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Gestion des clubs : Walid Sadi hausse le ton

« La rigueur dans la gestion des clubs n’est pas un choix, mais une nécessité absolue », a averti le président de la FAF à l’ouverture de la réunion du Bureau fédéral.

Réuni en session ordinaire samedi au Centre technique national de Sidi Moussa, le Bureau fédéral de la Fédération algérienne de football (FAF) a placé la gouvernance et la réforme des compétitions au cœur de ses travaux. Dans un contexte marqué par les difficultés financières récurrentes de plusieurs clubs et les rappels répétés de l’instance fédérale sur l’endettement et la maîtrise de la masse salariale, son président, Walid Sadi, a tenu un discours ferme appelant à la « transparence », à la « responsabilité » et à la « discipline budgétaire ». À l’occasion du mois de Ramadhan, Walid Sadi a d’abord adressé ses vœux « de piété, de santé, de sérénité et de prospérité à l’ensemble de la famille du football national ainsi qu’au peuple algérien », soulignant que ce mois « doit être porteur de solidarité, de fraternité et de réussite collective ». Mais au-delà du message symbolique, le président de la FAF a insisté sur l’urgence de réformes structurelles. « La rigueur en matière de bonne gouvernance des clubs et des ligues n’est pas un choix, mais une nécessité absolue qui conditionne directement l’avenir du football national », a-t-il martelé devant les membres du Bureau fédéral. Une déclaration qui intervient alors que la FAF a, à plusieurs reprises ces derniers mois, interpellé les clubs professionnels sur leurs pratiques de gestion, notamment face aux problèmes d’endettement et aux déséquilibres financiers persistants. L’instauration d’un plafond de masse salariale pour les joueurs s’inscrit d’ailleurs dans cette logique de rationalisation.

Pour Walid Sadi, « il incombe aux premiers responsables des différentes instances des clubs et des ligues d’assumer pleinement leurs responsabilités en veillant à une gestion saine, transparente et conforme aux règles en vigueur ». Il a détaillé les exigences attendues : « une maîtrise rigoureuse des dépenses, l’élimination de toute charge superflue, ainsi qu’un strict respect des procédures administratives, financières et réglementaires ». Selon lui, « seule une gouvernance exemplaire, fondée sur la responsabilité, la transparence et la discipline budgétaire, permettra de renforcer la confiance des partenaires et de préserver les intérêts des clubs ».

Le président de la FAF a également réaffirmé son engagement à « consolider davantage la gouvernance de la Fédération et de l’ensemble des structures du football », à travers « l’amélioration continue des procédures administratives, la clarification des organigrammes et le respect constant des principes de transparence, de responsabilité et de conformité réglementaire ». Il a enfin exprimé « la profonde gratitude » de la Fédération aux pouvoirs publics pour « leur accompagnement constant » dans la mise en œuvre des réformes.

Un nouveau système de compétition en chantier

Au-delà de la gouvernance, le Bureau fédéral a « débattu et approuvé » le projet de nouveau système de compétition, qui sera soumis à la prochaine Assemblée générale ordinaire prévue le 11 avril. Cette réforme, confiée à une commission ad hoc installée en juillet 2025 et présidée par le patron de la Ligue de football professionnel, vise à moderniser l’architecture des championnats nationaux. Le modèle proposé s’articule autour de six paliers : une Ligue 1 à 16 clubs, une Ligue 2 à 18 clubs, une Ligue 3 répartie en deux groupes de 18, une division régionale (Ligue 4) organisée par région avec 16 clubs, suivie des divisions Honneur et Pré-Honneur. Le projet prévoit également la création d’une nouvelle Ligue régionale à Tamanrasset et la réaffectation de certaines ligues de wilaya vers les ligues régionales. L’objectif affiché est de renforcer la cohérence pyramidale, d’améliorer la compétitivité et d’assurer une meilleure représentation territoriale.

La formation des jeunes au cœur de la stratégie

La réunion du Bureau fédéral a aussi accordé une large place au développement des jeunes catégories. Une « réflexion stratégique » est engagée afin « d’adapter et d’améliorer le système de compétition, de corriger les insuffisances du modèle actuel et de préparer les futures générations à l’excellence sportive », précise la FAF. Le Directeur technique national, Ali Moucer, a présenté un exposé portant notamment sur le développement du football scolaire, l’optimisation des compétitions nationales et l’amélioration des infrastructures. « Le modèle sportif de la FAF s’appuie sur l’amélioration des contenus pédagogiques, l’intensification des programmes de formation des cadres techniques, réformés en profondeur, ainsi que sur la détection et l’accompagnement des jeunes talents », souligne l’instance fédérale. Plusieurs rendez-vous nationaux sont d’ores et déjà programmés : tournois U11 à Alger, compétitions U13, U15 et U17 à Oran, ainsi qu’un festival national du football féminin U14 à Constantine. Autant d’initiatives qui traduisent la volonté d’asseoir une politique de formation structurée et cohérente. En combinant exigence de transparence financière, réforme des compétitions et investissement dans la formation, la FAF affiche une feuille de route ambitieuse. Reste désormais à transformer ces orientations en résultats concrets sur le terrain, condition indispensable pour redonner au football national stabilité et crédibilité durables.

Moncef Dahleb

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