilan humain de l’agression génocidaire sioniste contre Ghaza continue de s’alourdir de manière terrifiante. Selon le dernier décompte des autorités sanitaires palestiniennes publié lundi, le nombre de martyrs a atteint 71800 personnes, tandis que 171555 autres ont été blessées depuis le 7 octobre 2023. Les femmes et les enfants constituent la majorité écrasante de ces victimes.

Au cours des seules dernières 24 heures, les dépouilles de cinq martyrs et quatre blessés ont été transférés vers les hôpitaux de Ghaza. Les autorités rappellent que de nombreuses victimes demeurent encore ensevelies sous les décombres, dans l’impossibilité d’être secourues. Malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu en octobre dernier, la violence de l’occupation n’a pas cessé. Depuis cette date, 526 Palestiniens sont tombés en martyrs et 1447 autres ont été blessés, tandis que 717 corps ont pu être récupérés des ruines, témoignant de l’ampleur continue de la tragédie humanitaire.

Lyes Saïdi

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