Référentiel national de formation et de compétences : Poser les jalons d’une réforme de la formation professionnelle
Le ministère de la Formation et de l’Enseignement professionnels a réuni mardi à Alger les représentants de l’ensemble des secteurs ministériels pour définir les modalités concrètes de mise en œuvre du Référentiel national de formation et de compétences, un outil central dans la stratégie de modernisation du système éducatif algérien et d’adéquation avec les besoins de l’économie nationale. L’enjeu est de taille. L’Algérie cherche depuis plusieurs années à combler un fossé structurel entre son système de formation professionnelle et les exigences réelles du marché du travail. Chômage des jeunes, inadéquation des profils aux offres d’emploi, faiblesse de l’insertion post-formation : les défis sont connus. Le Référentiel national de formation et de compétences se veut une réponse systémique à ces carences, en proposant un cadre commun, intersectoriel et fondé sur une logique de compétences progressives plutôt que sur des cursus figés.
Selon le communiqué du ministère, la réunion de mardi s’inscrit dans «la continuité du processus d’élaboration et d’activation du Référentiel national de formation et de compétences», avec pour objectif «la poursuite de la coordination et la définition des mécanismes de concrétisation de ce cadre structurel sur le terrain». Les travaux ont abordé plusieurs axes déterminants. En premier lieu, «l’adaptation des offres de formation aux besoins réels du marché du travail», une exigence récurrente dans les discours officiels mais souvent difficile à traduire en actes, faute de mécanismes de concertation opérationnels entre les institutions de formation et le tissu économique. En second lieu, «le renforcement de la coordination institutionnelle» entre ministères, dont la dispersion des compétences a longtemps constitué un obstacle à toute réforme cohérente. Enfin, «l’association des partenaires socio-économiques à la définition des compétences prioritaires» — autrement dit, faire entrer les entreprises et les acteurs de l’investissement dans la conception même des formations, et non plus seulement dans leur évaluation a posteriori.
Le communiqué souligne par ailleurs «le rôle pivot du Référentiel pour le développement de l’ingénierie pédagogique du système de formation, à travers l’adoption de cursus de formation flexibles et adaptables, fondés sur une logique de construction progressive des compétences». L’objectif explicite est double : «renforcer l’employabilité des apprenants» et «rapprocher le système de formation des besoins des entreprises économiques et des projets d’investissement». Cette dernière précision n’est pas anodine : elle ancre la réforme dans le contexte de relance économique que les pouvoirs publics entendent impulser, notamment à travers l’attractivité aux investissements nationaux et étrangers.
La démarche adoptée se veut délibérément participative et itérative. Ces rencontres de coordination «s’inscrivent dans un processus participatif continu, qui vise à faire du Référentiel national de formations et de compétences un outil pratique et efficace d’accompagnement de la dynamique économique nationale et de soutien aux priorités du développement national», précise le communiqué.
Lyna larbi

