Art populaire ancestral : Sidi Bel Abbès renoue avec la tradition de la « halqa »
Le Théâtre régional de Sidi Bel Abbès a inauguré samedi soir la manifestation « L’art de la halqa… mémoire d’une nation », marquant une volonté de réhabilitation de cet art populaire séculaire. Organisée jusqu’à mardi dans la salle « Cinéma Tsala » de la capitale de la Mekerra, cette initiative vise à sauvegarder un patrimoine culturel immatériel profondément ancré dans l’identité algérienne. La halqa figure parmi les formes les plus anciennes du spectacle populaire en Algérie. Historiquement florissante sur les places publiques, dans les marchés et les espaces ouverts, elle repose sur la narration orale et l’interaction directe entre l’artiste et son public, créant ainsi une communion unique où se mêlent conte, humour et improvisation. « Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts visant à préserver le patrimoine culturel immatériel », a expliqué à l’APS Abbassia Madouni, porte-parole du Théâtre de Sidi Bel Abbès. Selon elle, l’événement « cherche à faire revivre les traits du spectacle populaire qui a constitué une part de la mémoire collective de la société algérienne ». La manifestation aspire à présenter cet art « dans une approche culturelle contemporaine alliant spectacle vivant et perspective documentaire », a-t-elle précisé.Le programme réunit plusieurs artistes et praticiens reconnus de la halqa, parmi lesquels Abbas Sedjerari, Kada Bensemicha, Mohamed Belaoura, Qmaïl Kouidri et Mahi Meslem, ainsi que la troupe « Ahar Halqa ». Ces conteurs perpétuent une tradition où le verbe, le geste et la connivence avec l’assistance forment le cœur d’une performance à la fois théâtrale et sociale. L’ambition des organisateurs dépasse le cadre ponctuel de ces quatre journées. Ils envisagent d’ancrer la halqa dans le paysage culturel contemporain en en faisant « un rendez-vous artistique périodique contribuant à la sauvegarde de la mémoire populaire ». Les organisateurs misent ainsi sur la renaissance des traditions du spectacle collectif, annonçant le retour des arts populaires dans l’espace public comme composante authentique de l’identité culturelle nationale. Une démarche qui témoigne d’une conscience patrimoniale renouvelée face aux mutations de la société algérienne.
Mohand S.

