La situation humanitaire s’aggrave à Ghaza : Rafah, porte condamnée
Le passage de Rafah fonctionne de nouveau. Mais à peine. Rouvert partiellement le 2 février dernier après des semaines de fermeture totale imposée par les forces de l’occupation sioniste, le seul point de transit médical entre la bande de Ghaza et le monde extérieur opère selon une « mécanique restrictive » qui, selon le ministère palestinien de la Santé, constitue une menace directe sur la vie de dizaines de milliers de malades et de blessés. Une dénonciation relayée dimanche par une déclaration officielle qui sonne comme un cri d’alarme adressé à la communauté internationale. « Les conditions du passage ne répondent pas au minimum des obligations humanitaires à l’égard des patients et des blessés », martèle le ministère, dont le bilan est accablant : plus de vingt mille personnes patientent pour être évacuées vers des structures médicales à l’étranger. Parmi elles, des malades du cancer, des insuffisants cardiaques et rénaux, des grands brûlés, des amputés nécessitant des interventions chirurgicales de haute spécialisation — autant d’actes devenus impossibles à l’intérieur d’un système de santé que deux ans d’agression génocidaire sioniste ont réduit à l’état de ruine. Les témoignages recueillis par le ministère auprès des rares patients ayant pu franchir le passage décrivent des « procédures arbitraires et humiliantes », une politique délibérée d’épuisement psychologique et physique des plus vulnérables.
La demande est sans équivoque : ouverture permanente et régulière du passage, évacuation immédiate des cas critiques, augmentation substantielle des quotas de voyageurs. « C’est un droit humain inaliénable garanti par les lois et les conventions internationales », conclut le ministère, en posant la responsabilité morale et juridique sur les épaules de la communauté mondiale.
Médecins Sans Frontières enfonce le clou depuis Genève. Son secrétaire général Christopher Lockyear a confirmé lundi que l’organisation n’a pu faire parvenir aucune aide ni aucun matériel médical à Ghaza depuis le début de l’année 2026 — et ce, en dépit du cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre dernier. Une situation que M. Lockyear qualifie de « catastrophique », soulignant que les besoins humanitaires sont « immenses » et que la réponse internationale doit être « considérablement renforcée », non réduite. Plus de 18.000 personnes, dont 4.000 enfants, attendent une évacuation médicale. Les conditions hivernales, combinées à l’effondrement quasi total des infrastructures d’hébergement, ont encore alourdi le fardeau : les maladies infectieuses, respiratoires et cutanées prolifèrent dans une enclave ravagée. « Malgré l’accord de cessez-le-feu, les agressions sionistes se poursuivent à Ghaza, faisant encore des martyrs », a déploré le responsable de MSF.
Les chiffres, eux, parlent d’une guerre qui n’a pas cessé. Selon les autorités sanitaires palestiniennes, le bilan de l’agression génocidaire sioniste s’alourdit désormais à 72.063 martyrs et 171.726 blessés depuis le 7 octobre 2023, en majorité des femmes et des enfants. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, 603 Palestiniens supplémentaires sont tombés en martyrs, 1.618 autres ont été blessés et les corps de 726 martyrs ont été récupérés des décombres. Des décombres auxquels s’ajoutent désormais une couche de poussière : le commissaire général de l’UNRWA, Philippe Lazzarini, a alerté dimanche sur les tempêtes de sable qui frappent Ghaza depuis plusieurs jours, « obscurcissant le ciel et recouvrant les camps de tentes de poussière », aggravant les maladies respiratoires dans un territoire où le système de santé s’est « presque totalement effondré ». « Il est temps de lever les restrictions », a-t-il conclu.
Cisjordanie : l’annexion avance, le monde proteste
Sur l’autre front de la dépossession, la Cisjordanie occupée vit une semaine de bascule. Le gouvernement sioniste a approuvé dimanche une proposition portée par les ministres Bezalel Smotrich, Yariv Levin et Israel Katz visant à enregistrer des terres palestiniennes comme « propriété de l’État » — une première formelle dans les territoires sous contrôle sioniste depuis des décennies. La mesure comprend la réouverture de procédures cadastrales gelées et l’annulation d’anciennes législations jordaniennes. Les Palestiniens y voient, à raison, un prélude à l’annexion formelle. Le Parlement arabe a condamné avec fermeté cette décision, la qualifiant de « déclaration explicite du début de la mise en œuvre du plan d’annexion de facto des terres palestiniennes ». Son président Mohammed Al-Yamahi a rappelé que cette mesure viole frontalement la résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’ONU et l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice sur l’illégalité de l’occupation. De son côté, l’Union européenne a appelé lundi l’entité sioniste à « revenir sur cette décision », son porte-parole Anouar El Anouni soulignant qu’elle « compromet la viabilité de la solution à deux États ».
L’entités sioniste menace
Pendant ce temps, Tel-Aviv déroule sa feuille de route de pression. Le secrétaire du cabinet israélien Yossi Fuchs a annoncé lundi qu’un délai de 60 jours serait accordé au mouvement de résistance paesltinien Hamas pour déposer les armes — y compris les armes individuelles —, sous peine d’un retour à la guerre. Une exigence présentée comme issue d’une demande de l’administration Trump, dont le Conseil de la Paix doit se réunir jeudi à Washington. Aucune date de début du compte à rebours n’a été précisée. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a, lui, réaffirmé son opposition à toute reconstruction de Ghaza avant désarmement complet. Hamas n’a pas réagi dans l’immédiat. Cependant, cette exigence signfie priver les Palestiniens de tout moyen de résistance face à une occupation qui ne montre aucune intention de renoncer à ces plans d’expansion coloniale.
Lyes S.

