Culture du maïs en grain : Un programme ambitieux lancé
En visite de travail mardi à Timimoun, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a officiellement confirmé l’engagement de l’Algérie dans un programme ambitieux de culture du maïs en grain, appelant à étendre les superficies cultivées et à mobiliser tous les moyens nécessaires pour garantir une récolte dans les meilleures conditions. Devant les professionnels du secteur réunis au niveau de l’exploitation agricole Afrane-1, dans la commune de Metarfa, le ministre a d’abord pris le temps d’écouter. Un exposé détaillé sur la situation du secteur agricole dans la wilaya lui a été présenté, avant qu’il ne recueille les préoccupations des exploitants, notamment leurs attentes en matière de soutien et d’extension des superficies agricoles. Un exercice d’écoute que le ministre a prolongé sur le terrain, en suivant de près la campagne de récolte du maïs en grain et les opérations d’emblavement au périmètre Afrane-2, dans la commune d’Ougrout. C’est dans ce cadre qu’Oualid a tenu à réaffirmer la volonté des pouvoirs publics d’accompagner les investisseurs agricoles. Il a salué «l’appui et les mesures incitatives préconisées» pour stimuler le secteur, insistant sur le fait que ces orientations s’inscrivent dans une vision portée par les plus hautes instances de l’État, celle d’«assurer la sécurité alimentaire du pays». Une ambition qui n’est pas nouvelle dans le discours officiel, mais qui prend une résonance particulière dans une région où les potentialités agricoles, longtemps sous-exploitées, commencent à s’affirmer. Sur le plan opérationnel, le ministre n’est pas resté dans les généralités. Il a donné des instructions précises pour «accroître les superficies cultivées» et «mobiliser les moyens nécessaires pour garantir la récolte dans les meilleures conditions», en ciblant notamment les contraintes logistiques qui freinent encore la filière. La disponibilité des moissonneuses et des séchoirs figure parmi les points névralgiques identifiés. «Il est indispensable de prendre les dispositions nécessaires et de fournir suffisamment de matériels agricoles de récolte à la prochaine saison», a-t-il exigé, ajoutant qu’il fallait également «faciliter le transport des récoltes vers l’Office national des aliments de bétail», maillon essentiel de la chaîne de valorisation du maïs grain.
Sur le plan technique, le ministre a insisté sur la nécessité de respecter scrupuleusement l’itinéraire technique pour améliorer les rendements. Il a mis en avant «l’importance du recours aux technologies modernes et aux solutions innovantes dans la résolution des problèmes rencontrés par les agriculteurs», une manière d’appeler à une modernisation des pratiques culturales dans un secteur encore trop souvent en retard sur les outils disponibles.
La visite s’est conclue par un état des lieux des infrastructures de stockage, volet crucial de la filière. Timimoun a récemment réceptionné neuf structures de proximité de stockage intermédiaire, d’une capacité globale de 450 000 quintaux. Ces installations, qui entreront en service dès la prochaine saison pour accueillir les récoltes, représentent un investissement stratégique pour sécuriser la production locale et réduire les pertes post-récolte, un problème récurrent dans les zones éloignées des grands centres de collecte.
Au-delà du déplacement symbolique, la visite du ministre Oualid à Timimoun traduit une priorité gouvernementale clairement assumée : faire du maïs en grain un pilier de la production agricole nationale, en s’appuyant sur le potentiel des régions sahariennes, dont les terres irriguées offrent des perspectives de rendement significatives. Un pari sur l’avenir, à condition que les moyens suivent les ambitions.
Amar Malki

