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675 projets d’investissement dans la filière plastique

La filière plastique et polymères s’impose comme l’un des leviers prioritaires de la stratégie de diversification économique nationale. Quelque 675 projets d’investissement, représentant une valeur déclarée de 138,7 milliards de dinars et la création potentielle de plus de 15 000 emplois directs, ont été enregistrés depuis le lancement de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) en novembre 2022. C’est le bilan présenté ce lundi à Alger, lors d’un atelier sectoriel organisé conjointement par l’AAPI et le Conseil du renouveau économique algérien (CREA).

Dans un contexte de pression croissante sur les équilibres extérieurs du pays, la filière plastique cristallise une ambition nationale : substituer les importations par une production locale à forte valeur ajoutée. La facture des importations de matières et produits plastiques s’est établie à 2,79 milliards de dollars en 2024, avant de grimper encore à 2,98 milliards de dollars en 2025 — une trajectoire haussière qui illustre l’ampleur de la dépendance à combler et la marge considérable qu’offre cette filière aux investisseurs nationaux et étrangers. C’est dans ce contexte que l’atelier de ce lundi, placé sous le thème « Renforcer la croissance économique par une orientation stratégique de l’investissement productif », a réuni des opérateurs économiques du secteur ainsi que des représentants de plusieurs ministères et organismes concernés. Omar Rekkache, directeur général de l’AAPI, a détaillé devant l’assistance une évolution qu’il qualifie de « trajectoire ascendante de l’intérêt des investisseurs pour cette filière ». Les chiffres donnent en effet le ton : 26 projets avaient été enregistrés sur les seuls mois de novembre et décembre 2022, suivis de 169 en 2023, puis 206 en 2024 et 239 en 2025. Rien que pour le mois de janvier 2026, 35 nouveaux projets ont été consignés. Sur les 675 projets recensés à fin février dernier, 383 correspondent à des créations ex nihilo et 292 à des extensions de capacités existantes. La dimension internationale de cette dynamique n’est pas négligeable : six investissements directs étrangers (IDE) ont été enregistrés, auxquels s’ajoutent 18 projets en partenariat avec des opérateurs locaux — signe que la filière commence à susciter un intérêt au-delà des frontières nationales. Omar Rekkache a tenu à souligner que ces données ne relèvent plus du seul registre statistique. « Ces chiffres ne sont plus de simples données statistiques, ils se sont concrétisés sur le terrain », a-t-il affirmé, précisant que 51 projets ont d’ores et déjà été réceptionnés et sont en phase d’exploitation, tandis que 242 autres ont déposé des états d’avancement attestant, selon les dispositions légales encadrant le suivi des investissements, de stades avancés de réalisation. Pour le directeur général de l’AAPI, ce constat « reflète un véritable dynamisme dans le processus de concrétisation des projets et confirme que la filière est passée du stade de l’enregistrement des investissements à celui de la mise en œuvre et de la production effective ».

Mais la question de la profondeur industrielle reste posée avec acuité. Omar Rekkache a insisté sur le fait que « le succès du développement de cette filière en Algérie est étroitement lié au taux d’intégration locale et à sa capacité à créer de la valeur ajoutée, et non pas seulement au volume de production ». Une nuance fondamentale dans une économie encore trop tributaire de ses recettes hydrocarbures et contrainte de construire une industrie de transformation compétitive sur le long terme.

De son côté, Kamel Moula, président du Conseil du renouveau économique algérien, a replacé la filière dans une perspective plus large. Pour lui, le secteur plastique et polymères « n’est pas un simple secteur industriel et technique, mais une base structurelle qui soutient de nombreux secteurs vitaux de l’économie nationale ». Il a également mis en avant les progrès accomplis par les entreprises algériennes, estimant qu’elles « ont réussi ces dernières années à développer une expertise notable et à acquérir des compétences techniques et des capacités productives significatives, permettant non seulement de répondre à une grande partie des besoins du marché national, mais aussi d’envisager une nouvelle étape axée sur le développement de l’innovation et l’élévation de la valeur ajoutée ».

Cette nouvelle étape est précisément l’objet de la méthodologie de travail adoptée conjointement par l’AAPI et le CREA. Kamel Moula a expliqué que les deux institutions ont convenu d’« étudier chaque spécialité professionnelle de façon spécifique afin de parvenir à des solutions pratiques et précises » — une approche sectorielle fine, à rebours des grandes déclarations génériques, destinée à renforcer la base industrielle nationale, réduire la dépendance aux importations, créer de la valeur ajoutée localement et « ouvrir de nouveaux horizons vers les marchés régionaux et internationaux ». Cet atelier sur la filière plastique est le premier d’une série de rencontres thématiques prévues dans le cadre de l’accord de partenariat signé entre l’AAPI et le CREA en mars 2023. Une deuxième session, consacrée cette fois à l’industrie pharmaceutique — autre filière stratégique sous les projecteurs de la politique industrielle algérienne — est d’ores et déjà programmée.

Sabrina Aziouez

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