Fraude et spéculation : Tebboune exige des sanctions !
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présidé dimanche une réunion du Conseil des ministres marquée par un durcissement du discours contre les spéculateurs et les fraudeurs, tout en fixant le prix plafond du mouton d’importation destiné à l’Aïd el-Adha à 50 000 dinars, dans une démarche résolue de protection du pouvoir d’achat des citoyens. La réunion a également abordé la révision de la loi sur les circonscriptions électorales, les préparatifs du Hadj, la lutte antiacridienne, le plan national pour la jeunesse et l’adaptation climatique.
Avant même d’entamer l’examen des projets de lois et des exposés présentés par les membres du gouvernement, le chef de l’État a donné le ton en s’attaquant frontalement aux pratiques spéculatives qui gangrènent certains segments du marché. Le communiqué du Conseil des ministres est on ne peut plus clair à ce sujet : le Président Tebboune « a insisté sur le suivi quotidien sur le terrain avec la plus grande rigueur contre les spéculateurs, concernant certains fruits et viandes importés, et le lancement immédiat de l’inscription des personnes impliquées dans la spéculation sur des listes noires, avec l’interdiction définitive pour leurs détenteurs d’importer et d’exercer toute activité commerciale ». Le message est sans équivoque : l’État ne tolérera plus aucune forme de manipulation des prix ni de manœuvres frauduleuses aux dépens des consommateurs. Cette fermeté traduit un souci permanent, maintes fois réaffirmé par le président Tebboune, de préserver le pouvoir d’achat des Algériens, particulièrement en cette période précédant les grandes échéances religieuses où la demande s’envole et où les tentations spéculatives se multiplient.
C’est dans cette même logique de protection du citoyen que s’inscrit la décision phare de cette réunion concernant l’opération d’importation d’un million de têtes d’ovins à l’occasion de l’Aïd el-Adha 2026.
Le mouton de l’Aïd à 50 000 dinars
Le président Tebboune « a décidé que le prix de vente du mouton importé destiné au sacrifice ne dépasse pas 50 000 dinars algériens comme plafond maximum ». Cette décision constitue un signal fort adressé aux ménages algériens, dont beaucoup redoutaient une flambée incontrôlée des prix à l’approche de cette fête religieuse. Pour garantir l’effectivité de cette mesure, le chef de l’État « a instruit les services des organismes gouvernementaux d’assurer le suivi rigoureux de l’opération d’importation et de commercialisation des moutons du sacrifice, tout en traquant tous les procédés de fraude, de contrebande et de spéculation ». Il s’agit donc d’un dispositif complet, allant de la fixation du prix à la surveillance de l’ensemble de la chaîne, de l’importation jusqu’au point de vente, afin que le citoyen bénéficie réellement de cet effort de l’État.
Circonscriptions électorales : concertation avec les partis politiques
Sur le plan institutionnel, le Conseil des ministres a examiné le projet de loi modifiant la délimitation des circonscriptions électorales et le nombre de sièges à pourvoir au Parlement. Le président Tebboune « a ordonné la révision du projet de modification de cette loi et l’association des partis politiques avant l’adoption de la loi dans sa mouture finale ». Une commission sera constituée à cet effet et se réunira au siège de la présidence de la République « pour trancher définitivement le nombre de sièges à pourvoir conformément aux élections du Parlement ». Cette démarche participative témoigne d’une volonté d’asseoir le processus électoral sur des bases consensuelles et transparentes, en impliquant l’ensemble des acteurs de la scène politique nationale.
Lutte antiacridienne : mobilisation des technologies spatiales
Concernant la menace acridienne qui pèse sur les cultures de l’extrême sud du pays, le président de la République a ordonné de « doubler les capacités de lutte contre le phénomène de propagation des essaims de criquets menaçant les récoltes agricoles dans l’extrême sud », en recourant notamment aux « méthodes et moyens scientifiques modernes, tels que l’épandage aérien de pesticides, particulièrement sur nos zones frontalières, celles-ci étant les premières zones de contact avec le phénomène ». Le chef de l’État a également exigé « l’activation rigoureuse des cellules de veille en utilisant des approches préventives basées sur les images des satellites algériens et les capacités technologiques disponibles ». Une réponse qui mobilise l’ensemble de l’arsenal technologique national, y compris les capacités spatiales souveraines de l’Algérie.
Un plan ambitieux pour la jeunesse
Le projet du plan national pour la jeunesse 2026-2029 a occupé une place importante dans les travaux du Conseil. Le président Tebboune a réaffirmé « le droit de la jeunesse à revendiquer ses droits, notamment en matière d’emploi et de prise en charge sous toutes ses formes, mais dans un cadre d’esprit patriotique qui immunise les jeunes contre l’exploitation par les forces obscurantistes qui ciblent notre pays et sa jeunesse ». Le chef de l’État a instruit le ministre de la Jeunesse de « vérifier les cas de non-bénéfice de certains jeunes de leur droit à l’allocation chômage » et de « formuler de nouvelles propositions et méthodes pour contribuer à la réduction du nombre de chômeurs ». Parmi les orientations majeures figurent le redoublement des efforts de lutte contre la drogue en milieu jeune qualifiée de « plan programmé depuis l’extérieur de nos frontières » — la revalorisation des maisons de jeunes « à raison d’au moins une maison de jeunes par commune », l’importance accordée au sport scolaire et universitaire, ainsi que le renforcement des passerelles entre les jeunes Algériens de l’intérieur et de la diaspora.
Climat et environnement : une vision de sécurité nationale
Le Conseil des ministres a enfin abordé le plan national d’adaptation climatique. Le président Tebboune a instruit la ministre du secteur de « doubler le nombre de laboratoires de contrôle des produits importés à travers tous les ports et aéroports » et d’« accélérer le rythme de traitement des eaux usées pour atteindre un taux d’exploitation d’au moins 30 % ». Le communiqué souligne que « le rôle environnemental aujourd’hui s’inscrit en cohérence avec la vision intégrée de la sécurité nationale et la protection des citoyens contre tout risque potentiel », élevant ainsi la question environnementale au rang de priorité stratégique.
La réunion s’est conclue par l’approbation de décisions portant des nominations et fins de fonctions individuelles à des postes supérieurs de l’État.
Samir Benisid

