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Attaf avertit que l’Afrique menacée de marginalisation : Alger appelle à une vision stratégique commune

Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf a lancé un appel pressant aux membres de l’Union africaine pour qu’ils dépassent la gestion routinière et adoptent une vision collective face aux menaces de marginalisation du continent.

Dans un discours prononcé mercredi à Addis-Abeba lors de la 48e session du Conseil exécutif de l’UA, le chef de la diplomatie algérienne a exhorté l’organisation panafricaine à sortir de sa logique de repli sur soi, alors que la stabilité politique, les crises sécuritaires et le terrorisme figurent parmi les défis majeurs identifiés par la Commission de l’Union.

Ahmed Attaf, ministre d’État chargé des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, a souligné l’importance cruciale du contexte international dans lequel se tient le sommet africain prévu samedi et dimanche prochains dans la capitale éthiopienne. « La Quête africaine revêt une importance majeure au regard du contexte international général dans lequel il se tient, un contexte qui, nous le savons tous, menace de marginaliser l’Afrique, d’occulter ses causes et ses priorités et de neutraliser son rôle et sa voix », a-t-il déclaré devant ses homologues africains réunis pour examiner le rapport du Comité des représentants permanents. Le ministre, qui représente le président de la République Abdelmadjid Tebboune, a insisté sur la nécessité pour le continent de s’adapter aux transformations rapides du monde.

Une stratégie collective face aux mutations internationales

Le chef de la diplomatie algérienne a appelé les États membres à dépasser les considérations purement administratives pour embrasser une perspective plus ambitieuse. « Nous devons dépasser les aspects ponctuels liés uniquement à la gestion interne de notre organisation, pour nous inscrire dans un horizon plus large qui permette de jeter les bases d’une véritable vision collective et prospective, qui identifie avec précision les dangers et menaces qui nous guettent, adapte notre action commune aux mutations accélérées qui nous entourent et réhabilite notre projet d’unité en tant que choix stratégique incontournable pour préserver notre destin commun », a-t-il soutenu. Cette vision, selon lui, doit permettre de construire « un monde de demain plus attentif à nos préoccupations, plus soucieux de nos intérêts et plus réceptif à nos aspirations ».

Ahmed Attaf a réaffirmé le soutien indéfectible de l’Algérie aux efforts visant à renforcer l’organisation panafricaine. « L’Algérie soutient tout effort à même de renforcer et de sortir notre organisation de la logique du repli sur soi, d’asseoir davantage sa présence aux niveaux continental et international et de lui permettre de s’attaquer, avec réalisme et responsabilité, aux défis actuels, qu’ils soient continentaux ou mondiaux », a-t-il précisé, ajoutant que son pays apporte « tout son soutien et son appui à notre Commission et à la présidence tournante de notre organisation ».

Sécurité et terrorisme au cœur des préoccupations

Les défis sécuritaires figurent en tête des préoccupations exprimées lors de cette session du Conseil exécutif. Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine, a dressé un tableau préoccupant de la situation continentale. « La stabilité politique et les crises sécuritaires ainsi que les conflits en Afrique demeurent une grande préoccupation pour l’UA », a-t-il déclaré à l’ouverture des travaux. Le responsable a souligné que « ce sont des questions difficiles qui feront certainement l’objet de délibérations approfondies par nos leaders », indiquant que ces enjeux occuperont une place centrale lors du sommet prévu ce week-end. La menace terroriste constitue un défi persistant pour plusieurs régions du continent. Mahmoud Ali Youssouf a souligné que « dans le Sahel et la Corne de l’Afrique, la menace terroriste ne recule pas », appelant à une mobilisation renforcée face à ce fléau qui continue de déstabiliser des zones entières. Sur une note plus positive, le président de la Commission a salué « le retour de la Guinée et du Gabon au sein de l’Union africaine » après « un processus de transition réussi », témoignant des efforts déployés pour restaurer l’ordre constitutionnel dans certains pays ayant connu des changements de gouvernement anticonstitutionnels. Au-delà des questions sécuritaires, le développement et l’intégration économique demeurent des chantiers majeurs. Le président de la Commission a réaffirmé que « la ZLECAf et les institutions de l’UA demeurent essentielles à la promotion de l’intégration », grâce à des financements innovants et à des partenariats renforcés avec le secteur privé et la société civile africains. Concernant le thème de cette année consacré à l’eau et l’assainissement, il a insisté sur la nécessité de « protéger cette ressource partagée et ce facteur de coopération » face aux changements climatiques. Il a conclu en affirmant qu' »un leadership déterminé et des priorités stratégiques claires seront les clés de notre succès ».

Salim Amokrane

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