Économie

Agriculture saharienne : Un vaste chantier de mécanisation agricole lancé

Le ministre de l’Agriculture Yacine El-Mahdi Oualid a effectué, samedi, à El-Meniaa. Cette wilaya du Grand Sud, dotée de sols fertiles et d’une eau souterraine de qualité, incarne précisément le pari que tente de relever l’État algérien : transformer les étendues sahariennes en greniers capables de réduire une facture d’importation alimentaire. C’est dans ce contexte que le ministre a annoncé un programme global de mise à niveau et de modernisation du parc de mécanisation agricole national.

Au cœur du dispositif, la modernisation des équipements apparaît comme la priorité immédiate. Oualid a affirmé que le secteur « s’attèle à la concrétisation d’un programme global de mise à niveau et de modernisation du matériel agricole, notamment les équipements d’irrigation, de semis et de moisson, pour de meilleurs rendements agricoles ». Une ambition qui ne se limite pas au renouvellement du parc matériel, mais qui s’accompagne d’une innovation organisationnelle inédite : la création de coopératives spécialisées dans la gestion de la mécanisation et la maintenance régulière du matériel. Ce modèle coopératif, encore peu développé dans le secteur agricole algérien, vise à mutualiser les ressources et à éviter l’écueil classique des équipements sous-utilisés ou mal entretenus qui grèvent depuis des années la productivité des exploitations. L’objectif chiffré avancé par le ministre est ambitieux : atteindre un rendement moyen général de plus de 30 quintaux à l’hectare dans les différentes cultures stratégiques. Un cap qui suppose, selon Oualid, une combinaison de techniques modernes, d’une amélioration de la qualité des semences et d’un accompagnement technique renforcé sur le terrain. A El-Meniaa même, les résultats obtenus dans certaines exploitations donnent à croire que l’objectif n’est pas hors de portée : le ministre a mentionné des exploitations ayant enregistré des rendements « dépassant les 100 quintaux à l’hectare dans la culture du maïs en grain », des performances qui font figure de référence et que le ministère entend désormais ériger en modèle réplicable.

Pour sécuriser ces rendements et éviter les pertes post-récolte, le ministre a annoncé la mobilisation des moissonneuses nécessaires et la mise en place de séchoirs au niveau des centres de collecte des cultures céréalières et fourragères. Un séchoir central est également prévu dans la wilaya d’El-Meniaa, une infrastructure stratégique qui permettra la moisson précoce du maïs en grain tout en garantissant la préservation de sa qualité. La chaîne logistique post-récolte, souvent négligée dans les politiques agricoles passées, semble ainsi intégrée cette fois à la réflexion d’ensemble.

Sur le terrain, les agriculteurs ont profité de la visite ministérielle pour faire remonter leurs préoccupations concrètes : raccordement au réseau électrique, ouverture de pistes d’accès, disponibilité des semences de blé dur, renforcement de la mécanisation. Des doléances que le ministre a dit connaître, soulignant au passage que la wilaya avait déjà enregistré « des avancées notables en matière de projets d’électrification et de pistes agricoles ». Il a appelé à la « conjugaison des efforts et à l’adhésion à la stratégie nationale », tout en rappelant que les conditions naturelles d’El-Meniaa — fertilité des sols et qualité de l’eau — constituaient un avantage comparatif réel que l’Algérie ne pouvait se permettre de laisser inexploité.

Inscrite dans le cadre des orientations présidentielles, cette démarche vise in fine l’autosuffisance alimentaire et la réduction des importations. Un objectif structurel dont El-Meniaa, avec ses potentialités agricoles souterraines, pourrait devenir l’un des symboles les plus visibles.

S.A.

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