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L’AAPI et la HATPLC signent en convention : Assainir le climat des affaires pour rassurer les agents économiques

L’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) et la Haute autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption (HATPLC) ont signé, jeudi, une convention de coopération destinée à ancrer les principes d’intégrité et de redevabilité dans l’écosystème de l’investissement, dans un contexte où l’amélioration du climat des affaires demeure un levier central de la politique de réformes économiques engagée par les pouvoirs publics.

Le document a été paraphé par le directeur général de l’AAPI, Omar Rekkache, et la présidente de la HATPLC, Salima Mousserati, en marge d’une journée d’information consacrée aux mécanismes de mise en œuvre de la Stratégie nationale de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption dans le domaine de l’investissement. L’événement a réuni des représentants d’institutions publiques, d’administrations et d’organisations patronales, signe que le sujet dépasse le cadre strictement institutionnel pour toucher directement l’ensemble des acteurs du tissu économique national. La convention engage les deux parties à mettre en place un cadre structuré de coordination en matière de transparence, d’intégrité et de prévention de la corruption, conformément aux normes de bonne gouvernance. Concrètement, elle prévoit l’échange d’expertises, le développement d’outils de suivi et d’évaluation, et l’accompagnement de l’AAPI par la HATPLC dans l’application des normes de conformité et des indicateurs d’évaluation. L’enjeu est de taille pour un pays qui cherche à diversifier son économie et à attirer davantage d’investissements productifs, nationaux comme étrangers, en rompant avec les pratiques opaques qui ont longtemps entaché la gestion du foncier industriel et le traitement administratif des projets.

Omar Rekkache a d’emblée inscrit cette démarche dans la philosophie des réformes en cours. « L’amélioration du climat d’investissement passe par l’ancrage de la culture de l’intégrité et la moralisation de la pratique administrative », a-t-il affirmé, soulignant que « la transparence dans les procédures, la clarté des critères et l’égalité de traitement entre les investisseurs constituent des éléments essentiels pour instaurer la confiance, renforcer la crédibilité de l’administration et améliorer le climat d’investissement ». Le directeur général de l’AAPI a rappelé que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a fait de l’assainissement du climat des affaires une priorité, matérialisée notamment par la création de la Haute commission nationale des recours liés à l’investissement et par l’adoption de la plateforme numérique de l’investisseur, conçue comme un mécanisme transparent de traitement des demandes de foncier économique, un domaine qui « constituait auparavant une source de spéculation », selon ses termes. Le responsable a également détaillé les outils numériques déployés par l’Agence pour garantir l’égalité des chances entre les porteurs de projets : bourse de partenariat, espace d’expression des intentions, espace de dépôt des requêtes et espace de signalement des infractions, autant de dispositifs accessibles via le site électronique de l’AAPI et destinés à donner la priorité aux projets les plus viables selon des critères objectifs. Omar Rekkache a par ailleurs annoncé le lancement de l’élaboration d’une charte de déontologie professionnelle, élaborée en coordination avec la HATPLC, qui s’adressera aux employés de l’Agence ainsi qu’aux représentants des administrations et organismes publics accrédités au niveau du guichet unique. Ce référentiel fixera les principes devant régir la relation entre l’administration et l’investisseur, de la probité dans l’exercice des missions à l’impartialité dans la prise de décision, en passant par la prévention des conflits d’intérêts et le respect des délais.

Ouvrir le débat sur les risques de gestion

De son côté, Salima Mousserati a insisté sur la portée stratégique de ce rapprochement institutionnel. Cette coopération permettra à l’AAPI de « jouer un rôle actif dans le renforcement des principes de transparence, de probité et de redevabilité dans l’écosystème de l’investissement, au service des objectifs de la Stratégie nationale de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption, adoptée officiellement en 2023, notamment ses axes en lien avec le secteur économique », a-t-elle expliqué. La présidente de la HATPLC a également ouvert un débat sensible en mettant en avant « la nécessité d’ouvrir le débat et de réfléchir sérieusement à la révision du système juridique relatif au traitement des erreurs de gestion, en vue de réaliser un équilibre entre la protection de l’argent public, l’encouragement de l’initiative et la responsabilité dans la prise de décision ». Une allusion directe au climat de frilosité qui paralyse encore nombre de gestionnaires publics, hantés par le risque pénal, et qui freine la concrétisation de projets d’investissement pourtant validés. La responsable plaide pour un cadre garantissant « la transparence, la redevabilité et un environnement juridique stable et encourageant l’investissement ».

Cette journée intervient alors que la HATPLC intensifie son activité sur le plan international. Salima Mousserati a présidé le même jour une réunion de la commission multisectorielle chargée du suivi de la participation algérienne aux conventions internationales anticorruption, en présence de représentants de plusieurs ministères et organes de contrôle, de l’Office central de répression de la corruption à la Direction générale des Douanes. La commission a évalué la participation de la délégation algérienne à la récente Conférence des États parties à la Convention des Nations unies contre la corruption tenue au Qatar, et approuvé la formation d’un groupe de travail restreint chargé de préparer la deuxième phase d’examen de la mise en œuvre de cette convention, prévue pour 2027. Un signal que l’Algérie entend aligner ses dispositifs internes sur ses engagements internationaux, à l’heure où la crédibilité du climat des affaires se mesure aussi à l’aune des standards mondiaux de gouvernance.

Malik Meziane

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