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Annaba : Le transport public, un véritable casse-tête

À Annaba, le transport public est, en temps ordinaire, une gageure quotidienne pour des dizaines de milliers d’habitants. En période de Ramadhan, il vire au calvaire. Les premiers à en pâtir sont les résidents des nouveaux pôles urbains — nouvelle ville de Draâ Errich, Kalitoussa, El Kantra — qui, malgré des populations dépassant les 100 000 habitants, demeurent sous-desservis par des lignes irrégulières, insuffisantes, et pratiquement inexistantes après 17 heures. Distantes de 20 à 40 kilomètres du centre-ville d’Annaba, ces vastes zones à forte densité de population souffrent d’une offre de transport notoirement insuffisante au regard des besoins réels. Les dessertes existantes affichent des perturbations récurrentes, et leur arrêt en milieu d’après-midi plonge régulièrement les usagers dans une situation inextricable, que les transporteurs clandestins peinent eux-mêmes à pallier.

La situation empire sensiblement durant le mois sacré. Certains conducteurs de bus cessent leur activité dès 16 heures, provoquant une crise de transport qui touche de plein fouet des citoyens déjà tributaires de moyens de déplacement aléatoires. Une défaillance qui se répercute également sur les liaisons interurbaines et les dessertes au sein même du chef-lieu de wilaya. Pourtant, les appels au renforcement du transport public dans la wilaya ne datent pas d’hier. Des efforts ont bien été consentis : en l’espace d’une décennie, le nombre de bus assurant la liaison entre le chef-lieu et la nouvelle ville est passé de trois à plus de trente véhicules. Mais ces avancées restent insuffisantes et sont régulièrement compromises par l’inconstance des transporteurs privés — taxis et bus confondus — qui opèrent selon leur convenance, sans contrainte réelle.

Les usagers témoignent de trajets d’une heure trente à deux heures pour rejoindre le centre-ville, d’interminables attentes aux arrêts pour des bus qui ne se présentent pas, et de l’absence criante d’une station de taxis opérationnelle dans ces nouveaux quartiers. Autant de désagréments qui illustrent la profondeur d’une crise de mobilité urbaine que les mesures prises jusqu’ici par la Direction des Transports n’ont pas réussi à résoudre.

La problématique du transport dans les nouvelles zones urbaines d’Annaba soulève, au fond, une question de cohérence dans la politique d’aménagement du territoire : comment planifier de vastes ensembles résidentiels sans en assurer les conditions minimales de mobilité ? Une réflexion qui s’impose d’urgence, alors que le mois de Ramadhan ne fait que révéler, chaque année, les failles d’un système à bout de souffle.

Sofia Chahine

admin

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