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Algérie-Niger : le réchauffement s’accélère

Le président de la République du Niger, le général Abdourahamane Tiani, effectuera les 15 et 16 février une visite de fraternité et de travail en Algérie, à l’invitation du président de la République Abdelmadjid Tebboune, a annoncé samedi la présidence de la République dans un communiqué, confirmant l’accélération du rapprochement entre les deux pays voisins après des mois de tensions diplomatiques. Deux jours seulement après le retour des ambassadeurs respectifs des deux pays, intervenu jeudi 12 février, cette visite au sommet vient consacrer la normalisation en cours. Selon le communiqué de la présidence, « le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, président de la République du Niger, Chef de l’État, effectuera, les 15 et 16 février, une visite de fraternité et de travail en Algérie, à la tête d’une importante délégation ».  La présidence précise que cette visite vise à « renforcer les liens de fraternité, de coopération et de bon voisinage entre les deux pays frères, dans le cadre d’une nouvelle dynamique visant à tirer le meilleur parti de leurs capacités et potentialités, au bénéfice des peuples algérien et nigérien ». Elle constituera également « une opportunité pour examiner des questions politiques liées au continent africain, en général, et au voisinage sahélo-saharien, en particulier », ajoute le communiqué.

Cette invitation n’est pas une surprise. Il y a une semaine, lors d’un entretien accordé à des représentants de médias nationaux, le Président Tebboune avait indiqué avoir personnellement convié son homologue nigérien à se rendre en Algérie, déclarant « avoir beaucoup de respect pour son actuel président, Abdourahamane Tiani ». Le dégel entre les deux capitales a été amorcé fin janvier avec la visite du ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, au Niger, au cours de laquelle les deux pays ont relancé leur coopération dans le domaine de l’exploration pétrolière et discuté du projet stratégique du gazoduc transsaharien (TSGP). Alger et Niamey tournent ainsi la page de la crise diplomatique née de la destruction, le 31 mars 2025, d’un drone armé malien qui a transgressé les frontières du territoire national, un épisode qui avait conduit les trois pays de l’Alliance des États du Sahel — Mali, Niger et Burkina Faso — à retirer simultanément leurs ambassadeurs d’Alger. Si le Niger a choisi de rompre avec cette posture commune pour renouer bilatéralement avec l’Algérie, c’est que les intérêts partagés entre les deux voisins — coopération énergétique, sécurité aux frontières et enjeux sahéliens — pèsent manifestement plus lourd. La visite du général Tiani à Alger, à la tête d’une « importante délégation », devrait permettre de donner une traduction concrète à cette nouvelle dynamique.

Lyes Saïdi

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