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La CAF retire le titre africain au Sénégal : Scandaleux !

La CAF retire le titre de la CAN au Sénégal et le brade au Maroc, se discréditant totalement et décrédibilisant le football africain.

Dans une décision sans précédent dans l’histoire du football continental, qui tient du coup de force administratif autant que du déni sportif, la Confédération africaine de football a retiré mardi à l’équipe nationale du Sénégal son titre de champion d’Afrique 2025 pour l’attribuer au Maroc, pays organisateur, sur la base d’une décision de forfait prononcée par son jury d’appel. Une sentence rendue à froid, longtemps après le coup de sifflet final d’une finale que les Lions de la Teranga avaient pourtant remportée sur le terrain, 1 but à 0, dans les règles du jeu. Le football africain vient de vivre l’une des heures les plus sombres de son histoire. La décision, publiée sur le site officiel de la CAF, est lapidaire dans sa formulation et dévastratrice dans ses effets : « La Commission d’appel de la Confédération africaine de football a décidé, conformément à l’article 84 du règlement de la Coupe d’Afrique des nations 2025, de considérer l’équipe nationale sénégalaise comme ayant perdu par forfait lors de la finale, et de valider le résultat de 3-0 en faveur de la Fédération royale marocaine de football. » Trois mots suffisent pour résumer ce que des millions de supporters africains ressentent face à ce verdict : scandaleux, honteux, inadmissible. En effaçant d’un trait de plume une victoire acquise sur le pré, la CAF ne sanctionne pas un manquement sportif grave — elle commet elle-même une faute morale d’une gravité exceptionnelle, qui entache irrémédiablement sa crédibilité et celle de toutes les compétitions qu’elle est censée organiser avec équité.

Une affaire d’État

Ce qui aurait pu demeurer un contentieux sportif entre deux fédérations s’est instantanément transformé en crise diplomatique et politique de première magnitude. Le gouvernement du Sénégal est sorti de sa réserve avec une fermeté inhabituelle, par la voix de sa porte-parole officielle, exprimant une « vive consternation » et rejetant sans ambiguïté ce qu’il désigne comme une « tentative de dépossession injustifiée ». Le communiqué de l’État sénégalais est d’une clarté cinglante : « Cette décision inédite, d’une gravité exceptionnelle, heurte de front les principes cardinaux qui fondent l’éthique sportive, au premier rang desquels figurent l’équité, la loyauté et le respect de la vérité du terrain. Elle procède d’une lecture manifestement erronée du règlement, conduisant à une décision grossièrement illégale et profondément injuste. » Dakar va plus loin encore, réclamant l’ouverture d’une enquête internationale indépendante pour soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF, et annonçant le recours à toutes les voies de droit disponibles, « y compris devant les instances juridictionnelles internationales compétentes ». Un État souverain qui accuse ouvertement une instance sportive continentale de corruption : le football africain n’avait jamais atteint un tel niveau de déflagration institutionnelle.

L’affaire prend une dimension supplémentairement dramatique lorsque le gouvernement sénégalais rappelle que 18 de ses ressortissants, supporters des Lions de la Teranga, demeurent détenus au Maroc à la suite des incidents qui ont marqué la finale, promettant d’être « résolu, vigilant et inflexible » dans la défense de leurs droits. Sur le front sportif, la Fédération sénégalaise de football (FSF) a réagi avec une colère non dissimulée, qualifiant la décision d’« inique, sans précédent et inacceptable » et annonçant formellement la saisine du Tribunal arbitral du sport (TAS) à Lausanne. Un collectif d’avocats travaille d’ores et déjà à la constitution d’un dossier en béton pour obtenir l’annulation du verdict de la CAF. Son secrétaire général, Abdoulaye Saydou Sow, n’a pas mâché ses mots au micro de RMC Sport, dénonçant une « mascarade » et précisant que la FSF ne rendrait ni l’argent ni le trophée dans l’attente d’une décision de la justice internationale. De son côté, Sadio Mané, capitaine et icône des Lions, a pris la parole sur Instagram pour fustiger ce qu’il appelle la « corruption systémique » et le « manque de transparence » du football africain, appelant à une « révolution profonde » pour sauver le jeu des millions de supporters qui lui font confiance. La voix de la plus grande star du football africain résonne désormais bien au-delà des frontières du Sénégal, portant la colère d’un continent tout entier.

La Coupe reste au Sénégal

Sur les réseaux sociaux, les joueurs sénégalais ont exprimé leur incrédulité avec une spontanéité qui dit tout. Le défenseur central de l’Olympique Lyonnais, Moussa Niakhaté, l’un des grands artisans du titre, a repartagé son message de victoire d’après-match — « Pour l’éternité, nous sommes champions d’Afrique et je ne me lasserai jamais de le dire ! » — avant d’y accoler une photo brandissant le trophée et sa médaille, accompagnée de ces cinq mots qui résument la position du vestiaire sénégalais tout entier : « Venez les chercher ! Ils sont fous ! » Pathé Ciss, du Rayo Vallecano, a lui aussi posté le trophée et sa médaille, avec des émojis ironiques qui traduisent la même stupéfaction mêlée de défi. Ce sont des champions qui refusent d’être dépossédés d’une couronne gagnée à la sueur de leur front, et qui font savoir au monde qu’ils considèrent la décision de la CAF comme nulle et non avenue. Car au fond, la question centrale est là, et elle est d’une simplicité désarmante : le Sénégal a gagné sa finale sur le terrain. Un but à zéro. Match terminé. Résultat homologué. Et c’est après coup, sur recours administratif du pays organisateur, que la CAF a décidé de réécrire l’histoire à coup de forfait. Attribuer un trophée sur décision de bureau, longtemps après le coup de sifflet final d’une rencontre régulièrement disputée et menée à son terme, constitue effectivement un précédent inédit et extrêmement dangereux dans les annales du football. Si demain n’importe quelle nation peut contester une défaite sportive par voie réglementaire et obtenir gain de cause sur tapis vert, c’est tout l’édifice de la compétition africaine qui s’effondre. La CAF, déjà fragilisée par de nombreuses critiques sur sa gouvernance, vient de s’infliger une blessure peut-être fatale à sa légitimité. En bradant le titre de champion d’Afrique comme une décision administrative parmi d’autres, elle décrédibilise non seulement son jury d’appel, mais l’ensemble du football continental qu’elle est censée promouvoir et défendre.

Moncef Dahleb

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