Économie

Industrie pétrolière : 7 conventions pour la formation de la nouvelle génération d’ingénieurs à Ouargla

Sept conventions, sept partenaires, un seul message : l’université algérienne ne peut plus former dans l’abstraction pendant que les gisements cherchent des ingénieurs. En présidant jeudi soir à Ouargla une cérémonie de signature entre l’université Kasdi Merbah et les géants des hydrocarbures, le ministre de l’Enseignement supérieur Kamel Beddari a posé un acte symbolique autant que stratégique dans le coeur du pétrole algérien. Il y a quelque chose de presque évident, et pourtant longtemps différé, dans ce qui s’est joué jeudi soir à Ouargla. Une université implantée au cœur du Sahara, à quelques dizaines de kilomètres des champs pétroliers et gaziers qui alimentent l’économie nationale, se dote enfin d’un cadre institutionnel formalisé pour travailler main dans la main avec les entreprises qui l’entourent. Sept conventions de partenariat ont été signées entre l’université Kasdi Merbah et autant d’acteurs majeurs de l’industrie des hydrocarbures : l’Entreprise nationale des travaux aux puits (ENTP), l’Entreprise nationale de forage (ENAFOR), l’Entreprise nationale de géophysique (ONAGEO), l’Entreprise nationale de services aux puits (ENSP), mais aussi des multinationales de premier rang comme Baker Hughes, TotalEnergies Algérie et SLB, anciennement Schlumberger. Un plateau qui, à lui seul, dit l’ambition de l’exercice.

Ces accords ne relèvent pas du protocole routinier entre institutions. Ils traduisent une orientation délibérée visant à consolider la formation pratique des étudiants et à stimuler la recherche scientifique dans des domaines aussi décisifs que l’intelligence artificielle appliquée à la production industrielle ou l’optimisation des processus d’extraction. En d’autres termes, il s’agit de faire en sorte que le diplômé qui sort de Kasdi Merbah soit directement opérationnel dans les environnements techniques exigeants que lui tendent ces entreprises — et non plus obligé de se former à nouveau une fois recruté, à grands frais pour l’employeur et au prix d’années perdues pour le jeune ingénieur.

Kamel Beddari a tenu à souligner la portée de ce moment. « La signature de ces conventions témoigne du rôle important de l’université d’Ouargla, qui exerce une influence significative sur son environnement grâce aux efforts de son personnel et à l’engagement de ses étudiants », a déclaré le ministre. Une formule qui, derrière la courtoisie protocolaire, contient un programme : l’université n’est plus un espace clos sur lui-même, replié sur ses amphithéâtres et ses bibliothèques, mais un acteur économique à part entière, irrigué par les réalités du territoire qui l’accueille. Beddari a d’ailleurs précisé sa pensée en évoquant « une transformation d’un établissement de formation en une institution ouverte aux évolutions actuelles, notamment face à l’essor considérable de la numérisation, de l’entrepreneuriat et de l’innovation, ainsi qu’à sa contribution au développement économique du pays ». Trois mots résument cette mutation : numérisation, entrepreneuriat, innovation — trois leviers que l’université ne peut actionner seule, et pour lesquels le partenariat avec le secteur privé et les entreprises nationales constitue précisément le courroie de transmission manquante. Une initiative qui a également pour objectif de faciliter le recrutement des jeunes du Sud dans le secteur pétrolier, secteur qui demeure central dans l’activité économique de la région.

La visite du ministre à Ouargla ne s’est pas limitée à la cérémonie de signature. Beddari a également lancé une plateforme numérique dédiée à la qualité, destinée à renforcer les mécanismes d’évaluation interne et à améliorer les performances globales de l’établissement — un outil de pilotage que les universités algériennes les plus avancées s’approprient progressivement pour se mettre au niveau des standards internationaux. Il a aussi présidé la cérémonie de remise de diplômes de la cinquième promotion de la Faculté de médecine, moment fort qui rappelle l’étendue des missions de Kasdi Merbah, bien au-delà des seuls métiers de l’énergie. Enfin, une rencontre avec la communauté universitaire lui a permis d’écouter directement les préoccupations des enseignants et des personnels, réaffirmant « l’engagement de son département ministériel à soutenir l’université et à rehausser la qualité de l’enseignement et de la recherche scientifique. »

Ce que Ouargla expérimente ce soir-là, c’est un modèle que l’Algérie cherche à généraliser : celui de l’université-territoire, ancrée dans son bassin économique, sensible à ses besoins en compétences, capable de produire une recherche applicable et des diplômés immédiatement employables. Dans une région où les hydrocarbures représentent à la fois la richesse présente et le défi de la transition à venir, former des ingénieurs capables de maîtriser les outils numériques et les nouvelles technologies d’extraction n’est pas un luxe académique. C’est une nécessité nationale.

Amar Malki

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