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Transplantation d’organes : Vers un registre national des donneurs 

Les participants à la journée parlementaire consacrée à la transplantation d’organes humains en Algérie ont appelé mardi à la création d’un registre national des donneurs et à la réactivation de l’Agence nationale de greffe d’organes, lors d’une rencontre organisée par le Conseil de la nation qui a réuni responsables politiques, experts médicaux et religieux autour d’un enjeu de santé publique majeur demeuré largement inexploité dans le pays.

Cette journée parlementaire, placée sous le thème « La transplantation d’organes humains, entre dimensions religieuse, juridique et médicale », s’est tenue en présence du président du Conseil de la nation, Azouz Nasri, de la présidente de la Cour constitutionnelle, Leïla Aslaoui, du président de l’Assemblée populaire nationale, Brahim Boughali, et de la ministre des Relations avec le Parlement, Nadjiba Djilali, ainsi que de représentants de diverses instances et organisations nationales. Les débats ont abouti à un constat sans équivoque : la transplantation d’organes « n’est plus seulement une option médicale mais est devenue une nécessité humaine », selon les termes des participants.

Les recommandations issues de cette rencontre reflètent l’urgence de la situation. Les participants ont insisté sur le fait que « le succès du programme national de transplantation d’organes repose sur la clarté du référentiel religieux qui renforce la confiance dans le don et sur la solidité du cadre juridique ». Les discussions ont également mis en lumière « l’importance de la disponibilité du système de santé en termes de formation et de suivi pour garantir l’équité et la transparence dans l’accès aux soins ». Dans son allocution d’ouverture, Azouz Nasri a appelé à « intensifier les efforts conjoints afin de lever les ambiguïtés liées à la transplantation d’organes humains en Algérie », dans le cadre d' »une approche unifiée fondée sur le respect total des droits de l’Homme ». Le président du Conseil de la nation a précisé que ces efforts permettront de « mettre en place un cadre juridique rigoureux et des normes médicales précises et strictes, à l’instar des règles régissant les centres de collecte et de conservation du sang ».

M. Nasri a souligné que « l’évolution rapide des sciences médicales a imposé aux législations nationales et internationales d’encadrer ce domaine par des règles juridiques judicieuses, conciliant la nécessité thérapeutique et la prévention de toute dérive ou dépassement portant atteinte aux valeurs humaines ou susceptible d’ouvrir la voie à l’exploitation illicite du corps humain ». S’agissant spécifiquement de l’Algérie, il a rappelé que « la légitimité de la transplantation d’organes humains repose sur le principe constitutionnel qui confère à l’État le devoir de préserver la vie et l’intégrité physique du citoyen », ajoutant que « l’autorisation de cette transplantation constitue une pratique légale et légitime, encadrée par la loi et soumise à un contrôle strict ».

Pour traduire les conclusions de cette journée parlementaire en politiques publiques concrètes, les participants ont formulé plusieurs recommandations stratégiques. En tête de ces propositions figure « la réactivation et le renforcement de l’Agence nationale de greffe d’organes avec l’élargissement de ses prérogatives légales et la mise à disposition de moyens humains et matériels adéquats ». Cette structure, actuellement inopérante, devrait constituer le pivot institutionnel du dispositif national de transplantation. Les recommandations préconisent également la création de trois pôles hospitaliers régionaux spécialisés en transplantation, équipés des moyens médicaux les plus modernes « pour garantir la fourniture de ces services vitaux aux citoyens dans toutes les régions du pays ». Cette décentralisation vise à assurer une équité territoriale dans l’accès à ces thérapeutiques hautement spécialisées. La proposition phare concerne l’instauration d’un registre national du don d’organes, organisé selon « des règles juridiques et éthiques claires », qui contribuerait à « promouvoir la culture du don, garantir la transparence et assurer une bonne gestion des opérations de greffe ». Ce registre constituerait un outil essentiel pour structurer et sécuriser l’ensemble de la chaîne de transplantation, depuis l’identification des donneurs potentiels jusqu’à l’attribution des greffons.

Dans une déclaration à la presse à l’issue de la journée parlementaire, le président de la commission de la santé, des affaires sociales, du travail et de la solidarité nationale du Conseil de la nation, Habib Douaghi, a confirmé que l’Algérie « fait face à une problématique sanitaire concernant la transplantation d’organes ». Cette reconnaissance ouvre la voie à une refonte en profondeur du dispositif existant, avec l’ambition de faire de la transplantation d’organes une réalité accessible pour les milliers de patients algériens en attente de greffe.

Lyna Larbi

admin

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