Lazzarini lance un cri d’alarme : L’UNRWA agonise, Ghaza saigne
À quelques jours de la fin de son mandat, le commissaire général de l’UNRWA Philippe Lazzarini a lancé depuis les colonnes du Guardian un cri d’alarme sans précédent : l’agence onusienne qui sert de bouée de survie à des millions de réfugiés palestiniens depuis plus de 75 ans est au bord de l’effondrement, victime d’une destruction méthodique orchestrée par l’entité sioniste en toute impunité. Le message est d’une gravité rare. Dans une tribune publiée dans le quotidien britannique The Guardian, Philippe Lazzarini, dont le mandat expire le 31 mars, n’a pas usé de circonlocutions : «Après avoir subi pendant plus de deux ans des attaques physiques, politiques et juridiques incessantes, particulièrement violentes en Palestine, l’UNRWA se voit à bout de sa vitalité.» Un constat amer, prononcé par un homme qui a consacré 35 années de sa vie à la gestion des crises humanitaires les plus complexes de la planète, et qui n’avait jamais vécu ce qu’il a été contraint de traverser à Ghaza. Le bilan humain au sein de l’agence elle-même est insoutenable. En décembre 2023, Lazzarini écrivait au président de l’Assemblée générale de l’ONU pour déplorer la mort de 130 de ses collègues. Aujourd’hui, ce chiffre a plus que triplé : plus de 390 agents de l’UNRWA ont été tués par l’agression sioniste, un massacre d’humanitaires sans équivalent dans l’histoire des Nations unies. À ces pertes humaines s’ajoutent des centaines de locaux de l’agence détruits délibérément par les forces d’occupation, tandis que des lois votées par la Knesset visent explicitement à mettre fin à la présence de l’UNRWA à El-Qods occupée — une liquidation juridique doublée d’une liquidation physique. Pendant ce temps, à Ghaza, c’est une génération entière qui bascule dans le traumatisme permanent. L’UNFPA révèle que plus d’un million d’enfants dans la bande assiégée ont besoin d’un soutien psychosocial d’urgence. Plus accablant encore : 96 % de ces enfants ont le sentiment que leur mort est imminente. Chez les adolescents, 61 % souffrent de stress post-traumatique, 38 % de dépression et 41 % d’anxiété. Une «urgence sanitaire mentale à grande échelle», selon la responsable de l’UNFPA Sima Al-Alami, qui souligne que de nombreuses familles ont depuis longtemps abandonné l’idée de soigner les âmes, trop absorbées par la seule question de survivre au lendemain.
Raids des colons sionistes en Cisjordanie
La violence déborde aussi au-delà de Ghaza. En Cisjordanie occupée, des colons sionistes illégaux ont mené ce samedi des raids dévastateurs contre plusieurs villages palestiniens dans la région de Jénine. À Fandaqumiya, des habitations et des véhicules ont été incendiés. À Seilat al-Dhahr, des résidents ont été physiquement agressés. Des tirs de forces d’occupation ont blessé deux Palestiniens au checkpoint de Jabara, près de Tulkarem. Depuis le 7 octobre 2023, les attaques conjuguées de l’armée sioniste et des colons illégaux en Cisjordanie ont tué 1 133 Palestiniens, en ont blessé 11 700 et conduit à l’arrestation de 22 000 autres. Face à cette entreprise de destruction totale, Lazzarini a une dernière fois exhorté les États membres de l’ONU à agir : «L’UNRWA risque de disparaître prochainement, avec des conséquences désastreuses non seulement pour des millions de réfugiés, mais aussi pour la paix et la stabilité régionales. Nous devons agir sans tarder pour mobiliser une large coalition déterminée à faire respecter le droit international.»
L.S.

