Blocus sur Ghaza : L’OMS tire la sonnette d’alarme
Fermeture des passages, bilan qui s’alourdit, naissances empêchées : à Ghaza, l’étau de l’occupation sioniste se referme méthodiquement sur une population que les organisations internationales peinent à protéger. L’Organisation mondiale de la santé a tiré la sonnette d’alarme samedi après la fermeture par l’entité sioniste du passage de Kerem Abu Salem, dernier terminal encore opérationnel dans la bande de Ghaza. Dans un communiqué publié sur son site officiel, l’OMS a indiqué que ses équipes avaient déchargé des cargaisons au passage mais n’avaient pas été autorisées à les récupérer, parmi lesquelles figuraient une cinquantaine de lits de soins intensifs et cent soixante-dix cargaisons de médicaments. L’organisation a averti qu’avec cette fermeture, les habitants de Ghaza risquaient de se retrouver privés des denrées les plus vitales. La veille, le Secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres avait réaffirmé que l’accès humanitaire devait être « sûr, durable et sans entrave », dénonçant les « graves souffrances » infligées aux Palestiniens par les restrictions sionistes, dans un contexte marqué par ce qu’il a qualifié d’« expansion préoccupante des activités de colonisation en Cisjordanie occupée ». Pendant ce temps, le bilan de l’agression génocidaire sioniste contre Ghaza continue de s’alourdir. Les autorités sanitaires palestiniennes ont communiqué dimanche un nouveau décompte : 72 239 martyrs et 171 861 blessés depuis le 7 octobre 2023, en majorité des femmes et des enfants. Au cours des dernières 24 heures, cinq corps supplémentaires et huit blessés ont été acheminés vers les hôpitaux, tandis que de nombreuses victimes demeurent ensevelies sous les décombres. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, 663 Palestiniens sont tombés en martyrs et 1 762 autres ont été blessés — chiffres qui attestent que la trêve n’a pas mis fin à la machine de guerre.
C’est dans ce contexte que la chercheuse palestinienne d’Amnesty International, Budour Hassan, a pris la parole samedi soir à Alger, lors d’une conférence organisée par Amnesty International Algérie, pour présenter les conclusions d’une enquête de vingt-neuf mois sur les crimes de l’entité sioniste contre les femmes palestiniennes à Ghaza. Intervenant depuis Ramallah par visioconférence, elle a été catégorique : l’entité sioniste cible délibérément la femme palestinienne dans le but de freiner les naissances et d’empêcher la continuité de la résistance du peuple palestinien. Déplacements forcés, bombardements des hôpitaux, destruction des maternités, entrave à l’acheminement de nourriture et de médicaments destinés aux femmes enceintes — tout cela, selon elle, concourt au même objectif : empêcher les femmes palestiniennes de donner la vie. L’enquête d’Amnesty, fondée notamment sur des entretiens menés en février avec quarante et une femmes déplacées et vingt-six professionnels de santé, a établi que le taux de natalité à Ghaza a chuté de quarante pour cent en 2024. Elle a également recensé vingt et un mille veuves et des dizaines de milliers d’orphelines, toutes, selon Budour Hassan, « traumatisées et détruites psychologiquement ».
La chercheuse a rappelé qu’Amnesty International a transmis ses conclusions à l’Afrique du Sud, qui a déposé une plainte devant la Cour pénale internationale contre l’entité sioniste pour crimes génocidaires et crimes de guerre, afin de renforcer le dossier juridique. Elle a conclu en affirmant que les crimes documentés correspondent en tous points à la définition internationale du génocide : l’anéantissement volontaire d’un groupe humain. L’entité sioniste, a-t-elle averti, sera rattrapée par la justice internationale.
L.S.

