Sahara occidental : L’autodétermination, seule voie vers une paix juste et durable
Cinquante ans après la proclamation historique de la République arabe sahraouie démocratique du 27 février 1976, le message reste inchangé. Dans son discours adressé au peuple sahraoui, le président Brahim Ghali, secrétaire général du Front Polisario, a martelé une conviction profonde : l’exercice du droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance constitue l’unique solution pour instaurer une paix juste et durable. Cette déclaration intervient dans un contexte diplomatique renouvelé, marqué par l’adoption en octobre dernier de la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies sur le Sahara occidental. Le chef d’État sahraoui a dressé un bilan de cinq décennies de résistance, de résilience et de construction institutionnelle menées dans des conditions d’occupation et d’exil. Il a rappelé que les efforts actuels, menés sous l’égide des Nations unies, visent à parvenir à une solution équitable, définitive et acceptable pour les deux parties, permettant au peuple sahraoui d’exercer librement son droit à choisir son avenir de manière démocratique et transparente. Pour Brahim Ghali, toute autre approche est vouée à l’échec. Les politiques de solutions imposées, d’occupation illégitime, d’acquisition de territoires par la force et de modification des frontières ont démontré leur inefficacité et leur rôle néfaste dans l’entrave au développement et à la coopération régionale. Le président sahraoui a replacé la proclamation de la République dans son contexte historique, la qualifiant de réponse rapide, appropriée et décisive à une conspiration coloniale orchestrée par l’Espagne, puissance administrante du Sahara occidental. Madrid avait tenté de se dérober à ses responsabilités légales envers son ancienne colonie en concluant un accord contraire à la légalité internationale, ouvrant la voie à une nouvelle occupation du territoire national sahraoui et à la négation du droit à l’existence et à l’autodétermination de son peuple.
Sur le plan de l’édification nationale, le président Ghali a mis en exergue les acquis réalisés par l’État sahraoui durant ces cinq décennies. La République a établi des institutions exécutives, législatives et judiciaires fonctionnelles, développé ses systèmes de défense et de sécurité, et enregistré des progrès notables dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de l’administration, tout en accordant une attention particulière aux femmes et aux jeunes. Sur la scène internationale, la République sahraouie a consolidé sa présence continentale et mondiale en tant que membre fondateur de l’Union africaine, dotée de représentations diplomatiques sur plusieurs continents. Le chef d’État a réitéré la disposition de son pays à établir des relations fondées sur le respect mutuel et le bon voisinage avec tous les États du monde. Brahim Ghali a également renouvelé son appel à la communauté internationale pour qu’elle assume ses responsabilités dans l’achèvement du processus de décolonisation du Sahara occidental. Il a averti que l’imposition de solutions unilatérales ne ferait qu’approfondir les tensions dans la région, mettant en péril la stabilité et les aspirations des peuples de la zone au développement et à l’intégration.
L’ambassadeur de la République sahraouie à Alger, Khatri Addouh, a quant à lui souligné lors d’une conférence organisée à l’Institut national d’études de stratégie globale que cette proclamation représentait l’aboutissement d’un processus historique, juridique et de lutte, fondé sur le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination après le retrait de l’administration espagnole. Le diplomate a rappelé les fondements juridiques de la cause sahraouie, notamment l’inscription de la question du Sahara occidental depuis 1963 sur la liste des territoires à décoloniser auprès de l’ONU, ainsi que l’avis consultatif de la Cour internationale de justice du 16 octobre 1975, qui a confirmé l’absence de liens de souveraineté territoriale entre le Maroc et le Sahara occidental. Le directeur général de l’Institut national d’études de stratégie globale, Abdelaziz Medjahed, a souligné que la cause sahraouie a enregistré au cours des dernières décennies des victoires sur les plans politique, militaire, médiatique et juridique. Il a estimé que l’étape actuelle exige un renforcement de la conscience collective en exposant les vérités historiques et en rappelant la légitimité de la cause sahraouie.
L.S.

