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La mine de phosphate de Tébessa sera lancée à la fin avril : 2026, une année charnière pour le secteur minier

La mine de phosphate de Bled El Hadba entrera en exploitation fin avril et un quai dédié à l’export sera aménagé au port de Béjaïa pour le zinc et le plomb d’Oued Amizour.

Le chef du cabinet de la secrétaire d’État aux Mines auprès du ministre des Hydrocarbures et des Mines, Djamel Eddine Choutri, a annoncé lundi le lancement imminent de l’exploitation de la mine intégrée de phosphate de Bled El Hadba, prévu pour la fin du mois d’avril prochain, en plus l’affectation d’un quai spécifique au port de Béjaïa destiné à l’exportation des minerais de la mine locale, alors que l’Algérie accélère sa mue minière dans l’objectif de diversifier son économie et de réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Invité du Forum de la Chaîne I de la Radio algérienne, Djamel Eddine Choutri a détaillé l’état d’avancement des grands projets miniers qui jalonnent cette année charnière pour le secteur. Il a confirmé « l’existence d’une coordination entre les différents secteurs pour la réalisation du projet zinc-plomb de Tala Hamza-Oued Amizour », précisant que « le secteur de l’énergie se charge du raccordement au réseau électrique, tandis que le secteur des travaux publics assure la liaison routière avec l’autoroute, en plus de la réalisation d’un pont supérieur reliant la mine à la base de vie ». Les travaux d’aménagement du quai dédié à l’exportation au port de Béjaïa sont également en cours, a-t-il ajouté. L’enjeu est considérable. L’année 2026, qui coïncide avec le 60ᵉ anniversaire de la nationalisation du secteur minier (6 mai 1966), marque un tournant stratégique pour l’économie algérienne. Après l’entrée en exploitation de la gigantesque mine de fer de Gara Djebilet à Tindouf — dotée de réserves estimées à 3,5 milliards de tonnes de fer brut — et l’inauguration en février dernier de la ligne ferroviaire Gara Djebilet-Tindouf-Béchar (950 km), puis le lancement mi-mars de la mine de zinc-plomb d’Oued Amizour à Béjaïa, c’est désormais le phosphate de l’Est du pays qui entre dans la phase opérationnelle.

Choutri a souligné dans ce contexte « l’importance de dynamiser l’industrie minière et le rôle des grands projets dans la réalisation de la transformation économique et le développement des industries de transformation », rappelant que « le secteur des mines est devenu l’un des piliers essentiels de la diversification de l’économie nationale hors hydrocarbures ». « Pour concrétiser cette stratégie, notre pays s’est engagé dans la réalisation de grands projets miniers qui étaient en attente depuis longtemps, à l’image du projet de Gara Djebilet qui est entré en phase d’exploitation effective, puis du lancement du deuxième projet consistant en l’exploitation de la mine de zinc et de plomb de Tala Hamza-Oued Amizour, qui ne revêt pas moins d’importance que Gara Djebilet, puisqu’il représente une réserve stratégique majeure de dimension mondiale, classé parmi les plus grandes réserves au monde », a-t-il déclaré.

Le zinc, a rappelé l’intervenant, « est considéré comme une matière relativement rare au niveau mondial, ce qui accroît l’importance de l’exploitation de cette mine, qui contribuera à satisfaire la demande sur cette matière actuellement importée dans sa totalité, avec la possibilité de couvrir le marché national et d’exporter l’excédent ». La capacité de production annuelle de la mine d’Oued Amizour devrait atteindre 2 millions de tonnes de minerai brut et 200 000 tonnes de concentré après traitement, avec la création de plus de 700 emplois directs et environ 4 000 emplois indirects.

Colonne vertébrale de la transformation économique

Le directeur général du groupe Sonarem, Réda Belhadj, a pour sa part mis en exergue « l’importance stratégique de la mine de zinc et de plomb de Béjaïa pour répondre à la demande intérieure en matières premières », soulignant que « les richesses minières sont devenues la colonne vertébrale de la transformation économique ». « Il ne s’agit plus seulement d’extraction et de commercialisation, mais d’un processus intégré allant de l’extraction à la valorisation », a-t-il affirmé, ajoutant que « cela permettra de développer l’industrie de transformation, de fournir les matières premières et de réduire la facture d’importation ».

Quant au projet intégré de phosphate de Tébessa, il connaît une cadence de réalisation accélérée et ambitionne de porter la production de 2,5 millions à 10 millions de tonnes par an, positionnant l’Algérie parmi les principaux exportateurs mondiaux d’engrais phosphatés et azotés. La première phase comprend l’exploitation du gisement de Bled El Hadba et le traitement de 10 millions de tonnes, dont 6 millions seront acheminées vers Souk Ahras pour la transformation chimique. La troisième phase prévoit l’extension du port minier d’Annaba et la finalisation de la ligne ferroviaire Est (450 km), dont il ne reste que 150 à 175 km à réaliser. Le chargement du phosphate algérien sur le quai minier d’Annaba devrait démarrer fin 2026 et se poursuivre jusqu’à la fin du premier semestre 2027.  Choutri a conclu en affirmant que cette dynamique « permettra d’attirer les investissements étrangers, les technologies modernes et les capitaux, de créer des pôles industriels et de nouer des partenariats stratégiques avec différents pays, en plus de soutenir la transition vers la technologie verte, les minerais rares étant devenus aujourd’hui la base de la transition énergétique ». L’Algérie entend ainsi transformer ses richesses souterraines en levier de souveraineté économique et en moteur de croissance durable, bien au-delà de la rente pétrolière.

Samira Ghrib

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