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El-Oued : Le maïs s’enracine dans les sables du Souf

La wilaya d’El-Oued a officiellement lancé mercredi sa campagne de récolte du maïs en grain pour la saison 2025-2026, depuis la zone agricole de Charaâ, dans la commune de Ben-Guecha. Une initiative expérimentale qui s’inscrit dans les efforts nationaux de diversification agricole et de sécurité alimentaire. La campagne porte sur une superficie de plus de cent hectares cultivés à titre expérimental, répartis entre deux filières distinctes. Cinquante-quatre hectares sont consacrés au maïs destiné à l’industrie agroalimentaire, quarante-six à celui destiné à l’alimentation du bétail. Djelloul Athmani, président de la Chambre de l’agriculture d’El-Oued, a précisé que la récolte ciblera dans un premier temps les communes de Ben-Guecha et Hassi-Khelifa, qui concentrent à elles seules « 70 % de la superficie cultivée », avant de s’étendre aux autres exploitations de la wilaya, toutes placées sous le suivi technique des services spécialisés. Ce qui frappe dans cette expérience, c’est moins son ampleur actuelle que les conditions dans lesquelles elle a été conduite. Le maïs a poussé sur des terres sableuses, sans apport d’engrais, ni organique ni chimique. Pourtant, les rendements enregistrés dépassent les quarante quintaux à l’hectare. Des résultats qualifiés d’« encourageants » par Djelloul Athmani, qui y voit la preuve que la maïsiculture saharienne n’est pas une utopie. Ce chiffre, s’il se confirme et se généralise, représenterait une performance notable pour ce type de sol réputé ingrat. L’expérience, menée cette saison dans cinq communes — Ben-Guecha, Hassi-Khelifa, Trifaoui, Guemmar et El-Magrane —, a vocation à s’étendre. La Chambre de l’agriculture prévoit de généraliser la culture à d’autres communes agricoles de la wilaya, avec une augmentation progressive des superficies. Pour préparer le terrain, ses services conduisent, en début de chaque saison, un programme de sensibilisation destiné à convaincre les agriculteurs d’adhérer au projet, en s’appuyant sur les réussites déjà documentées. Au-delà de la production alimentaire, la maïsiculture présente un atout agronomique supplémentaire qui n’a pas échappé aux responsables locaux : sa capacité à réhabiliter les sols dégradés et à les fertiliser naturellement. Dans une région où la pression sur les terres agricoles s’intensifie, cet effet correcteur sur la qualité des sols constitue un argument de poids pour pérenniser et élargir la pratique. Le calendrier cultural retenu — un cycle de cinq mois, entre août et décembre pour la plantation, et une récolte s’étalant jusqu’en mars — s’adapte aux contraintes climatiques du Souf et laisse entrevoir une compatibilité avec d’autres activités agricoles locales, notamment la phoeniciculture, culture emblématique de la région. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte national de pression accrue sur les ressources alimentaires et de volonté politique affirmée de réduire la facture des importations agricoles.

R.R.

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