Plus de 10 000 pièces romaines saisies : Un trésor antique arraché aux trafiquants
Une opération menée conjointement par la gendarmerie nationale et les services du ministère de la Culture vient de livrer l’une des découvertes archéologiques les plus spectaculaires de ces dernières années. Quelque 10 200 pièces de monnaie en bronze, datant vraisemblablement du IVᵉ siècle après Jésus-Christ, ont été découvertes et saisies avant de disparaître dans les circuits opaques du trafic illicite d’antiquités. Le communiqué officiel du ministère de la Culture et des Arts précise que la trouvaille comprend également « trois autres biens culturels qui font encore l’objet d’études et d’identification scientifique ». Une réserve de rigueur qui témoigne du sérieux avec lequel les autorités entendent traiter ce dossier, avant toute communication définitive sur la nature exacte de ces objets.
C’est la brigade de recherches de la gendarmerie nationale de la wilaya d’Aïn Defla qui est à l’origine de cette saisie. La ministre de la Culture et des Arts leur a adressé, dans la foulée, « ses vifs remerciements et sa haute considération », saluant selon les termes du communiqué « le professionnalisme élevé et la disponibilité permanente » dont les éléments de cette unité ont fait preuve, ainsi que « le rôle pivot » qu’ils jouent dans la protection du patrimoine culturel national.
L’opération s’inscrit dans un cadre plus large. Depuis plusieurs années, l’Algérie intensifie sa lutte contre le pillage de sites archéologiques et le commerce clandestin d’antiquités, fléaux qui menacent un patrimoine parmi les plus riches du bassin méditerranéen. Le pays recèle des milliers de vestiges de la période romaine — époque à laquelle l’actuel territoire algérien constituait une province prospère de l’Empire, connue sous le nom de Maurétanie Césarienne et de Numidie.
Le ministère réaffirme dans son communiqué « son engagement constant à poursuivre ses efforts visant à préserver et valoriser le patrimoine culturel national », tout en annonçant le renforcement « des mécanismes de coordination et de coopération avec les différentes institutions sécuritaires », dans le but de « servir l’intérêt supérieur du pays et de préserver la mémoire nationale pour les générations futures ». 10.000 pièces romaines, c’est bien plus qu’un butin saisi : c’est un fragment de civilisation qui retrouve, provisoirement du moins, la lumière.
M.S.

