À la UneMonde

Les prix du pétrole et du gaz s’envolent !

En une semaine de guerre au Moyen-Orient, les marchés énergétiques mondiaux ont basculé dans une zone de turbulences inédite depuis deux ans. Vendredi après-midi, le baril de Brent de la mer du Nord bondissait de plus de 4% à 89 dollars, frôlant un plus haut depuis avril 2024, tandis que son équivalent américain, le West Texas Intermediate, s’envolait de plus de 6% à 86 dollars. Sur une semaine, les deux références de l’or noir ont respectivement progressé de 22,6% et 29,1% — des chiffres qui donnent la pleine mesure du choc que la guerre au Moyen-Orient est en train d’infliger à l’économie mondiale. Le gaz TTF néerlandais, référence européenne, poursuivait lui aussi sa progression à 52,68 euros le mégawattheure, après avoir atteint un pic à 62,61 euros mardi.

Les nouvelles du front n’ont fait qu’alimenter la nervosité des investisseurs tout au long de la journée. L’Iran a revendiqué avoir ciblé un pétrolier américain dans le Golfe persique, déclarant le navire « en feu ». Simultanément, des autorités kurdes irakiennes ont signalé l’interruption de l’exploitation d’un champ pétrolier opéré par une société américaine à la suite d’une attaque. Dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite une part considérable du pétrole mondial, le trafic de pétroliers est « largement interrompu », selon John Plassard, responsable des placements de Cité Gestion, qui voit dans la flambée des cours « l’inquiétude croissante des investisseurs face à l’escalade du conflit et au risque de perturbations majeures de l’approvisionnement énergétique mondial ».

L’AIE rassure, mais…

À Bruxelles, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, s’est voulu rassurant tout en reconnaissant la gravité de la situation. « Il y a beaucoup de pétrole sur le marché », a-t-il affirmé devant la presse, insistant sur le fait qu’il n’y a « pas de pénurie ». Mais il a simultanément reconnu « un problème sérieux de logistique » pour acheminer les approvisionnements en raison de la guerre. À ce stade, « aucune action collective » n’est envisagée par l’AIE, même si « toutes les options » restent sur la table. Les experts d’Unicredit tablent, dans leur scénario central, sur une durée de quelques semaines pour la guerre contre l’Iran, après quoi les tensions sur les prix de l’énergie devraient progressivement se dissiper, avec un retour du Brent autour de 70 dollars le baril et du gaz à 35 euros le mégawattheure d’ici la fin de l’année. Mais dans l’intervalle, le risque inflationniste est réel : la banque italienne a révisé ses prévisions d’inflation en zone euro à environ 2,5% pour 2026, et anticipe un gel des baisses de taux de la BCE jusqu’en 2027. La guerre, en s’installant dans la durée, pourrait ainsi contraindre les banques centrales à revoir leurs trajectoires monétaires — un effet en cascade qui, au-delà du Moyen-Orient, menace de peser sur la croissance mondiale.

Samira Ghrib

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *