Approvisionnement du marché national : L’investissement productif pour desserrer l’étau de l’importation
La ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif, et le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, ont tenu dimanche à Alger une réunion de coordination stratégique consacrée aux projets d’investissement destinés à renforcer les capacités de production et d’approvisionnement du marché national, selon un communiqué du ministère.
La rencontre, qui intervient dans un contexte où l’Algérie accélère sa stratégie de substitution aux importations, marque une volonté affichée de mieux articuler la politique commerciale intérieure avec le dispositif national de promotion de l’investissement. L’enjeu est de taille : il s’agit de transformer en profondeur les circuits d’approvisionnement du marché domestique en orientant les flux d’investissement vers les segments productifs les plus critiques, afin de réduire la vulnérabilité de l’économie nationale face à la dépendance aux produits importés. Selon le communiqué du ministère, la réunion, tenue en présence des cadres des deux institutions, a porté sur « les moyens de renforcer les mécanismes de prospective et de veille précoce pour la régulation du marché national, et de consolider la coordination institutionnelle bilatérale ». Concrètement, il a été question de transmettre à l’AAPI les besoins réels du secteur, qu’il s’agisse de plateformes logistiques, de projets liés au renforcement des réseaux de distribution ou encore de l’encouragement au développement des grandes surfaces de vente, autant de leviers jugés déterminants pour structurer et organiser l’activité commerciale sur l’ensemble du territoire. La ministre Abdellatif a insisté, lors de cette rencontre, sur « l’importance de renforcer la coordination institutionnelle entre le ministère et l’AAPI afin d’orienter les projets d’investissement conformément aux besoins du marché national, et de soutenir les initiatives renforçant la production locale pour réduire la dépendance à l’importation », précise la même source. Un signal clair en direction des opérateurs économiques : les pouvoirs publics entendent désormais conditionner l’accompagnement des investisseurs à leur capacité à répondre aux déficits identifiés sur le marché intérieur. De son côté, Omar Rekkache a mis en relief le rôle de l’AAPI dans l’accompagnement des projets d’investissement dans le domaine de l’approvisionnement du marché, « en vue de renforcer les capacités de production et de distribution, et de soutenir la dynamique économique et l’investissement productif dans le secteur du Commerce intérieur », selon le communiqué.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de refonte de la gouvernance économique nationale, où la coordination interinstitutionnelle devient un impératif pour garantir la cohérence entre les objectifs de régulation du marché et les incitations à l’investissement. Le développement de plateformes logistiques modernes et de grandes surfaces commerciales constitue un maillon essentiel pour fluidifier les circuits de distribution, réduire les intermédiaires et, in fine, contenir les tensions sur les prix qui pèsent sur le pouvoir d’achat des ménages. En alignant les priorités de l’investissement sur les besoins réels du marché, les autorités ambitionnent de bâtir un appareil productif national capable de sécuriser durablement l’approvisionnement du consommateur algérien, des réduire la facture de l’import, mais aussi de se libérer de l’emprise des chaines d’approvisionnement internationales dans un monde plus en plus volatil.
Sabrina Aziouez

