Attaque américano-israélienne contre l’Iran : L’escalade !
Les États-Unis et l’entité sioniste ont lancé samedi une nouvelle agression conjointe et ont frappé plusieurs villes iraniennes dont Téhéran, Ispahan et Tabriz, provoquant une riposte immédiate de Téhéran qui a ciblé des bases américaines dans le Golfe et des installations israéliennes. Cette attaque unilatérale contre un État souverain, survenue alors même que les négociations sur le nucléaire entre Washington et Téhéran se poursuivaient, plonge l’ensemble du Moyen-Orient dans une spirale d’escalade aux conséquences imprévisibles, tant sur le plan sécuritaire que sur l’économie mondiale.
L’ampleur de l’agression ne laisse aucune place à l’ambiguïté quant à ses objectifs. Le président américain Donald Trump a annoncé le lancement de « grandes opérations de combat » contre l’Iran, affirmant vouloir détruire les capacités balistiques iraniennes et mettre fin au programme nucléaire du pays. Or, cette rhétorique masque un double calcul politique parfaitement lisible. Du côté israélien, l’offensive vise manifestement à torpiller les négociations sur le nucléaire iranien qui, si elles avaient abouti, auraient privé Tel-Aviv de son principal argument pour maintenir la pression internationale sur Téhéran. En sabotant la voie diplomatique par le recours à la force brute, l’entité sioniste cherche à imposer un fait accompli et à rendre impossible tout retour à la table des négociations dans des conditions acceptables pour l’Iran de même qu’elle cherche désespérément à entrainer les Etats-Unis dans une guerre contre l’Iran. Du côté américain, l’administration Trump poursuit un objectif plus ambitieux encore : celui d’un changement de régime à Téhéran, en accentuant la pression militaire dans l’espoir d’une capitulation du pouvoir iranien. Les cibles choisies révèlent cette intention : selon les médias américains eux-mêmes, les frappes ont visé le Parlement iranien, le ministère du Renseignement et l’Agence de l’énergie atomique, autant d’institutions qui incarnent la souveraineté et l’architecture politique de la République islamique.
Les frappes, menées par voies aérienne et navale, ont secoué le centre de Téhéran, où des missiles ont touché la rue de l’Université et le quartier Jomhouri. Des colonnes de fumée se sont élevées au-dessus de la capitale et de plusieurs provinces. L’espace aérien iranien a été fermé, les services de téléphonie mobile coupés dans certaines zones, et l’aéroport de Mehrabad aurait également été touché. Le Guide suprême Ali Khamenei a été transféré dans un lieu sûr hors de Téhéran. Mais c’est le bilan humain qui illustre le plus crûment la violence de cette agression : dans la province méridionale de Hormozgan, une frappe a directement ciblé l’école primaire de filles Shajarat al-Tayyiba, dans la ville de Minab, tuant quarante élèves selon la télévision d’État iranienne et le gouverneur du district, Mohammad Radmehr. Ce massacre d’enfants, dont le bilan n’a cessé de s’alourdir au fil des heures, passant de cinq à vingt-quatre puis à quarante victimes, témoigne de la brutalité indiscriminée de cette agression contre un pays souverain.
L’Iran riposte
La réponse de Téhéran n’a pas tardé, balayant du même coup l’hypothèse d’une capitulation sur laquelle semblait parier l’administration Trump. Le Corps des Gardiens de la Révolution islamique a annoncé le lancement d’« une vaste vague » d’attaques de missiles et de drones contre l’entité sionsite, ciblant des installations militaires et de sécurité au cœur des territoires occupés. Simultanément, les forces armées iraniennes ont frappé quatre bases militaires américaines dans la région : le quartier général de la Cinquième flotte de l’US Navy à Bahreïn, ainsi que des installations au Qatar, au Koweït et aux Émirats arabes unis. L’état d’urgence a été décrété en Israël, les sirènes ont retenti sur l’ensemble du territoire et la population a été dirigée vers les abris. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dénoncé une guerre « injustifiée, illégale et illégitime », ajoutant avec une formule cinglante que « Trump a transformé le America First en Israel First, ce qui signifie toujours America Last ». Il a assuré que les forces armées iraniennes « donneront aux agresseurs la leçon qu’ils méritent ». Le ministère de l’Intérieur iranien, tout en condamnant fermement l’agression, a mis en place un comité national de gestion des crises et placé l’ensemble des hôpitaux du pays en état d’alerte maximale. L’assistant exécutif du président Masoud Pezeshkian a pour sa part rassuré sur l’état de santé du chef de l’État.
L’onde de choc de cette confrontation dépasse largement le cadre bilatéral. Les explosions ont retenti jusqu’à Riyad, Dubaï et Bahreïn, où le ministère de l’Intérieur a activé les sirènes et ordonné à la population de se mettre à l’abri. Au Koweït, l’aviation civile a fermé l’espace aérien à tout trafic. Des débris de missiles interceptés sont tombés sur des quartiers de Dubaï. La Grande-Bretagne elle-même s’est trouvée entraînée dans la crise, le Premier ministre Keir Starmer annonçant le déploiement d’avions militaires au Moyen-Orient pour des « opérations défensives régionales coordonnées » et le renforcement des protections de ses bases et de son personnel au niveau le plus élevé. La contagion régionale du conflit est donc déjà une réalité. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial, se trouve au cœur de la zone d’affrontement. La province de Hormozgan, directement frappée, borde ce passage stratégique. Toute perturbation durable du trafic maritime dans cette artère vitale aurait des répercussions immédiates et considérables sur les marchés pétroliers et, par extension, sur l’ensemble de l’économie mondiale, déjà fragilisée. Les pays du Golfe, dont les infrastructures ont été touchées par les ripostes iraniennes, voient leur sécurité directement menacée par un conflit dans lequel ils n’ont pas choisi de s’engager.
Le pari d’une capitulation iranienne apparaît, à ce stade, singulièrement hasardeux. Loin de se soumettre, Téhéran a démontré sa capacité à projeter une puissance de feu significative sur un arc géographique étendu, d’Israël au Golfe persique. La rapidité et l’ampleur de la riposte iranienne suggèrent que le pays s’était préparé à cette éventualité. L’escalade, loin de briser la détermination iranienne, risque au contraire de souder la population autour de ses dirigeants face à ce qui est perçu comme une agression extérieure illégitime. Comme l’a souligné Keir Starmer lui-même, « il est vital de prévenir toute escalade supplémentaire et de revenir à un processus diplomatique ». Mais en sabotant précisément ce processus diplomatique par le recours unilatéral à la force, les États-Unis et l’entité sionisteont peut-être ouvert une boîte de Pandore qu’il sera extrêmement difficile de refermer.
Lyes Saïdi

