Modernisation et assainissement du réseau AEP : Une enveloppe financière de plus de 27 milliards de centimes pour El Bouni
Après des années d’indifférence face à la dégradation avancée de ses infrastructures hydrauliques, la commune d’El Bouni bénéficie enfin d’un vaste programme de réhabilitation de son réseau d’alimentation en eau potable, doté d’une enveloppe financière de 27,2 milliards de centimes, à l’approche de la saison estivale 2026. Entre restauration, modernisation et assainissement, le réseau d’eau potable de la commune d’El Bouni fait désormais l’objet d’une prise en charge effective, après des années de négligence, notamment à l’égard des points noirs les plus récurrents. Ces derniers ne constituent pas, faut-il le souligner, une singularité propre à la commune d’El Bouni. Ce sont en effet toutes les villes de la wilaya d’Annaba qui souffrent de ces défaillances, occasionnant la perte de centaines de milliers de mètres cubes d’eau. En dépit des efforts consentis par les services de l’Algérienne Des Eaux (ADE) d’Annaba, les fuites d’eau demeurent un problème récurrent, imputable en grande partie à la vétusté d’un réseau dont l’origine remonte à l’époque coloniale. Tardive certes, mais bienvenue, comme le dit l’adage : « Mieux vaut tard que jamais. » En effet, le réseau AEP de la commune d’El Bouni fait l’objet d’un vaste programme de réhabilitation de ses infrastructures hydrauliques, apprend-on d’une source communale. Un financement de 27,2 milliards de centimes a été consacré à l’amélioration durable de l’alimentation en eau potable, ainsi qu’au renforcement du réseau d’assainissement, notamment à l’approche de la saison estivale 2026, ont précisé les mêmes sources. Selon les explications fournies par ces dernières, près des deux tiers du réseau d’eau potable présentent une dégradation très avancée et sont, par endroits, totalement obsolètes. Cette situation engendre de fréquentes perturbations dans la distribution de l’eau au profit des habitants. Au-delà de la vétusté des conduites, c’est surtout leur inadéquation face à la croissance démographique soutenue que connaît la commune d’El Bouni — la plus grande daïra de la wilaya d’Annaba — qui pose problème.
Ainsi, et selon les précisions apportées par nos sources, la localité d’El Sarouel figure parmi les zones les plus affectées par les dysfonctionnements du réseau AEP. Entre conduites endommagées et installations non conformes aux normes en vigueur, les risques de ruptures et de coupures d’eau s’y multiplient. À cela s’ajoute le phénomène des branchements illicites, qui fragilise davantage un réseau déjà sous forte pression, a-t-on précisé. Parallèlement, les pouvoirs locaux ont engagé plusieurs opérations destinées à améliorer le système d’assainissement, en particulier dans les zones exposées aux inondations et aux remontées d’eaux usées durant la période hivernale, ce qui explique qu’une part conséquente du budget y soit consacrée. Ces travaux ciblent plusieurs quartiers, dont les cités des 188 logements et des 48 logements ruraux à Laaligue, les abords de la mosquée Sidi Khalil à Oued Ennil, ainsi que les cités du 1er Mai et de Boukhadra-3. À terme, ces projets devraient permettre de moderniser les infrastructures tout en réduisant significativement les désagréments subis par la population locale.
Par ailleurs, il est utile de rappeler que le programme de modernisation et d’assainissement du réseau d’eau potable a été engagé en premier lieu dans le chef-lieu de la wilaya d’Annaba. Plusieurs opérations ont été menées dans diverses cités et quartiers de la ville. Jusqu’à la mise sous presse, des travaux similaires étaient en cours dans le centre-ville d’Annaba, notamment sur le boulevard Benamiour et le boulevard du Marignan. La wilaya d’Annaba a ainsi bénéficié d’une enveloppe financière de 30 millions de dinars allouée à ces interventions, portant sur la rénovation de canalisations de différents diamètres et longueurs, conformément à un programme établi par la wilaya. Parmi les quartiers également concernés figure le quartier Alexis-Lambert, qui bénéficiera du remplacement de 300 mètres de conduites par des tuyaux résistants aux fuites et à la pression. La cité Champs-de-Mars verra également son réseau rénové afin d’optimiser la distribution d’eau à ses habitants. L’avenue Ben Badis, quant à elle, sera dotée d’une conduite principale neuve sur un linéaire de 654 mètres, tandis qu’une canalisation de 300 mètres sera entièrement refaite dans le cadre du programme d’appui au développement socioéconomique communal.
Sofia Chahine

