FAO : Les prix mondiaux des produits alimentaires repartent à la hausse en février
L’indice des prix alimentaires de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture a enregistré sa première hausse depuis cinq mois en février 2026, atteignant 125,3 points soit une progression de 0,9% par rapport à janvier, selon le rapport mensuel de l’organisation publié sur son site internet. Cette inversion de tendance met fin à une séquence de recul amorcée en septembre dernier et s’explique principalement par la flambée des cours des céréales, des huiles végétales et de la viande. Le marché céréalier constitue le principal moteur de cette remontée des prix. L’indice FAO des céréales a progressé de 1,1% sur un mois, tiré notamment par une hausse marquée du blé qui s’est accru de 1,8% en février. La FAO attribue cette augmentation aux « risques climatiques en Europe et aux États-Unis ainsi qu’aux tensions logistiques dans la région de la mer Noire ». Ces facteurs ont alimenté les inquiétudes des marchés quant à la disponibilité de la céréale la plus consommée au monde, provoquant une tension sur les cours malgré des stocks mondiaux globalement confortables. Les céréales secondaires, qui regroupent notamment l’orge, le maïs et l’avoine, ont également enregistré une progression, quoique plus modérée que celle du blé. Cette hausse reflète une demande soutenue pour l’alimentation animale dans un contexte de reconstitution des cheptels dans plusieurs régions du monde, conjuguée à des préoccupations concernant les conditions de culture dans certaines zones de production.
Le segment des huiles végétales a connu la plus forte progression mensuelle avec un bond de 3,3%, propulsant l’indice à son plus haut niveau depuis juin 2022. Selon le rapport de la FAO, cette envolée a été « soutenue par la demande mondiale d’huile de palme et de soja ». La combinaison d’une demande robuste pour la consommation alimentaire et pour la production de biocarburants, face à une offre contrainte par des conditions climatiques défavorables dans certaines régions productrices, a créé une tension persistante sur ce marché stratégique. Le secteur des viandes a également contribué à la hausse globale avec une progression de 0,8% de l’indice correspondant. Cette augmentation a été tirée par la hausse des prix des viandes bovine et ovine, cette dernière atteignant même un niveau record selon l’organisation onusienne. La FAO explique cette flambée par « une offre limitée en Océanie, principale source d’exportation mondiale, dans un contexte de demande mondiale stable ». L’Australie et la Nouvelle-Zélande, qui dominent le commerce international de la viande ovine, font face à des contraintes d’approvisionnement liées à la réduction de leurs cheptels après plusieurs années marquées par des sécheresses.
À contre-courant de cette tendance haussière généralisée, les produits laitiers ont enregistré une baisse de 1,2% par rapport à janvier et accusent un recul de 19,2% sur un an. Cette diminution substantielle s’explique par « le recul continu des prix du fromage, notamment en Europe, lié à une disponibilité du lait, à une demande extérieure plus faible et à une concurrence internationale accrue », précise le rapport de la FAO. La surabondance de lait en Europe, principal bassin de production fromagère, conjuguée à un ralentissement de la consommation et à une intensification de la concurrence des producteurs émergents, pèse durablement sur les cours. Toutefois, au sein du segment laitier, certains produits ont résisté à cette tendance baissière. Les prix du lait écrémé et du lait entier en poudre se sont accrus, soutenus par la reprise de la demande ainsi que par le ralentissement saisonnier de la production en Nouvelle-Zélande, premier exportateur mondial de poudre de lait.
Le sucre constitue le deuxième segment en baisse avec un recul de 4,1% par rapport à sa valeur de janvier, tombant à son plus bas niveau depuis octobre 2020. Cette chute s’explique par les « anticipations d’une offre mondiale abondante » selon la FAO. Les perspectives de récoltes importantes au Brésil, premier producteur et exportateur mondial, combinées à des conditions favorables dans d’autres régions productrices, ont provoqué une correction brutale des cours après plusieurs mois de tensions.
R.E.

