Économie

Selon le GECF : Les unités flottantes révolutionnent le marché du GNL

Le marché mondial du gaz naturel liquéfié s’apprête à vivre une transformation d’une ampleur inédite. Selon un récent rapport du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), pas moins de 235 millions de tonnes par an (Mtpa) de nouvelles capacités de liquéfaction entreront en service entre 2026 et 2030, s’ajoutant aux 551 Mtpa déjà existantes. Au cœur de cette révolution silencieuse, les unités flottantes de stockage et de regazéification – connues sous l’acronyme FSRU – s’imposent comme l’outil incontournable pour relier l’offre à la demande à travers le globe. Le constat dressé par le GECF est sans appel : la flotte mondiale de FSRU a atteint « un record de 50 unités opérationnelles début 2026, représentant une capacité combinée de regazéification de 197 Mtpa ». Ces infrastructures flottantes pèsent désormais environ 20 % de la capacité mondiale de regazéification, contre 80 % pour les terminaux terrestres traditionnels. L’essor est fulgurant. Entre 2021 et 2025, la capacité FSRU a bondi de 100 Mtpa, « doublant effectivement l’empreinte mondiale en une demi-décennie ». Cette accélération a été « largement catalysée par le virage urgent de l’Europe vers le GNL à la suite de la crise énergétique de 2022 ». L’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas ont mené la charge, mettant en ligne respectivement 13,2 Mtpa, 7,4 Mtpa et 6,7 Mtpa de capacités flottantes en un temps record. L’avantage compétitif des FSRU tient en un mot : l’agilité. Là où un terminal terrestre nécessite quatre à sept ans de construction et des investissements dépassant souvent le milliard de dollars, une FSRU peut être déployée en 12 à 24 mois pour un coût de 400 à 500 millions de dollars en construction neuve, voire 200 à 350 millions pour une conversion de méthanier existant. « En regroupant le stockage et la regazéification en un seul navire avec des exigences minimales à terre, les FSRU offrent un accès modulaire et rentable au marché », souligne le rapport. L’Allemagne en a fourni l’illustration la plus spectaculaire, certains projets ayant atteint le stade opérationnel en seulement sept mois. 24 pays exploitent aujourd’hui des terminaux FSRU, dont 17 dépendent exclusivement de cette technologie flottante pour leurs importations de GNL. Le Brésil, l’Égypte, la Turquie, l’Allemagne, le Pakistan et les Émirats arabes unis concentrent les plus grandes parts de capacité. En 2025, les importations de GNL via FSRU ont atteint 70 millions de tonnes, soit 17 % des importations mondiales. Le taux d’utilisation moyen de la flotte, à 35 %, reste toutefois inférieur à la moyenne mondiale de 41 %, ce qui reflète selon le GECF « le rôle des FSRU en tant qu’assurance stratégique, où la capacité est maintenue en réserve pour gérer la volatilité saisonnière ou les chocs d’approvisionnement soudains ».

Le rapport identifie cependant un goulet d’étranglement majeur : la pénurie de navires disponibles. « La plupart des 50 unités opérationnelles sont engagées dans des contrats d’affrètement à long terme jusqu’en 2030, ne laissant qu’un nombre négligeable de navires pour un redéploiement rapide. » Les carnets de commandes des chantiers navals sont pleins pour plusieurs années, portant les délais de livraison des constructions neuves à environ quatre ans. Malgré cette contrainte, le GECF voit dans les FSRU un formidable levier de développement pour les économies émergentes, en particulier en Afrique. « Dans les régions où la pauvreté énergétique demeure le principal obstacle à la croissance économique, les FSRU peuvent constituer une alternative vitale au capital prohibitif requis pour les infrastructures terrestres permanentes. »

Amar Malki

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