Les droits des femmes ont connu des avancées majeures depuis la Constitution de 2020 : Un engagement fort pour la parité
Portée par une volonté politique affirmée au plus haut sommet de l’État et adossée à un arsenal juridique renforcé depuis la révision constitutionnelle de 2020, l’autonomisation de la femme algérienne s’impose aujourd’hui comme un fait tangible dans les sphères politique, économique et sociale, même si le passage des textes aux mentalités demeure le grand chantier à venir. L’Algérie a franchi ces dernières années un cap décisif en matière de droits des femmes. La Constitution de 2020 a érigé la parité en principe fondamental, consacrant l’égalité entre les sexes en droits et en devoirs, garantissant l’accès des femmes aux postes de responsabilité et constitutionnalisant leur protection contre toutes les formes de violence. Ce socle juridique, voulu et défendu par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, traduit une vision claire : la parité n’est pas un privilège octroyé, mais un droit que l’État s’engage à rendre effectif. Les résultats sont là. Les Algériennes enregistrent aujourd’hui leur plus forte présence au sein du gouvernement depuis l’indépendance. Elles siègent au Parlement, président des commissions législatives, dirigent des partis politiques, occupent des postes stratégiques dans la diplomatie, la magistrature, les institutions sécuritaires et militaires. Cette percée politique n’est plus l’exception ; elle devient progressivement la norme d’un État qui entend bâtir sa modernité sur l’inclusion. Sur le plan économique, la dynamique est tout aussi significative. Les programmes d’autonomisation se sont multipliés : soutien aux microprojets, promotion de l’entrepreneuriat féminin, dispositifs dédiés aux femmes rurales à travers l’Agence nationale de soutien et de développement de l’entrepreneuriat et la Caisse nationale d’assurance chômage. Les universités algériennes forment chaque année une majorité de diplômées, notamment dans les filières scientifiques, médicales et techniques, faisant des femmes une force motrice incontournable de la diversification économique du pays. L’extension du congé de maternité de trois à cinq mois est venue, par ailleurs, renforcer la protection sociale des travailleuses.
L’engagement de l’Algérie dépasse le cadre national. La ratification de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), l’adoption de la Déclaration de Pékin, l’inscription dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine et la mise en œuvre d’un plan national d’application de la résolution 1325 des Nations unies sur les femmes, la paix et la sécurité témoignent d’une volonté de s’arrimer aux standards internationaux les plus exigeants. Pourtant, malgré cet arsenal impressionnant, un décalage persiste entre la lettre des textes et la réalité quotidienne. Les agressions dans l’espace public, les violences domestiques, les discriminations en milieu professionnel et le harcèlement sur les réseaux sociaux rappellent que le combat pour l’égalité ne se gagne pas uniquement dans les hémicycles. Le changement social ne se décrète pas ; il se construit dans la durée, dans l’éducation et dans la transformation des représentations collectives. Le véritable défi n’est plus de multiplier les lois, mais d’en garantir l’application effective et de faire évoluer des mentalités encore réticentes. Les Algériennes, cependant, ne reculent pas. Chaque femme ministre, chaque magistrate, chaque chercheuse, chaque officier supérieur, chaque entrepreneure ouvre une brèche nouvelle dans les résistances sociales. Leur résilience démontre jour après jour que la compétence et l’ambition n’ont pas de genre, et que l’Algérie nouvelle se construit aussi — et peut-être surtout — par elles.
Lyna Larbi

