Journée mondiale des droits du consommateur : Un marché plus sûr, une priorité
À l’occasion de la Journée mondiale des droits du consommateur, célébrée chaque 15 mars, la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif, a réaffirmé dimanche l’engagement de son secteur à garantir un environnement de consommation sûr et fiable. Une déclaration de principe, mais aussi un bilan d’étape, illustré par le déploiement simultané de laboratoires mobiles de contrôle de la qualité dans plusieurs ports du pays.
La journée de cette année est placée sous le thème « Des produits sûrs, des consommateurs confiants » — un intitulé qui résume assez bien la ligne directrice que le ministère entend suivre. Dans une allocution publiée à cette occasion, la ministre a posé d’emblée le cadre : « la protection du consommateur algérien n’est pas seulement un devoir, mais un engagement national qui englobe tout ce qui a trait à l’amélioration de son cadre de vie au quotidien, de l’approvisionnement en produits alimentaires à la promotion du commerce électronique, en consacrant les principes de la transparence dans les transactions, dont l’affichage des prix et la qualité des services. » Une formulation qui élargit délibérément le périmètre de la protection du consommateur bien au-delà du seul contrôle sanitaire, pour en faire un projet transversal touchant à la vie économique ordinaire des Algériens. Sur le plan opérationnel, le ministère entend s’appuyer sur plusieurs leviers. Amel Abdellatif a précisé que le secteur veille à « assurer un environnement de consommation sûr et fiable, à travers un contrôle minutieux, des laboratoires développés et des mesures pratiques renforçant les droits du consommateur et garantissant sa confiance dans le marché national ». La protection du consommateur est présentée, dans ce cadre, comme « la pierre angulaire dans la nouvelle stratégie du ministère, visant à soutenir les produits locaux, renforcer la transparence et réaliser l’équilibre entre la protection du consommateur et la relance du secteur économique national, en adéquation avec les meilleurs standards internationaux ».
Cette orientation stratégique s’est traduite, dès la veille de cette journée symbolique, par un acte concret. Les services du ministère ont procédé à l’installation officielle et à la mise en service opérationnelle de laboratoires mobiles de contrôle de la qualité dans plusieurs ports, notamment ceux de Béjaïa, Alger et Ghazaouet. L’enjeu est direct : ces équipements permettent d’effectuer sur place, sans délai, les analyses des marchandises importées dès leur arrivée sur le territoire national, court-circuitant ainsi les risques liés à une mise sur le marché prématurée de produits non conformes. Le champ d’analyse de ces laboratoires mobiles est large. Ils sont en mesure de traiter « différents produits alimentaires, viandes, blé, huiles, produits cosmétiques et de nettoyage », et peuvent également effectuer « des tests précis sur les appareils électroménagers, à travers des analyses physico-chimiques et microbiologiques ». Autrement dit, ces unités couvrent l’essentiel des flux d’importation susceptibles d’affecter directement le quotidien des consommateurs.
Le signal envoyé est double. D’un côté, il s’agit de renforcer la crédibilité du dispositif national de contrôle, souvent critiqué pour ses insuffisances face à l’afflux de produits importés de qualité inégale. De l’autre, il s’agit d’affirmer que la souveraineté du consommateur — son droit à des produits conformes, étiquetés et traçables — est désormais une priorité de politique publique, et non plus un objectif secondaire. Dans un contexte où la régulation du marché intérieur est au cœur des préoccupations gouvernementales, cette journée aura été l’occasion pour le ministère de rappeler que la confiance dans le marché national se construit aussi, et d’abord, par la rigueur du contrôle.
Amar Malki

