4 concerts prévus à Alger, Oran et Constantine : Une mini-tournée de Marcel Khalifé en Algérie
La billetterie vient d’ouvrir. Marcel Khalifé, le poète-musicien libanais dont la voix a traversé les guerres et les exils du monde arabe, s’apprête à fouler les scènes algériennes en ce Ramadan 2026, accompagné de ses fils Rami et Sari. Trois villes, quatre soirées, une seule promesse : celle d’un rendez-vous avec une œuvre qui appartient désormais au patrimoine vivant de toute une civilisation.
C’est à l’Opéra d’Alger Boualem Bessaïh que cette mini-tournée se lancée. Les 28 février et 1er mars 2026, à partir de 22 heures, la grande salle de la capitale accueillera l’artiste libanais pour deux concerts exceptionnels dont les billets sont disponibles exclusivement sur la plateforme de réservation en ligne de l’opéra (booking.operaalger.dz/fr). Rares sont les événements qui suscitent une telle attente dans le monde culturel algérien, et la direction de l’Opéra ne cache pas l’ampleur de l’événement en ouvrant la billetterie bien en amont d’une date qui s’annonce déjà sold-out.
Marcel Khalifé, c’est d’abord une voix. Une voix qui porte en elle cinquante ans de résistance douce, de lyrisme engagé, de mélodies qui ont bercé plusieurs générations arabes depuis les années 70. Né à Amchit au Liban en 1950, oudiste virtuose formé au Conservatoire national de Beyrouth, il a construit son œuvre à la croisée de la musique arabe classique et d’une poésie engagée dont Mahmoud Darwich fut le plus illustre pourvoyeur. Des titres comme Rita w-al-Bundaqiyya ou Oumi sont devenus des hymnes transgénérationnels, chantés de dans tout le monde arabe, fredonné dans les cafés du Caire comme dans les camps de réfugiés. Sa présence sur scène aux côtés de ses fils Rami et Sari — tous deux musiciens accomplis ayant suivi la voie paternelle avec leurs propres empreintes — transforme chaque concert en une conversation intime entre passé et présent, entre héritage et renouvellement.
La tournée algérienne ne s’arrête pas à la capitale. Dans le cadre du programme « Nuits du Ramadan » organisé par l’Office national de la culture et de l’information sous l’égide du ministère de la Culture et des Arts, Marcel Khalifé se produira également à la Salle El-Maghreb d’Oran le 4 mars, puis à la Salle Ahmed Bey de Constantine le 6 mars. Deux villes, deux temples de la musique, deux publics qui n’auront qu’à se rendre sur le site www.onci.dz pour y trouver les informations relatives à la billetterie. Oran, ville du raï et des nuits marinières, et Constantine, capitale de la musique malouf et de la chanson de l’Est algérien, offriront chacune un écrin particulier à cet artiste dont l’œuvre dialogue avec toutes les sensibilités musicales du Maghreb.
Un Ramadan en musique à l’Opéra d’Alger
Si Marcel Khalifé constitue la tête d’affiche incontestable de ce Ramadan culturel, l’Opéra Boualem Bessaïh a conçu autour de cet événement une programmation d’une générosité remarquable, offrant chaque soir de la semaine une plongée dans les différentes facettes du patrimoine musical algérien.
Le 26 février, le chanteur Hamidou ouvre le bal des soirées ramadanesques avec un hommage au hawzi, ce genre musical andalou-algérien empreint de raffinement et de mélancolie heureuse. Le lendemain, le 27 février, c’est Rabah Asma qui prend possession de la scène pour une soirée dédiée au patrimoine amazigh et aux plus belles chansons kabyles. Le 3 mars, les amateurs de malouf auront le plaisir d’entendre réunis sur une même scène Salim Fergani, Moubarak Dahhla et Kamel Benani, trois figures emblématiques de la musique de l’Est algérien, dans un programme qui promet d’être aussi savant qu’émouvant.
Le 4 mars, place à la chanson algéroise avec Mohamed Yacine, Lamia et Nardjes, trois interprètes de la tradition haouzie et de la chanson de la Casbah. Le 5 mars, l’Opéra célèbre le chaabi chaoui et le raï à travers une soirée réunissant Houari Benchennet, la Chaba Yamina et Asmahan Manasri, jeune lauréate du concours Alhan wa Chabab. Le 6 mars, place à la jeunesse avec Mok Saïb, la star de la scène urbaine algérienne, dans un concert qui s’annonce festif et décomplexé. Le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Samir Toumi rendra hommage à la chanson algéroise dans toute sa splendeur. Enfin, le 9 mars, le malouf et le patrimoine andalou seront à l’honneur avec Abdelkader Chaou et Meriem Ben Allal.
L’Opéra d’Alger a par ailleurs tenu à préciser ses tarifs solidaires pour ces soirées : les personnes en situation de handicap bénéficient d’une réduction de 50 % sur présentation de leur carte d’invalidité, tandis que les familles acquérant quatre billets profitent d’une réduction de 25 %, soit une place offerte pour trois achetées — un avantage disponible uniquement aux guichets de l’Opéra. Les enfants de moins de cinq ans ne sont pas admis dans la salle. Toutes les réservations s’effectuent sur booking.operaalger.dz/fr, les places étant en nombre limité.
Mohand Seghir

