Lutte contre le criquet pèlerin à Tébessa : Les autorités locales à pied d’œuvre
Face à la menace que représente le criquet pèlerin pour le secteur agricole, les autorités de la wilaya de Tébessa ont tenu une réunion au siège de la wilaya dans le cadre de la mise en œuvre du programme national de prévention contre ce fléau, mobilisant moyens humains et logistiques pour protéger les cultures de la région. La commission de wilaya chargée de la surveillance et de la lutte contre le criquet pèlerin enchaîne les réunions et suit de très près l’évolution de la situation. Afin de ne rien laisser au hasard et surtout pour ne pas se faire surprendre par cet insecte dévastateur, une réunion a été tenue dernièrement au siège de la wilaya, dans le cadre de la mise en œuvre du programme national de prévention contre ce fléau. Celui-ci constitue, faut-il le souligner, une menace sérieuse pour le secteur de l’agriculture. Au titre de cette rencontre, le premier responsable de la wilaya de Tébessa a d’emblée rappelé l’importance d’une vigilance accrue et permanente face aux risques de prolifération acridienne. Le même responsable a notamment souligné la dangerosité du criquet pèlerin en raison de sa capacité de reproduction rapide et de déplacement sur de longues distances. Le chef de l’exécutif a surtout mis l’accent sur les moyens logistiques, appelant, dans ce contexte, à l’optimisation de la mise à disposition des équipements adaptés et des produits phytosanitaires, tout en veillant à contrôler leur efficacité et à garantir leur utilisation dans des conditions conformes aux normes techniques. Dans le même ordre d’idées, le wali a, par ailleurs, recommandé l’intensification des opérations de prospection et de surveillance dans les zones agricoles les plus exposées, afin de détecter rapidement toute apparition de foyers acridiens et d’intervenir sans délai. Cette réunion a été l’occasion pour les services de la direction des services agricoles de la wilaya de Tébessa (DSA) de présenter un exposé détaillé sur le bilan du plan opérationnel de l’exercice 2025. Lors de cet exposé, il a été dressé une rétrospective sur les facteurs ayant favorisé la présence de criquets dans certaines zones, ainsi que sur les actions menées pour y faire face. Ont également été présentés les dispositifs de prévention prévus pour l’année 2026.
Lors de la présentation, il a été mis en avant le rôle de la commission de wilaya dans la coordination des efforts et dans la mise en place d’un réseau d’information fondé sur le suivi de terrain. Il est notamment prévu, dans ce dispositif, l’organisation régulière d’opérations de prospection couvrant l’ensemble des zones agricoles, ainsi que la sensibilisation des professionnels de l’agriculture afin de les inciter à signaler toute apparition suspecte de criquets, permettant ainsi une intervention rapide des équipes spécialisées. Les actions retenues dans les mesures envisagées pour faire face à une éventuelle invasion acridienne consistent en la mobilisation d’équipes d’intervention dotées de véhicules motorisés et de matériels de traitement, dont la mission est de procéder, en cas de besoin, à l’épandage de pesticides dans les zones touchées. Les régions agricoles du sud de la wilaya font également l’objet d’une attention particulière, notamment la commune de Negrine, considérée comme l’une des zones les plus exposées.
Le criquet pèlerin, également appelé « sauterelle du désert », est considéré comme l’un des ravageurs les plus redoutables pour l’agriculture. Les essaims peuvent parcourir rapidement de grandes distances et ravager d’importantes superficies de cultures en très peu de temps. Ainsi, face à cette menace potentielle, les autorités locales de la wilaya de Tébessa se maintiennent à un niveau élevé de vigilance et de préparation. Ils ont en outre tout mis en place, en termes de moyens humains et logistiques, afin de lutter contre cet insecte dévastateur et de protéger la production agricole de la région.
Il faut noter que la période la plus favorable au développement du criquet pèlerin est généralement comprise entre la fin de l’hiver et le printemps, une période à laquelle l’Algérie s’apprête à renforcer sa lutte contre ce fléau. D’ailleurs, lors du Conseil des ministres tenu le 9 mars courant, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a décidé d’intensifier les mesures en ordonnant « l’augmentation des moyens de lutte contre la prolifération des essaims de criquets menaçant les récoltes agricoles dans l’extrême Sud ». On rappelle également que le chef de l’État a, au titre de ce conseil, demandé aux services concernés d’adopter des « méthodes et moyens scientifiques modernes pour accroître l’efficacité, comme la pulvérisation aérienne d’insecticides, particulièrement dans les zones frontalières, considérées comme premières lignes de contact avec ce fléau ». Le président de la République a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de renforcer la surveillance en ordonnant « l’activation stricte des cellules de veille par des approches proactives, en s’appuyant sur les images des satellites algériens et les capacités technologiques disponibles ». Cette mobilisation intervient — faut-il le préciser — à un moment où les conditions climatiques deviennent propices à la reproduction de l’insecte dans les régions sahariennes. En effet, entre février et mai, les pluies humidifient les sols sablonneux et favorisent la croissance de la végétation, créant un environnement favorable à la ponte et au développement des larves. Dans cet élan, le Premier ministre avait présidé, au début du mois de mars, une réunion interministérielle consacrée à l’évaluation du niveau de préparation du plan d’action proactif mis en place pour contenir la propagation du criquet dans certaines wilayas du Sud-Ouest. Cette rencontre, à laquelle ont participé les walis concernés par visioconférence, s’inscrit dans le cadre du suivi permanent de la situation acridienne, en tenant compte notamment des mises à jour de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et des capacités nationales en matière d’imagerie satellitaire. Les exposés présentés ont mis en évidence le renforcement des dispositifs de veille et de surveillance dans les wilayas frontalières du Sud, considérées comme la première ligne de défense, ainsi que la mobilisation des moyens d’intervention terrestres et aériens, notamment ceux du ministère de la Défense nationale.
Ces mesures s’inscrivent dans la continuité des actions engagées l’an dernier. En mars 2025, rappelons-le, le ministère de l’Agriculture avait annoncé la mise en place d’un « mur de protection » autour des zones agricoles stratégiques du Sud, reposant sur le déploiement d’équipes locales dotées de produits chimiques, d’équipements de pulvérisation et de moyens de transport terrestres et aériens. Des hélicoptères de la Défense nationale, des avions mobilisés par le secteur de l’énergie ainsi que des drones avaient été déployés pour surveiller les déplacements des essaims et permettre des interventions rapides.
Sofia Chahine

