Négociations sur le nucléaire iranien : Téhéran se montre optimiste
Le dossier nucléaire iranien occupe à nouveau le devant de la scène diplomatique internationale. Jeudi, le président Massoud Pezeshkian a réaffirmé la position constante de Téhéran concernant son programme nucléaire. Citant une fatwa du guide suprême Ali Khamenei, il a déclaré que l’Iran n’a aucune intention de se doter d’armes nucléaires. Cette déclaration intervient au moment où la troisième session de pourparlers indirects entre l’Iran et les États-Unis se tenait à Genève, dans la résidence de l’ambassadeur d’Oman, pays qui joue le rôle de médiateur dans ce dialogue sensible. Ces négociations s’inscrivent dans un contexte particulièrement tendu. Après une interruption consécutive aux hostilités de juin dernier, durant lesquelles des installations nucléaires iraniennes ont été bombardées, les discussions ont repris début février à Oman avant de se poursuivre en Suisse. L’administration du président américain Donald Trump a fixé un ultimatum de dix à quinze jours, évoquant le recours à la force en cas d’échec diplomatique. Washington a déployé une présence militaire considérable au Moyen-Orient, avec treize navires de guerre dont deux porte-avions, illustrant la gravité de la situation.
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, qui conduit les négociations pour Téhéran, s’est montré relativement optimiste en évoquant de « très bons progrès » à l’issue de la rencontre de jeudi. Il a annoncé qu’une nouvelle session de pourparlers pourrait avoir lieu dans moins d’une semaine, après des discussions techniques prévues lundi à Vienne avec la participation d’experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Le ministre omanais des Affaires étrangères Badr al-Busaidi a également fait état de « progrès significatifs », saluant l’ouverture des négociateurs à des « idées nouvelles et créatives ».
Toutefois, des divergences importantes subsistent entre les deux parties. Washington réclame l’arrêt complet de l’enrichissement d’uranium par l’Iran, une exigence que Téhéran considère comme inacceptable, invoquant son droit au nucléaire civil garanti par le Traité de non-prolifération dont il est signataire. Vendredi, Abbas Araghchi a appelé les États-Unis à éviter « toute exigence excessive » et à faire preuve de « réalisme » pour parvenir à un accord. Selon certaines informations, Washington demanderait le démantèlement complet de trois sites nucléaires majeurs et la remise de l’ensemble des stocks d’uranium enrichi du pays.
Au-delà du nucléaire, un autre point de friction complique les négociations : le programme de missiles balistiques iranien. L’administration Trump souhaite inclure cette question dans tout accord éventuel, ce que Téhéran rejette catégoriquement, affirmant que seul le dossier nucléaire doit être discuté. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré mercredi que le refus iranien d’aborder ce sujet constituait « un très gros problème ».
R.I.

