Khenchela : 30 pièces de monnaie antique restituées au patrimoine national
Trente pièces de monnaie anciennes, saisies dans le cadre d’une affaire de contrebande et de commercialisation illicite de biens culturels à valeur archéologique, ont été officiellement remises, mercredi, à la direction de la culture et des arts de la wilaya de Khenchela. L’opération, conduite par la brigade territoriale de gendarmerie nationale de la commune de Chechar, illustre de manière concrète la mobilisation des services de l’État pour enrayer le pillage d’un patrimoine numismatique dont la richesse témoigne des grandes civilisations qui ont façonné l’Algérie antique. Les rapports d’expertise ont établi que ces pièces remontent aux époques romaine et byzantine précoces, deux périodes charnières dans l’histoire de l’Afrique du Nord. Mohamed El Alouani, directeur de la culture et des arts de la wilaya de Khenchela, a confirmé à l’APS qu’« il s’agit de 30 pièces numismatiques remontant à différentes époques historiques », ajoutant qu’elles ont été « saisies à la suite du traitement d’une affaire de contrebande et de commercialisation illicite de biens culturels à valeur archéologique ». La transmission aux autorités culturelles s’est effectuée par décision judiciaire, conformément à la législation algérienne en matière de protection et de valorisation du patrimoine culturel. Loin de demeurer dans les réserves administratives, ces témoins de l’histoire ont vocation à être portés à la connaissance du plus grand nombre. Mohamed El Alouani a précisé que la direction « procédera à la remise de ces pièces de monnaie antique au musée national des Frères Martyrs Boulaaziz de Khenchela afin d’enrichir le patrimoine de cette institution muséale », tout en les rendant accessibles « aux étudiants et aux chercheurs en histoire et en archéologie ». Cette intégration dans les collections publiques représente l’aboutissement logique du dispositif légal : arracher ces objets au marché illicite pour les restituer à la mémoire collective.
La restitution de ces trente pièces n’est pas un fait isolé. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large que les chiffres rendent éloquente. Le directeur a rappelé que le secteur de la culture et des arts de Khenchela a réceptionné, « en 2025, dans le cadre de la mise en œuvre du programme de protection et de valorisation du patrimoine culturel, près de 4 500 pièces de monnaie anciennes remontant à des périodes historiques ». Cette accumulation traduit à la fois l’ampleur du trafic qui sévit dans la région et l’efficacité croissante des opérations de répression. À ce volume de pièces récupérées s’ajoute le recensement de « nombreuses fouilles illégales sur des sites archéologiques », phénomène qui dépasse la simple appropriation individuelle pour menacer l’intégrité des gisements dans leur ensemble.
Face à ce constat, les autorités ont engagé une réponse structurée. Un programme de travail concerté associant les services de sécurité et les Assemblées populaires communales (APC) a été élaboré, selon Mohamed El Alouani, « à l’effet d’arrêter des mesures destinées à assurer la protection de ces sites et à les soustraire à toute tentative de fouille illégale ». Au-delà de l’opération de police judiciaire, c’est une véritable philosophie de la sauvegarde qui transparaît dans cette restitution.
M.S.

