Poursuite de l’agression sioniste à Ghaza : L’ONU tire la sonnette d’alarme
Pendant que le monde détourne le regard, Ghaza brûle. Pas seulement sous les bombes de l’entité sioniste, mais aussi dans les camps de déplacés où des familles palestiniennes, entassées dans des abris de fortune, vivent désormais sous la menace permanente des incendies. Ce vendredi, les humanitaires des Nations unies ont élevé la voix pour dénoncer une catastrophe dans la catastrophe, tandis que le cessez-le-feu, obtenu au prix d’un martyre de deux ans, continue d’être violé par les forces d’occupation. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, l’OCHA, a tiré la sonnette d’alarme avec une acuité rare. Dans ces camps où s’entassent des familles chassées de leurs foyers par l’agression génocidaire sioniste, la vie quotidienne est devenue un défi à la survie. On y cuisine, on y dort, on y stocke ses quelques biens rescapés dans des espaces si exigus que la moindre flamme peut tout ravager. Depuis novembre 2025, les partenaires humanitaires de l’ONU ont recensé au moins douze incendies dans ces abris précaires. Au cours des dix seuls jours précédant le 17 février, 85 familles à Deir al-Balah et Khan Younes ont dû être secourues après que leurs abris avaient été détruits par le feu. Derrière ces chiffres froids, des femmes, des enfants, des vieillards qui avaient déjà tout perdu et qui perdent, une nouvelle fois, le peu qui leur restait.
L’OCHA l’affirme sans ambages : les familles déplacées ont besoin d’abris adéquats, non seulement pour se protéger des intempéries, mais pour conserver une dignité élémentaire et une intimité que l’occupation leur a méthodiquement arrachée. Depuis de longs mois, les organisations humanitaires réclament à l’occupant sioniste l’autorisation d’acheminer des matériaux de construction durables vers la bande de Ghaza. L’occupant refuse, ou diffère, ou conditionne — manière comme une autre de prolonger le supplice d’un peuple que l’on prétend ne plus bombarder.
Car le cessez-le-feu, entré en vigueur le 11 octobre dernier après deux années d’une guerre que l’UNRWA qualifie sans détour de génocidaire, demeure ce que l’Office de secours des Nations unies pour les réfugiés de Palestine décrit sobrement comme « fragile ». L’agence onusienne, qui n’a pas l’habitude des formules vaines, a publié samedi une mise en garde sur ses réseaux sociaux : la poursuite des violences, les déplacements de population et les restrictions sionistes à l’accès humanitaire entravent la fourniture de l’aide essentielle. Un cessez-le-feu véritable et durable, a-t-elle martelé, est urgemment nécessaire. Le mot « urgemment » résonne comme un cri dans le silence assourdissant de la communauté internationale. Ce même samedi, la réalité de terrain venait confirmer les craintes de l’UNRWA. Trois Palestiniens ont été blessés par des tirs de l’armée d’occupation sioniste à l’est de la ville de Ghaza, selon l’agence Wafa. Les forces sionistes ont ouvert le feu sur des civils au bout de la rue Omar al-Mokhtar, pendant que des avions de combat lançaient une frappe aérienne sur Bani Suheila, à l’est de Khan Younes. Des véhicules militaires sionistes ont également tiré en direction des zones orientales du nord de Ghaza. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le bilan des violations sionistes s’établit déjà à 612 martyrs et 1 640 blessés, tandis que 726 corps ont été récupérés des décombres. Le bilan global de l’agression génocidaire sioniste contre la bande de Ghaza, depuis le 7 octobre 2023, a franchi ce samedi le seuil des 72 070 martyrs et 171 738 blessés, selon les autorités sanitaires palestiniennes. Une majorité de femmes et d’enfants, précise-t-on — comme si l’horreur avait besoin d’être graduée. De nombreuses victimes se trouvent encore sous les décombres, inaccessibles, dans l’attente d’une aide que les restrictions sionistes continuent de bloquer.
Au-delà de Ghaza, la violence coloniale sioniste s’exprime également en Cisjordanie occupée. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a condamné l’assassinat de Nasrallah Abu Siam, jeune Palestinien de 19 ans, battu et abattu par des colons sionistes dans le village de Mikhmas, à l’est d’El-Qods occupée. Son porte-parole Stéphane Dujarric a exigé une enquête « rapide, approfondie et transparente » et demandé que les auteurs du meurtre soient tenus pour responsables. Guterres a également exhorté l’entité sioniste à prendre des mesures concrètes pour mettre fin aux actes de violence des colons, conformément à ses obligations en tant que puissance occupante — des obligations qu’elle piétine depuis des décennies sous le regard complaisant des capitales occidentales.
À El-Qods précisément, la Campagne internationale contre l’occupation tire également la sonnette d’alarme. Son secrétaire général, Ramzi Odeh, a déclaré vendredi que la situation à la mosquée Al-Aqsa est « particulièrement grave ». L’interdiction faite aux fidèles d’y accéder les vendredis du mois de Ramadhan, les barrages militaires de Qalandiya, les points de contrôle de Beit Lehm qui bloquent principalement des personnes âgées faute de permis désormais indisponibles — tout cela s’inscrit, selon lui, dans une politique délibérée de judaïsation du premier lieu saint de l’islam. Montrer la mosquée vide pour mieux légitimer sa confiscation : telle serait la logique implacable d’une occupation qui avance masquée derrière le prétexte sécuritaire, en violation flagrante des conventions internationales, y compris la Convention de Genève relative aux territoires occupés.
Ghaza brûle, saigne, et attend. L’ONU alerte, condamne, exige. Pendant ce temps, l’entité sioniste continue, méthodique, de décimer un peuple, d’effacer une présence, d’éteindre une mémoire.
L.S.

