Réseau social 100% algérien : La présidence de la République fait ses premiers pas sur 1Tik
C’est un geste discret mais porteur de sens. La présidence de la République a rejoint 1Tik, le tout premier réseau social 100 % algérien, en y publiant pour la première fois du contenu à l’occasion de l’Aïd El Fitr. Les images partagées montraient le président Abdelmadjid Tebboune accomplissant la prière de l’Aïd à la Grande Mosquée d’Alger, avant de recevoir les félicitations des officiels et du corps diplomatique. Un contenu habituel, certes, mais diffusé cette fois sur une plateforme inhabituelle. Lancé en décembre dernier par la startup algérienne Intaj-Digital, 1Tik se positionne comme un espace de communication alliant interaction sociale, création de contenu et marketing digital. En moins de trois mois, la plateforme a dépassé les 100 000 téléchargements sur le Play Store, un démarrage encourageant pour un projet porté par la conviction que les 28 millions d’internautes algériens méritent une plateforme qui leur est propre. Son fondateur, Youcef Touileb, avait d’ailleurs insisté sur cette nécessité dès le lancement.
Souveraineté numérique
L’arrivée de la présidence sur ce réseau ne relève pas du hasard ou d’un simple caprice numérique. Elle s’inscrit dans une démarche plus large d’encouragement des plateformes et des entreprises technologiques locales, cohérente avec les orientations présidentielles en matière d’économie de la connaissance et de développement d’un écosystème national de startups. La présidence est déjà très présente sur Facebook, où sa page officielle rassemble près de 2,9 millions d’abonnés, et sur X, où le compte du Président Abdelmadjid Tebboune compte 2,2 millions de followers. 1Tik constitue donc un troisième canal, mais avec une dimension symbolique particulière. Ce n’est d’ailleurs pas la première institution à miser sur la visibilité de la plateforme. Début février, la direction de l’opérateur Mobilis avait choisi 1Tik pour annoncer le changement à la tête de la JS Kabylie, un acte qui avait été interprété comme une façon délibérée de contribuer au rayonnement du réseau algérien. Les observateurs y lisent une tendance de fond : celle d’une souveraineté numérique progressive, où les institutions publiques cesseraient de dépendre exclusivement de plateformes étrangères dont les algorithmes, les politiques de données et les logiques commerciales échappent à tout contrôle national. Pour autant, personne ne s’illusionne sur une substitution rapide aux géants mondiaux. Construire une communauté engagée prend du temps, et la confiance des utilisateurs se gagne sur la durée. 1Tik ressemble pour l’heure à un pari sur l’avenir, soutenu par des acteurs institutionnels de poids. Le chemin reste long, mais le signal envoyé est clair.
Hocine Fadheli

